Toma Nikiforov: " La Fédé a fait une erreur en licenciant Damiano Martinuzzi! "

Depuis l’annonce du licenciement de Damiano Martinuzzi le 19 octobre dernier par le Conseil d’administration de la F.F.B.J. (Fédération francophone belge de Judo), nous avons donné la parole au principal intéressé et à ses ex-employeurs. Mais nous n’avions pas encore eu l’occasion d’entendre Toma Nikiforov et Sami Chouchi, deux des judokas que l’entraîneur carolo coachait en compétition ces dernières années avec, à la clé notamment, un titre de champion d’Europe pour Nikiforov (-100 kilos) et un titre de vice-champion européen pour Chouchi (-81 kilos).

La relation, forte, entre Martinuzzi et ses deux poulains dépassait le stade du purement "sportif et professionnel". Désormais, Toma et Sami devront se passer de ses conseils à l’entraînement et en compétition. Quand on sait l’importance de chaque détail dans la gestion de la carrière d’un sportif de haut niveau, doit-on s’inquiéter pour les deux judokas bruxellois ? Sont-ils perturbés par ce licenciement… un peu, beaucoup ou pas du tout ? Et surtout, pourraient-ils suivre Martinuzzi s’il venait, par exemple et simple hypothèse, à rebondir au nord du pays ? Les réponses sont nettes et précises, comme un bel ippon…

" C’est une erreur et c’est un gros point négatif pour la Fédération ! ", balaie d’entrée Toma Nikiforov, qui était d’ailleurs assis à côté de Martinuzzi samedi dernier dans les gradins de la Sporthal Arena d’Anvers lors des Championnats de Belgique auxquels il ne participait pas, blessé. " Le staff perd quelqu’un de très compétent. Son palmarès en tant qu’entraîneur parle de lui-même : énormément de médailles aux Championnats d’Europe et du Monde, il a une médaille olympique aussi… Je ne pense pas que l’aventure s’arrête pour lui, je ne pense pas que le judo va l’abandonner et je ne pense pas qu’il va abandonner le judo. Mais honnêtement, je suis très triste. " Le Schaerbeerkois a donc choisi son camp. En revanche, quand on lui demande s’il serait prêt à accompagner son désormais ancien coach au sein d’une autre fédération, la réponse est plus nuancée. " Moi, tout ce que je souhaite c’est que Damiano soit heureux et qu’il s’épanouisse… tout comme moi ! Mon bonheur à moi il se trouve dans le judo. Je dois tenir compte de ma propre carrière et me focaliser sur elle ", conclut celui qui est devenu il y a quasi un an (le 11 novembre 2017) vice-champion du Monde toutes catégories.

" J’ai eu une discussion avec Damiano et il comprend tout-à-fait mes choix. Chacun sa route ! " (Sami Chouchi)

Autre son de cloche mais même tendance avec Sami Chouchi. " Cette éviction n’arrive vraiment pas au bon moment. Vous savez, je ne suis pas du genre à trouver des excuses mais je ne me suis pas mis dans un bon état d’esprit avant les Championnats de Belgique. Et ça s’est ressenti. " regrettait-il juste après sa finale des -81 kilos perdue face à la star montante de la catégorie Matthias Casse. Mais Chouchi veut aussi temporiser. " J’ai toujours défendu la structure de la Fédé avec laquelle j’ai grandi. Désormais, Damiano n’est plus là, c’est quelque chose en moins. Mais je suis certain de pouvoir encore apprendre beaucoup avec la structure actuelle. J’ai eu une discussion avec Damiano et il comprend tout-à-fait mes choix. Peut-être que Toma (NDRL : Nikiforov) fera un autre choix mais c’est sa carrière, pas la mienne. " En d’autres mots, pas question de suivre Martinuzzi ailleurs ? " Non, ça je ne le ferai pas. Chacun sa route ! "

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