Retour du judo à Budapest : un protocole hallucinant pour les 500 judokas

Les compétitions de judo étaient arrêtées depuis près de huit mois, et maintenant que tout le reste ralentit, les tournois reprennent. Pour débuter, le Grand Chelem de Budapest ce week-end.

Le tournoi devait accueillir 612 athlètes de 73 nations et l’heure est à la diminution ; au moment d’écrire ces lignes, le Grand Chelem hongrois ne reçoit plus que 459 judokas venant de 69 pays. Côté belge, la délégation sera elle aussi allégée, 9 de nos athlètes seront présents.

Une reprise timide chez les Belges

Chez les femmes, Anne-Sophie Jura et Ellen Salens se défendront dans la catégorie des super-légers. Amber Ryheul (-52 kg), Mina Libeer (-57 kg), Gaby Willems (-70 kg) et Sophie Berger (-78 kg) enfileront aussi leur judogi. Charline Van Snick (-52 kg), ne se sent pas prête physiquement à relever ce défi, elle passe son tour mais on la retrouve lors de l’Euro à Prague fin novembre. Roxane Taeymans ne s’alignera pas non plus fin de semaine à Budapest.

Au niveau des hommes, Jorre Verstraeten, Kenneth Van Gansbeke, et Toma Nikiforov seront présents sur le tatami pour défendre les couleurs belges, chacun dans leur catégorie. Matthias Casse, à l’instar de Dirk Van Tichelt, a déclaré forfait pour ce rendez-vous dans la capitale hongroise. Blessés, les deux hommes ne veulent prendre aucun risque. Sami Chouchi (-81 kg) et Malik Umayev (-73 kg) font aussi l’impasse, en partie à cause des mesures sanitaires.

Toma Nikiforov, médaillé d’or aux Championnats d’Europe 2018, fait part de son état d’esprit face à cette compétition très particulière : 10 jours d’un Grand Chelem, on s’entraîne dans des bulles de cinq, ce n’est pas idéal."

C’est vrai qu’il y a encore quelques semaines, les entraînements pouvaient se faire avec des bulles de trente, puis il y a eu des risques d’annulation, l’instabilité est compliquée à gérer. "Je vois des pays qui s’entraînent à l’extérieur, les conditions ne sont pas optimales et surtout, tous les pays ne sont pas dans les mêmes conditions. Pour Budapest nous sommes tous sur le même pied d’égalité et le jour de la compétition sera assez freestyle."

Désistements à tour de bras

On l’aura bien compris, la principale raison de ces désistements répétés, c’est le Covid, évidemment. La Fédération Internationale de Judo prévoit des mesures et des conditions de participation très strictes.

Deux tests PCR effectués à 48 heures d’intervalle, émis maximum 5 jours avant l’arrivée ; un test à l’arrivée à l’hôtel et un test le matin du contrôle de poids ; le port du masque chirurgical à 3 couches obligatoire partout sauf sur les aires de combat ; une déclaration sur l’honneur et encore d’autres joyeuseries qui, en plus d’être compliquées à mettre en place, en ont découragé plus d’un.

Anne-Sophie Jura, quatre fois championne de Belgique, reste optimiste face à la situation et aux règles imposées : "Le protocole est vraiment très particulier. Mais on a tellement envie d’y aller qu’on est rassurés d’avoir des mesures strictes au niveau sanitaire."

Tous dans la même bulle

Pour que la compétition de Budapest ait bien lieu ce week-end, il faut en fait créer une bulle de plusieurs centaines de personnes pour que ça marche : "Si un membre d’une équipe est testé positif, c’est toute l’équipe qui est écartée. Cette reprise est vraiment surprenante mais je pense que ce qui est important c’est de s’adapter. Les mesures sont peut-être encore plus strictes qu’ailleurs car c’est un sport de contact mais c’est nécessaire."

Ce week-end est donc vraiment un test au vu des risques ; ce n’est pas sûr que les compétitions prévues dans les semaines à venir puissent être maintenues, ça dépendra de la situation sanitaire à Budapest. " Il faut rester positif, enfin, négatif au test mais positif dans l’esprit " optimise la judokate, impatiente de retrouver les sensations sur le tapis et ravie de pouvoir commencer, enfin, la nouvelle saison en vue des prochains Jeux Olympiques.

Le Grand Chelem de Budapest, qui a habituellement lieu en février, est le premier tournoi de trois épreuves qui compteront pour les qualifications aux Jeux Olympiques de cet été. Il sera, espérons-le, suivi par le Grand Chelem de Tokyo en décembre et les Masters de Doha, début 2021.

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