Toma Nikiforov était là au National: "Mes parents voulaient que je reste à la maison pour regarder la finale de rugby..."

Engagées dans la course à la qualification pour les Jeux olympiques ou à l'Euro U23, les élites du judo belge brillaient par leur absence hier lors des Championnats de Belgique séniors disputés à la Sporthal Arena de Deurne. Ce qui a permis à certains jeunes de s'illustrer comme la Tournaisienne Loïs Petit sacrée en  moins de 48 kilos, le Montois Flavio Dimarca champion en moins de 66 kilos, le Bruxellois Yves Ndao qui a dominé la catégorie des plus de 100 kilos ou la Liégeoise Marie Depina Papadopoulos médaillée d’or en plus de 78 kilos. Et puis, à 26 ans, le cadet de la famille Bottieau, Jérémie Bottieau, a enfin décroché son premier titre national chez les séniors, en moins de 90 kilos.

Les deux Visétois Malik Umayev et Alessia Corrao (qui va seulement découvrir la catégorie… juniors en janvier) n’ont perdu qu’en finale. Ils sont donc vice-champions, respectivement en moins de 73 et moins de 63 kilos. Médaille d’argent également en moins de 60 kilos pour Julien Debruycker, affilié au Top Niveau Tournai et pour David Arakelyan (Deux-Haine) en moins de 90 kilos.

David Arakelyan qui n’est autre que le sparring partner attitré d’un certain… Toma Nikiforov. C’est d’ailleurs lors d’un petit combat d’entraînement à deux que l’ancien champion d’Europe des moins de 100 kilos s’est blessé à l’épaule droite, quatre mois à peine après s’être démis l’épaule gauche... Le Schaerbeekois a été opéré jeudi. Et ce samedi, il était déjà présent dans les gradins anversois pour suivre la compétition, à défaut d’être en Australie, à l’Open de Perth, comme son programme le prévoyait. Toujours aussi souriant malgré les circonstances, il a accepté de nous donner quelques nouvelles.

Toma, finalement, la vedette du jour ici à Deurne, c’est vous ?

" Depuis que je suis arrivé, je sers en effet beaucoup de mains… avec ma seule main disponible, la gauche, puisque tout mon bras droit est bloqué ! Je garde la pêche, je garde mon sourire. C’est ici, dans le milieu du judo, que je me sens bien. "

48 heures après l’opération, vous avez déjà ce besoin de replonger dans l’ambiance du judo ?

" Oui… et ça m’a valu une prise de tête avec mes parents qui voulaient que je reste à la maison et que je regarde tranquillement la finale de la Coupe du Monde de rugby dans mon fauteuil ! Mais je leur ai rappelé que je suis judoka… J’ai donc pris la voiture avec ma copine, on s’est installé calmement dans la salle, on a pris un café et on suit la compétition. "

Comment s’est déroulée l’opération ? Doit-on s’inquiéter ? Avez-vous mal ?

" J’ai souffert vendredi oui. Mais aujourd’hui, j’ai déjà fait quelques petits exercices et lundi je commence la kiné. Du moment que vous recevez des nouvelles de moi, il ne faut pas s’inquiéter ! Dans trois mois, trois mois et demi, je serai déjà de retour à la compétition. Ça va aller très très vite. "

En attendant l’ambulance, j’ai commencé à compter sur mes doigts pour savoir quand je pourrais effectuer mon retour ! J’ai directement estimé mon absence à trois mois et demi : novembre, décembre, janvier… je serai prêt mi-février pour le Grand Chelem de Düsseldorf. J’ai regardé Damiano et je lui ai tapé sur la tête en lui disant ''Ça va aller !''

Votre entraîneur Damiano Martinuzzi nous a décrit la scène étonnante qui a suivi votre blessure. Vous étiez couché sur le tatami en train d’attendre l’ambulance, vous aviez mal, vous pleuriez et soudain, vous vous êtes mis à compter sur vos doigts…

" J’avais les larmes aux yeux parce que j’étais censé partir en Australie quelques jours plus tard pour disputer ma première compétition depuis ma blessure à l’autre épaule… Et oui, j’ai commencé à compter pour savoir quand je pourrais effectuer mon retour ! J’ai directement estimé mon absence à trois mois et demi : novembre, décembre, janvier… je serai prêt mi-février pour le Grand Chelem de Düsseldorf. J’ai regardé Damiano et je lui ai tapé sur la tête en lui disant ‘Ça va aller !’ "

La première fois que la RTBF vous a interviewé, c’était en 2011, lorsque vous aviez terminé troisième de l’Euro U20 organisé à Lommel. Depuis lors, dans quasi chaque interview, vous parvenez à placer deux mots : Jeux Olympiques. C’est comme une obsession chez vous. Vous allez devoir cravacher pour vous qualifier pour Tokyo. Cette blessure est donc terrible...

" Pour tous les athlètes, tous sports confondus d’ailleurs et pas uniquement le judo, les Jeux Olympiques constituent l’objectif suprême ! J’ai été champion d’Europe en 2018, j’ai déjà deux médailles mondiales… S’il n’y avait pas les blessures, il ne faudrait pas s’inquiéter pour ma qualification. Mais voilà, c’est comme ça, le chemin est un petit peu plus compliqué mais ce qui m’intéresse, c’est le but final ! "

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