Nos nageuses dans le grand bain du Coronavirus

Elles étaient en stage à Tenerife, l’Espagne et le Coronavirus les en ont chassées. De retour en Belgique avec leur entraîneur Ronald Claes, Fanny Lecluyse, Juliette et Valentine Dumont se sont retrouvées à la case "départ", c’est-à-dire sans bassin d’entraînement adéquat (bassin de 50 m, disponible pour l’entraînement de nageurs de haut niveau). La Fédération Wallonie-Bruxelles n’en possède pas.

Les regards se tournent alors vers la Flandre. Depuis le début de l’épidémie, les nageurs sous contrat avec Sport Vlaanderen s’entraînent (presque) comme si de rien n’était, à la piscine olympique du Wezenberg d’Anvers. Accord trouvé, depuis mardi, les trois Francophones se joignent aux onze Néerlandophones.

Quatorze athlètes qui rêvent de Tokyo malgré Wuhan. Coronavirus oblige, les conditions d’entraînement ont quelque chose de théâtral, voire vaudevillesque. Rotation toutes les 2 heures, pas plus de 6 nageurs dans l’eau à la fois mais 3 départs d’un côté, 3 départs d’en face, pas de bisou quand on se croise, pas de vestiaire commun.

Nos trois ondines dorment à l’hôtel, en single, repas à prendre seule dans sa chambre, soirées recluses aussi bien sûr !

Fanny Lecluyse ne souhaite pas trop commenter la situation mais nous glisse. "C’est mieux que rien, et ça nous permet de continuer notre préparation. Mais c’est cocasse, et il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps".

Pas évident, mais mieux que les conditions offertes au sud du pays.

Et l’enjeu est de taille : si les JO sont maintenus, il n’est pas question de prendre du retard sur d’autres nageuses qui, elles, seraient toujours dans des conditions d’entraînement optimales. "C’est sûr que les Américains, Australiens, Russes et Chinois continuent à bien s’entraîner, et que cela crée des situations inégales, injustes même. Donc ce serait mieux de retarder les JO des quelques mois, pour que tous soient sur pied d’égalité. Par ailleurs, il y a le gros problème de ceux qui n’ont pas encore décroché leur ticket et qui comptaient sur les compétitions à venir pour réussir leurs minima. La Belgique, par exemple, espère toujours qualifier l’un ou l’autre relais filles. On misait sur les prochains Championnats d’Europe, en mai, à Budapest, mais auront-ils lieu ?".

Et si les JO sont reportés, Fanny, Juliette et Valentine auront sacrifié leurs études ou leur profession en pure perte, ou presque.

"Si les JO se déroulent dans un an, notre préparation actuelle ne sert à rien, mais ce n’est pas très grave. Il faudrait aussi que je prenne une nouvelle année sabbatique à l’école où j’enseigne. Possible, car j’aime vraiment nager. On verra, pour le moment, c’est vraiment " au jour le jour ", mais je suis en bonne santé et je mesure la chance que j’ai".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK