Toma Nikiforov: "De nombreux judokas ont profité du report des J.O. pour passer sur le billard!"

C'est ce 1er juillet qu'est officiellement activée la phase 4 du déconfinement pour les sports indoor. A partir d’aujourd’hui, et pour reprendre les termes exacts du protocole communiqué par l'ADEPS, "Toutes les activités sportives en salle sont autorisées quel que soit l'âge des pratiquants (…). Les compétitions, avec et sans contact, peuvent reprendre (…)"

Evidemment, ces différentes autorisations sont assorties de contraintes sanitaires strictes mais il est clair que c’est une libération pour les basketteurs, les volleyeurs ou les handballeurs. Idem pour les boxeurs, les karatékas et évidemment les judokas qui vont enfin pouvoir relancer leur préparation pour les Jeux Olympiques de Tokyo, reportés, on le rappelle, à l'été 2021. 

Et pour certains, le temps presse. Pour Toma Nikiforov, par exemple, qui revient de deux opérations. Il doit d’ailleurs encore aller chercher sa qualification. Il s'y mettra dès que le circuit mondial relancera ses activités, en septembre a priori (NDLR : On évoque le Grand Prix de Zagreb, en Croatie, le 20 septembre… période un peu spéciale pour Nikiforov puisqu’il deviendra papa !). 

Même s’il a pu réaliser des petits combats d’entraînement avec son frère Dilyan, sept fois médaillé aux Championnats de Belgique des jeunes et qui faisait partie de sa " bulle familiale " pendant le confinement, le retour des contacts à l’entraînement dès ce mercredi revêt un aspect symbolique pour le solide Schaerbeekois, ancien champion d'Europe des moins de 100 kilos, qui va pouvoir enfin varier les sparring-partners. En quelque sorte, l’heure du départ vers Tokyo a sonné ! Même si le chemin sera encore long. L’interview est signée Samuël Grulois.

Toma, ce report des Jeux Olympiques vous a permis de vous soigner après une nouvelle opération l’automne dernier. Vous n’êtes, semble-t-il, pas le seul dans le cas…

" Dans le monde du judo, quand les athlètes ont appris que les J.O. étaient reportés d’un an, plus d’un ont décidé de passer sur le billard ! Ils étaient nombreux à avoir mis de potentielles opérations en stand-by. J’ai pas mal de connaissances, ou alors des judokas que je suis de près sur les réseaux sociaux, qui se sont fait opérer du coude, du genou, de l’épaule. C’est un sport très traumatisant. J’ai d’ailleurs pas mal souffert ces deux dernières années. C’est vrai qu’avec ce report d’une année, j’aurai le temps de retrouver mon meilleur niveau pour me qualifier tranquillement pour ces Jeux Olympiques. Il me reste un an et je pense qu’on est large là ! "

Participer aux Jeux Olympiques reste le rêve ultime pour un sportif mais c’est aussi l’évènement où nous sommes le plus mélangés ! Donc, il faudra faire attention, c’est certain…

Sans faire le rabat-joie, vu le contexte sanitaire, on n’a pas encore la certitude que ces J.O. auront bel et bien lieu. Le Comité International Olympique et le Comité d’organisation japonais ont été clairs : il n’y aura pas de nouveau report mais, le cas échéant, une annulation. Serait-ce une " catastrophe " ? 

" Une catastrophe ? Euh… Je ne pense pas. La priorité principale, c’est la santé ! Si les athlètes sont en mauvaise santé, ils ne pourront pas offrir un beau spectacle aux Jeux Olympiques.  Il faut qu’on soit en forme, en bonne santé, pour pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes et faire plaisir aux gens, au public, à celles et ceux qui nous regardent. Il faut prendre ses précautions et se focaliser sur la recherche d’un vaccin pour que tout le monde soit au top. Mais voilà, s’il n’y a pas de J.O., il y aura peut-être des Championnats du Monde, des Championnats d’Europe, qui sont également prestigieux. Participer aux Jeux Olympiques reste le rêve ultime pour un sportif mais c’est aussi l’évènement où nous sommes le plus mélangés ! Donc, il faudra faire attention, c’est certain… "

Un huis clos ne changerait pas grand-chose pour moi… sauf sur un point, qui me dérange vraiment : l’absence de mes parents et de mon frère dans les gradins !

Je ne vous apprends rien évidemment : le Japon est le pays du judo. En cas de situation sanitaire toujours délicate, on évoque l’idée de Jeux Olympiques à huis clos. Vous qui rêvez de combattre devant ce public japonais composé de vrais connaisseurs, vous imaginez-vous prester dans une salle vide ?

" Une salle vide, c’est différent, c’est sûr, au niveau de l’ambiance. Mais sur le tapis, on fait abstraction de tout ça. Une fois sur le tatami de compétition, on entend évidemment les cris quand un point est marqué mais on ne perçoit pas tout. La concentration est très puissante à ce moment-là, nous sommes isolés, dans notre bulle. Et donc, un huis clos ne changerait pas grand-chose pour moi… sauf sur un point, qui me dérange vraiment : l’absence de mes parents et de mon frère dans les gradins ! Une fois ma qualification en poche, le plan est qu’ils me suivent à Tokyo. "

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