Les judokas iraniens exclus des tatamis internationaux

Saeid Mollaei, à gauche
Saeid Mollaei, à gauche - © CHARLY TRIBALLEAU - AFP

La fédération iranienne de judo ne pourra plus envoyer de représentant dans les compétitions internationales pour défendre ses couleurs. En effet, la Fédération internationale de judo (IJF) a décidé de la suspendre de manière provisoire suite aux événements survenus durant les Mondiaux de Tokyo.

En août dernier, le judoka iranien Saeid Mollaei avait subi la pression des autorités iraniennes et avait été contraint de perdre deux combats. Après avoir perdu la demi-finale contre le Belge Matthias Casse, le champion du monde de 2018 n’avait pas pu réellement combattre pour la troisième place. "J’ai fait exprès de les perdre, à 100 %", a déclaré le judoka de 27 ans à la chaîne d’opposition Iran International. "M. (Reza) Salehi Amiri (président du Comité olympique iranien) puis M. (Mohammad Reza) Davarzani (ministre adjoint des sports de l’Iran) m’ont appelé. Ils ont dit :  M. Mollaei, ne combattez pas. Faites-en sorte que la Fédération internationale ne s’en rende pas compte et il n’y aura pas de problème", a ajouté Mollaei.

Si Mollaei a été contraint de truquer les résultats des Mondiaux de Tokyo, c’est parce que l’Iran voulait éviter que son champion ne rencontre l’Israélien Sagi Muki en finale ou sur le podium. Une situation qui rappelle les tensions entre les deux nations, l’Iran ne reconnaissant pas l’Etat d’Israël.

La Fédération internationale estime que les exigences des autorités et de la fédérations iraniennes "constituent une violation grave et flagrante des statuts de l'IJF, de ses intérêts, de ses principes et objectifs ainsi que, en particulier, du code de déontologie de l'IJF et de la Charte olympique". La décision de l’IJF reste provisoire. Les Iraniens ont donc toujours la possibilité d’interjeter appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport dans un délai de 21 jours.

Le sportif iranien, Saeid Mollaei, espère pouvoir participer aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, malgré la suspension de son pays dans la discipline. Une solution a été envisagée : intégrer une autre équipe comme ce fut le cas pour certains athlètes russes aux JO d’hiver 2018. La Russie avait elle aussi été suspendue après une affaire de dopage.

Les athlètes iraniens ne seront dès lors pas présents au GP de Tachkent vendredi.

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