Rétro : Charline Van Snick en bronze à Londres, 11ème médaille du judo belge aux JO

28 juillet 2012, ExCel London Center, duel pour la médaille de bronze en -48kg. Charline Van Snick est opposée à l’Argentine, Paula Pareto. Près de 6 minutes déjà dans ce combat. Un combat long, tactique qui trouve son issue dans le golden score. Après 56 secondes dans la prolongation, le temps s’arrête… l’arbitre pénalise l’Argentine. Fausse attaque. Le verdict tombe. Charline Van Snick est médaillée olympique. La judokate liégeoise de 21 ans remporte la médaille de bronze. La première médaille pour la Belgique dans ces Jeux olympiques de Londres.

Un accomplissement et un énorme soulagement 

"Pendant un court instant, je me dis que ce n’est pas possible, que ce n’est pas vrai… mais oui, c’est bien vrai ! Je suis médaillée olympique" se souvient Charline Van Snick. "C’est un accomplissement et un énorme soulagement parce que les Jeux olympiques génèrent énormément de tension. Pas seulement le Jour J, mais pendant toute la période de qualification. C’est vraiment une récompense pour tout l’engagement, pour tous les sacrifices que l’on fait au quotidien. C’est juste magique. C’est une grande fierté aussi pour la Belgique, pour mes parents, pour mon père qui m’a toujours entraînée. C’est un très grand moment. Un mélange de joie, de fierté, d’accomplissement. Tout cela en une fraction de seconde".


►►► À lire aussi : Les histoires des médaillés belges aux JO


Une seconde qui va changer le cours de son existence. En arrivant à Londres, Charline Van Snick est 4ème mondiale dans sa catégorie. Tête de série du tournoi olympique et vice-championne d’Europe en titre. La Liégeoise représente un grand espoir de médaille pour la Belgique même si elle participe pour la première fois aux Jeux olympiques.

 J’avais ma place à Londres, j’avais le niveau pour monter sur le podium 

"Il y avait beaucoup d’attentes, mais c’était une source de motivation pour moi" précise la judokate. "Je ne me suis pas trop posée de questions. Je voulais aller chercher une médaille. J’avais 21 ans, mais j’avais déjà réalisé de belles performances sur le circuit international. J’ai vite fait des résultats en passant de junior en senior. J’avais ma place à Londres et j’avais le niveau pour monter sur le podium".

La Belge combat dès le 1er jour des Jeux. Elle n’assiste pas à la cérémonie d’ouverture. La veille de la compétition, Charline Van Snick est déjà dans sa bulle: "J’étais concentrée sur mon objectif. J’ai suivi mes rituels habituels".

Exemptée de 1er tour, Charline Van Snick fait son entrée sur le tatami en huitièmes de finale. Un combat face à la Sud-Coréenne, Jung-Yeon Chung (12ème mondiale). La jeune Belge ne fait pas dans le détail et s’impose rapidement par ippon.

"Gagner le 1er combat par ippon, ça m’a tout de suite mis en confiance" se rappelle Charline. "Je prenais un combat à la fois. Je ne voulais pas me projeter vers la finale. Lors de mon quart de finale, j’ai affronté une Hongroise que je n’avais battu qu’une seule fois à l’époque. Mais j’ai réussi à m’ouvrir le chemin des demi-finales".

Charline Van Snick peine à imposer sa garde face à Eva Csernoviczki (7ème mondiale), mais la jeune Belge parvient à battre son adversaire. Victoire par ippon sur un étranglement. Direction les demi-finales face à Sarah Menezes. La Brésilienne est 2ème mondiale. C’est une judokate redoutable. Elle a battu Charline lors de leurs 2 seules confrontations. Et le 3ème duel tourne aussi à l’avantage de Menezes. Un yuko marqué par la Brésilienne, future championne olympique prive la Belge de la finale.

Difficile d’échouer si près de la finale olympique 

"J’avais d’excellentes sensations sur le tapis, mais j’ai perdu en demi-finales" raconte la judokate liégeoise. "La finale olympique qui m’échappe de si peu, ça a été le moment le plus dure de la journée. C’était difficile de passer si près, car je sentais que c’était possible. Après, il a fallu tout de suite accepter la défaite. Tout de suite se remobiliser parce que j’avais encore l’opportunité d’aller chercher la médaille de bronze".

Un combat décisif face à l’Argentine, Paula Pareto (8ème mondiale). Une adversaire qu’elle n’avait jamais rencontrée. Une confrontation inédite face à une judokate plus expérimentée et médaillée de bronze 4 ans plus tôt aux JO de Pékin. Charline va pourtant émerger au terme d’un duel interminable.

