Toma Nikiforov is terug

Mittersill, petit village au cœur des Alpes autrichiennes. C’est l’endroit choisi par Toma Nikiforov pour revenir sur les tatamis. L’heure du come-back a sonné ! Le Champion d’Europe est de retour aux affaires.

"Rien que plier le kimono, ça fait du bien ! C’est un des plus beaux stages de l’année. On est plus de 1000 judokas ici. Pas mal de monde est venu me saluer, me dire un petit mot à l’entraînement pour mon retour. Ça fait plaisir. Je suis content de me retrouver dans mon monde."

Un retour après 5 mois de galère. Une période difficile marquée par une grave blessure au genou et la mise à l’écart de son coach, Damiano Martinuzzi viré par la fédération francophone de judo. C’est le clash ! Toma Nikiforov demande son transfert en Flandre. Le duo s’est reconstitué début janvier du côté de la ligue flamande.

"Ça fait du bien psychologiquement de savoir qu’il va être là. C’est un duo qui marchait bien en compétition et en stage. Je remercie la Vlaamse Judofederatie qui a accepté de le prendre dans le staff. C’est un nouveau départ pour moi aussi. Le point de rendez-vous, il n’était pas à Louvain-la-Neuve, mais à Anvers. Nouvelle équipe, des nouveaux coaches. Il faut que je m’adapte maintenant."

Le Bruxellois va même se mettre au néerlandais. "Geen Probleem. Ik ga met mijn nieuwe… partners studeren (rires)."

Et c’est avec Matthias Casse et Dirk Van Tichelt, ses nouveaux partenaires flamands qu’il reprend le chemin de l’entraînement. En route pour Mittersill. Comme chaque hiver, c’est LE stage de reprise qui lance la saison.

C’est la première fois depuis l’opération qu’il retrouve l’atmosphère d’un dojo. Un dojo immense, des judokas venus du monde entier. Toma est dans son élément.

"Je viens tester un peu le genou. Toujours avec un tape. Ce sont mes premiers randoris (ndlr : simulation de combat) avec des gens que je ne connais pas. Je combats contre des plus légers, des moins de 81 kg. Mais mes 2 premiers combats, je ne vous le cache pas, j’avais peur."

La peur de retomber sur un genou qui l’a lâché le 12 août dernier. La blessure se produit au Grand Prix de Budapest. Le Bruxellois se déchire les ligaments croisés.

"C’est vraiment une blessure qui est lourde. Les premiers mois, j’étais au bord des larmes parce que j’avais mal. J’ai eu une inflammation. On a dû me faire une ponction. J’avais envie de dire... Coupez moi la jambe et c’est bon !"

Toma revient de loin... Des mois de souffrances avant de pouvoir enfiler à nouveau le bleu de travail. Un kimono qui lui a manqué comme Damiano... Un coach avec lequel il souhaitait absolument continuer à s’entraîner.

"C’est plus qu’un coach pour moi, c’est une personne de confiance. Mais parfois, c’est dur d’avoir confiance en quelqu’un qui te fait souffrir, qui te fait parfois vomir, transpirer. Quand tu penses que tu n’as plus d’énergie, lui il sait que tu en as encore."

Damiano Martinuzzi, entraîneur de Toma Nikiforov : “Il sait vraiment ce qu’il veut. Pour moi, ça efface toute la tristesse le fait que Toma me fasse confiance et qu’il veuille vraiment continuer à travailler avec moi. Le fait de quitter le côté francophone, ce n’est pas facile. Ce n’est pas quelque chose qui nous amuse. On n’est pas là pour faire des problèmes à qui que ce soit. Pour réussir dans le sport de haut niveau en tant qu’athlète ou entraîneur, il faut aller de l’avant."

Aller de l’avant dans cette année préolympique capitale pour les Jeux. Et le bilan du stage est plutôt rassurant pour Toma Nikiforov.

" C’est mieux que ce qu’on pensait. Je pensais que j’aurais peur sur certaines attaques au niveau des jambes, mais la jambe est vraiment solide."

La course aux JO peut commencer ! Le Champion d’Europe ne doit plus traîner pour se qualifier. Son retour à la compétition est fixé, ce sera fin février à Düsseldorf (22-24/02).

"Je suis impatient. Rien que d’en parler, je commence à transpirer. J’ai compté. Il reste environ 50 jours d’ici là. Il va falloir faire attention, mais je vais tout faire pour marquer ce come-back."

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