Le judoka Sami Chouchi et le confinement à la suédoise

Le judoka belge vit une saison un petit peu particulière. Dans sa catégorie (moins de 81 kilos), il n’a participé qu’à un seul tournoi cette saison. C’était au Grand Prix de Tel Aviv le 24 janvier. La raison ? Une blessure encourue à l’épaule lors d’un stage à Herstal en début février. Dans la foulée, il a été contraint de déclarer forfait au Grand Chelem de Paris. Celui qui a été vice-champion d’Europe à Tel Aviv en 2018 est actuellement 26e mondial dans sa catégorie. Ses chances d’aller aux JO sont infimes car il se sait barré par Matthias Casse le numéro 1 mondial. Un pays ne pouvant envoyer qu’un seul judoka par catégorie, c’est très compliqué pour Sami Chouchi de s’imaginer à Tokyo l’été prochain. Alors il prend les choses avec philosophie. Au cœur de Stockholm où il s’est installé avec sa copine et sa petite fille. Au cœur de la capitale suédoise où l’on vit un confinement bien différent d’ici.

" Je n’ai pas à me plaindre vraiment. Au moment où vous m’appelez, je suis à l’entraînement avec l’équipe de Suède. Elle m’a invité dans son centre olympique pour pouvoir profiter de ses installations. La vie est plutôt normale pour moi ici. Les infrastructures sont de haut niveau et je vis avec ma famille ici. J’espère juste pouvoir rentrer dès que possible. "

Le confinement en Suède est-il différent de ce que l’on observe en Belgique ?

" Disons que les gens ici sont naturellement plus sensibles aux mesures de distanciation sociale. J’ai l’impression que c’est culturel. Un exemple. Quand je prends le métro, une personne s’assied seule sur une banquette destinée à quatre navetteurs. C’est comme cela depuis des mois. Les gens sont en phase avec le gouvernement. Dès que le gouvernement a pris des mesures strictes, il n’y a plus eu personne en ville alors que ce n’était pas interdit. Les bars et les restaurants ont fermé de leur plein gré. Les mesures strictes, les gens se les imposent personnellement. "

Qu’en est-il des évènements de masse ?

" Les évènements de moins de 50 personnes sont autorisés. A l’intérieur comme à l’extérieur. Mais en respectant la distanciation sociale. Toutefois, il est fréquent désormais de voir des gens avec des masques et des gants. Dans les restaurants, une table est disponible toutes les trois tables… A la boulangerie, il faut respecter un mètre d’écart. Dans les magasins, il y a des stickers au sol pour marquer l’écart à respecter etc. "

Parlons un peu de vous à présent. Votre contrat de sportif de haut niveau (comme celui d’autres sportifs) a été prolongé d’un an par la ministre des sports Valérie Glatigny. Dans ce contexte particulier, c’est rassurant…

" A priori, je satisfaisais aux critères. Mais il est clair qu’en tant que sportif nous sommes des privilégiés. On se sent super-valorisés. Surtout dans cette période difficile. Nous pouvons continuer à faire notre job. Nous n’étions pas sûrs d’être à l’abri. Je fais partie de ces personnes chanceuses qui gardent leur boulot. Je suis très soulagé. J’ai une petite fille. Et c’est plus simple de vivre avec deux salaires qu’avec un seul. Je ne dois pas me soucier de savoir comment remplir mon frigo. Je suis très reconnaissant envers la ministre des sports et l’Adeps pour cela. Après je relativise hein… Si je dois perdre un jour mon contrat c’est que c’est comme ça. Je trouverais une solution quoiqu’il arrive. Si un jour je dois bosser dans un supermarché je le ferais sans souci. "

Les JO ont été décalés d’un an, cela vous laisse une petite chance d’y croire malgré la domination de Matthias Casse à l’échelle mondiale. La Belgique ne peut envoyer qu’un seul représentant par catégorie...

" Passer devant devient très peu probable. Mais disons que oui ça augmente un peu mes chances. Mais je prends aussi le temps de m’occuper de ma fille… ".

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