"Cela a été un combat très long, très serré" se souvient notre compatriote. "J’avais des difficultés pour trouver la solution, mais je n’ai rien lâché. Ça a été vraiment très dur. Très dur mentalement et physiquement. Je n’arrivais pas à la projeter, à la marquer. J’ai alors essayé de la pousser à la faute et les juges ont fini par la pénaliser".

 Je ne sais pas ce que serait ma vie aujourd’hui sans cette médaille 

Le podium est au bout. Après 4 combats disputés, Charline Van Snick décroche la médaille de bronze en -48kg. C’est la 11ème médaille pour le judo belge aux Jeux olympiques. A 21 ans, la Liégeoise se retrouve sous le feu des projecteurs. Engouement médiatique, reconnaissance olympique, un scénario fantastique.

"En termes d’émotion, c’est le plus grand moment de ma carrière" affirme Charline Van Snick. "Je ne sais pas ce que serait ma vie aujourd’hui sans cette médaille. C’est à la fois un accomplissement et le début de beaucoup de choses. Le début d’une belle carrière. J’ai commencé très jeune, mais cette médaille m’a donné encore plus de confiance pour aller chercher ensuite une médaille mondiale, deux titres européens. Je n’étais plus une petite jeune judokate. Mes décisions étaient plus écoutées qu’avant. J’avais un autre statut en tant qu’athlète".

J’ai fêté ma médaille pendant plusieurs jours 

A la sortie du tatami, Charline croise le regard de ses parents présents dans la salle de compétition. Les embrassades, ce sera bien plus tard. D’abord le protocole, la remise des médailles, les obligations médiatiques avant les retrouvailles à la " Belgium House ".

"C’est là que j’ai enfin pu serrer mes parents dans mes bras, leur montrer la médaille. J’étais entourée par tous les athlètes. Tout le monde était hyper content. C’était des moments de partage avec mes parents, avec l’équipe olympique. J’ai fêté ma médaille pendant plusieurs jours. J’ai même eu le privilège de dîner avec le couple royal. Des moments vraiment magiques".

Charline Van Snick parmi les grandes dames du judo belge

De Moscou en 1980 à Rio en 2016, le judo a toujours rapporté au moins une médaille à notre pays. Lors de tous les JO, à l’exception de Los Angeles en 1984 et Pékin en 2008.

Chez les hommes, Robert Van de Walle a ouvert le palmarès noir jaune rouge avec son titre olympique à Moscou et le bronze à Séoul. Aujourd’hui, chez les dames, Charline Van Snick est la dernière médaillée olympique féminine dans la tradition du judo belge. Elle s’inscrit dans la lignée des Berghmans, Werbrouck et Vandecaveye. Une tradition qui a débuté en 1988. A l’époque, le judo féminin n’est encore qu’un sport de démonstration aux Jeux de Séoul, mais Ingrid Berghmans décroche l’or olympique en -72kg.

4 ans plus tard, Heidi Rakels crée la sensation à Barcelone en -66kg. La Louvaniste suit un régime draconien, elle perd plus de 10 kg pour réaliser son rêve olympique et remporter une médaille de bronze en Espagne.

Atlanta 1996, les JO d’Ulla, Gella et Marisabelle Lomba ! Les 3 jeunes femmes font briller le judo belge aux Etats-Unis (Sans oublier Harry Van Barneveld, médaillé de bronze chez les hommes en +95kg). Lors de ces Jeux, Ulla Werbrouck entre dans l’histoire. Elle devient la 1ère femme belge championne olympique aux Jeux d’été. Un titre remporté face à la Japonaise, Yoko Tanabe en -72kg.  En -61kg, Gella Vandecaveye perd en finale du tournoi olympique et doit se contenter de la médaille d’argent. Et puis, Marisabelle Lomba décroche à 21 ans une très belle médaille de bronze en -56kg. Ippon ! Un carton du judo belge à Atlanta.

A Sydney, en 2000, les judokates belges offrent encore deux médailles à notre pays.  A tout juste 20 ans, Ann Simons remporte le bronze sur le gong en -48kg. Une dernière attaque à 5 secondes de la fin du combat lui permet de marquer un yuko synonyme de podium olympique. Le bronze aussi pour Gella Vandecaveye qui 4 ans après Atlanta gagne la 2ème médaille olympique de sa carrière en -63kg.

A Athènes, en 2004, c’est au tour d’Ilse Heylen de compléter le tableau des médailles. La Belge remporte le bronze en -52kg. Une victoire dans le golden score face à la Française Annabelle Euranie. Dernière médaille de la série avant Charline Van Snick à Londres en 2012 et Dirk Van Tichelt à Rio en 2016.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK