Valentine Dumont, deux records en deux jours : "Les J.O. c’est vraiment mon objectif cette année"

Dimanche 18 octobre, Valentine Dumont, nageuse belge de 20 ans, s’offre le record de Belgique en 400m libre en petit bassin à l’International Swimming League.
Pourquoi s’arrêter quand on peut aller encore plus loin ? Le lendemain, la Namuroise établit un autre record, elle améliore son temps du 200m nage libre.

Préparation de dernière minute

Quand Valentine décroche son téléphone pour répondre à nos questions, il est 17h30 et elle sort de son entraînement. La jeune femme est très optimiste à propos du début de la compétition à laquelle elle participe pour le moment : "Je suis très contente, je ne m’attendais vraiment pas à, dès la première compétition, faire ce temps et ces résultats-là."

La Namuroise a réalisé, sur 200 m nage libre un temps de 1:55:16, allant 51 centièmes de seconde plus vite que lors de son précédent record établit le 16 décembre 2017 à l’Euro Junior à Copenhague (1:55:67). Quant à son record de Belgique sur le 400 m nage libre (4:00:37), il bat un chrono d’autant plus impressionnant puisqu’il pulvérise de plus de quatre secondes celui qu’elle avait réalisé le 10 novembre 2019 à Gand (4:04:55).

"On n’avait pas fait de préparation spécifique pour ça." C’est vrai que Valentine et son coach, Ronald Claes n’ont eu que quelques semaines pour préparer la participation à ce circuit. C’était très inattendu : "On nous a contactés mi-septembre pour participer à cette compétition, donc le temps de préparation a été très court. J’avais prévu en septembre un gros bloc de travail en musculation et on a nagé un peu plus que prévu" explique le coach, ravi des performances de sa petite protégée.

Ronald rappelle quand même que malgré l’engagement tardif à la compétition et donc une préparation de dernière minute, la jeune Namuroise s’est beaucoup entraîné les six derniers mois. "Depuis le confinement, Valentine a vraiment bien travaillé et elle a fait de beaux progrès. Donc c’est le résultat de tout ça aussi."

Début de saison en équipe

A l’image du Grand Chelem de judo qui se déroule aussi à Budapest ce week-end, l’International Swimming League accueille de nombreux athlètes, soumis à des règles "Covid" très strictes. Il faut une organisation calibrée et un mental d’acier. Ronald raconte : "Ici on est en bulle pendant 4, 5, peut-être 6 semaines à Budapest. On est confiné sur l’île Margaret. On est testé tous les cinq jours."

Mais il y a aussi du positif à travailler en groupe selon Valentine : "J’apprécie aussi la compétition dans laquelle je suis pour le moment. L’International Swimming League se fait en équipe, c’est différent mais c’est très sympa. C’est vraiment bien pour prendre en expérience et s’améliorer au niveau du mental."

La ligue fonctionne selon un système à l’américaine avec une saison régulière et des play-offs avec les 8 meilleures des 10 équipes. Valentine fait partie de l’équipe de Frederica Pellegrini basée à Rome, les Aqua Centurions.

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Une volonté de fer

La jeune femme fait de la natation depuis toute petite et se souvient avoir commencé les compétitions vers ses 9 ou 10 ans : "À la base je suis tombée dedans un peu par hasard et puis comme je nageais bien, on m’a assez rapidement proposé de faire de la compétition, j’ai bien aimé, alors j’ai continué !"

Mais Valentine n’est pas seulement nageuse professionnelle, elle est aussi étudiante en médecine : "Je fais des études de médecine à Liège, pas loin de l’endroit où je m’entraîne. J’étale mes études pour pouvoir combiner les deux parce que je dois beaucoup m’entraîner ; deux fois par jour pendant six jours. C’est 20 heures dans l’eau et puis il y a aussi 5 heures à sec par semaine."

Ça peut paraître énorme, et ça l’est. Mais la nageuse est très motivée : "Ce n’est pas un effort pour moi de devoir aller aux entraînements." Son coach confirme : "C’est super facile de travailler avec elle, elle se donne toujours à fond. Sa volonté de travailler et l’intensité avec laquelle elle le fait sont vraiment des points forts."

La cour des grands

Lors des qualifications pour les Jeux Olympiques 2020, Valentine n’avait pas récolté suffisamment de points pour être sélectionnée mais le malheur des uns fait le bonheur des autres… Les J.O. de Tokyo étant reportés à l’été 2021, la nageuse a encore toutes ses chances. "Je vais faire tout ce que je peux pour y participer. C’est vraiment mon objectif pour cette année."

Ronald, avec qui elle travaille à temps plein depuis 2015, la soutient dans cet objectif : "Chaque compétition, elle veut faire mieux et elle apprend beaucoup. C’est sa façon de penser et de travailler. Aujourd’hui elle veut vraiment grandir, s’améliorer et gagner dans les prochaines semaines, ça lui permettra de peut-être atteindre le sommet du sport : les Jeux Olympiques."

On devra attendre les Championnats d’Europe en mai pour connaître son sort. En attendant, on continuera de suivre ses records.

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