Narek Sarikyan attend son passeport belge et rêve de Tokyo

Narek Sarikyan sur le podium du National espoir en 2013
Narek Sarikyan sur le podium du National espoir en 2013 - © Narek Sarikyan

Bien habillé, coiffé, Narek Sarikyan assiste à l’entraînement de ses coéquipiers au dojo du Crossing de Schaerbeek. Le tatami encaisse les coups des jeunes judokas, coachés par le papa de Toma Nikiforov. Narek a progressé dans ce club, avec eux. Mais deux blessures, à l’oreille et à un genou l’empêchent de s’entraîner depuis plusieurs mois. Un crève-cœur pour ce jeune de 19 ans, né en Arménie. Mais le plus important pour lui, c’est d’obtenir la nationalité Belge, 15 ans après son arrivée chez nous.

Un graal indispensable à son évolution. En 2011, il est vice-champion de Belgique espoir. En 2012 et 2013, il accède au titre. Mais il ne peut pas aller plus loin, faute de passeport. Le titre de séjour ne suffit pas : "Si je ne suis pas Belge, je ne peux pas être pris dans la Fédération francophone de judo. Je ne peux pas faire les tournois internationaux. Je ne peux pas évoluer, mon niveau va baisser", explique-t-il avec regret.

D’autant que l’ex-champion espoir aspire au plus haut niveau, en catégorie moins de 60 kg. Avec beaucoup de sérieux et détermination, il expose son objectif : " Faire les Jeux Olympiques à Tokyo, en 2020. "

Alors, le temps presse. Il y a quelques semaines, il a déposé une demande de naturalisation pour "mérite exceptionnel", à la Chambre des représentants. Il n’a plus qu’à attendre.

Son entraîneur, Alain De Greef, est habitué à ce genre de situation : "Ce sont des jeunes qui ont un potentiel énorme. Mais ils ne voient pas le bout du tunnel, parce qu’au niveau des stages, des sélections, des compétitions internationales, c’est excessivement difficile. " Alors, le club fait ce qu’il peut. " Tout ce qu’on peut offrir, c’est au niveau des compétitions par équipe. Ils peuvent représenter le club en coupe d’Europe ", détaille Alain De Greef. Avant d’avouer que parfois, "la flamme s’éteint petit à petit".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK