Le judo belge à Tokyo, avec quels judokas ?

Matthias Casse, Charline Van Snick, Jorre Verstraeten, Gabriella Willems et Toma Nikiforov dans la course à la qualification olympique pour les JO de Tokyo 2020.
Matthias Casse, Charline Van Snick, Jorre Verstraeten, Gabriella Willems et Toma Nikiforov dans la course à la qualification olympique pour les JO de Tokyo 2020. - © Tous droits réservés

J-163 ! Les JO approchent à grands pas. A 5 mois du rendez-vous olympique, les judokas belges enchaînent les tournois pour valider leur ticket pour Tokyo. C’est la dernière ligne droite dans la qualification olympique. Des qualifications qui ont débuté en mai 2018 lors du Grand Prix de Chine. En judo, les qualifs se déroulent sur une durée de 2 ans. La première année (entre le 25 mai 2018 et le 31 mai 2019), les points engrangés ne sont comptabilisés qu’à 50%. Mais depuis le 1er juin 2019 et jusqu’au 31 mai 2020 (date de la fin de la période de qualification), 100% des points gagnés en tournoi sont pris en compte. Les 5 meilleurs résultats par an sont retenus. A cela s’ajoute un 6ème résultat réalisé dans le championnat continental ou au Masters. Les prochaines compétitions sont donc déterminantes. Le Masters qui aura lieu fin mai au Qatar sera la dernière opportunité de marquer des points pour les judokas du monde entier. Un rendez-vous qui pourrait être capital pour de nombreux athlètes qui n’ont pas encore la garantie de faire partie du voyage au Japon.

4 Belges potentiellement qualifiés

Pour faire partie des heureux élus, les judokas doivent figurer parmi les 18 meilleurs judokas de leur catégorie au niveau du ranking olympique. Des places de "quota continental" sont également attribuées, mais aux JO, la règle est claire : il ne peut y avoir qu’un athlète par pays et par catégorie dans le tournoi olympique en judo.

A l’heure actuelle, 4 judokas belges figurent parmi les potentiels qualifiés. Matthias Casse, récent vainqueur du Grand Chelem de Paris a déjà un pied à Tokyo. Le nouveau numéro 1 mondial occupe également la 1ère place du classement olympique en -81kg. L’Anversois n’est pas obligé d’enchaîner les tournois. Il doit juste garder un œil sur ses adversaires pour conserver un statut de tête de série et obtenir un tirage plus favorable sur papier à Tokyo. D’ici là, le vice-champion du monde devrait encore combattre à Rabat, à Antalya et à l’Euro de Prague. Un championnat d’Europe où il défendra son titre. Une dernière sortie pour Matthias Casse avant d’entamer sa préparation spécifique pour les JO.

Dans la même catégorie, Sami Chouchi (récemment blessé à l’épaule en stage à Herstal) est aussi bien classé. Il occupe la 25ème place du ranking olympique, mais il est barré par le meilleur classement de Matthias Casse. Un problème de luxe pour le judo belge !

En -60kg, Jorre Verstraeten occupe la 21ème place dans sa catégorie. Le Louvaniste est pour le moment dans le bon peloton, mais plusieurs judokas se tiennent dans un mouchoir. 7ème du Grand Prix de Tel Aviv en janvier, le Belge devra encore engranger des points dans les prochaines semaines pour assurer sa qualification.

Chez les dames, Charline Van Snick est bien partie pour participer à ses 3èmes Jeux olympiques. La Liégeoise est 10ème du ranking en -52kg. La médaillée de bronze des JO de Londres a été éliminé au 1er tour du tournoi de Paris, mais elle a bien commencé l’année avec 350 points empochés grâce à sa 3ème place au Grand Prix de Tel Aviv.

En -70 kg, elles sont 2 pour une place. 2 Belges pour une qualif olympique. Gabriella Willems vient de dépasser Roxane Taeymans dans la course aux JO. Grâce à son beau parcours réalisé au Grand Chelem de Paris, la Liégeoise de 22 ans est 28ème du classement. Elle bénéficie pour le moment d’une place du quota continental, mais elle devra lutter jusqu’au bout pour vivre sa 1ère expérience olympique à Tokyo. D’autant que Roxane Taeymans reste à l’affût à la 33ème place.

Course contre la montre pour Nikiforov et Van Tichelt

Pour Toma Nikiforov, les choses sérieuses vont seulement commencer. Le judoka du Crossing Schaerbeek a connu une année minée par les blessures. Des blessures aux 2 épaules et au genou droit qui l’ont privé de judo pendant cette période de qualification. Après des mois de revalidation, l’ancien champion d’Europe n’a plus que 7 tournois pour tenter de décrocher sa qualification. Une course contre-la-montre qu’il entamera au Grand Prix de Rabat le 8 mars prochain. Le Bruxellois qui n’a plus combattu depuis le 24 juin dernier est 53ème du ranking olympique en -100 kg. Il a dégringolé au classement à cause de ses blessures. A 5 mois des Jeux, Toma Nikiforov n’a plus droit à l’erreur. Il va devoir faire le plein de points pour se rendre à Tokyo.

La mission est aussi compliquée pour Dirk Van Tichelt. Le Belge, 56ème en -73kg n’est plus monté sur un podium international depuis… les JO de Rio. Il faut dire que l’Anversois de 35 ans a aussi été écarté des tatamis à cause d’une blessure. Il s’est déchiré les ligaments croisés du genou lors d’un stage en Autriche en janvier 2019. Après 8 mois d’arrêt, "l’Ours de Brecht" a repris la compétition lors des mondiaux de Tokyo. Une élimination précoce au Japon suivie d’un bon tournoi à Abu Dhabi. Le médaillé de bronze de Rio a échoué à la 5ème place lors de ce Grand Chelem. Cela reste son meilleur résultat actuel dans la course à la qualification. Une qualif qui devra passer par la conquête de plusieurs médailles s’il veut participer à ses 4èmes Jeux consécutifs.

4 à 6 judokas belges à Tokyo 

Dans les 3 prochains mois, d’autres Belges vont aussi parcourir le monde pour chasser les points. Kenneth Van Gansbeke qui a aussi dû passer sur le billard suite à une rupture des ligaments croisés du genou est 46ème du ranking olympique en -66kg. Dans les catégories féminines, la judokate hennuyère, Anne-Sophie Jura occupe la 48ème place en -48kg. Mina Libeer est 45ème en -57kg et Sophie Berger se trouve 42ème en -78kg. Plus question de tergiverser pour ces judokas. Ils doivent scorer à l’image de Sophie Berger. La Liégeoise vient de remporter l’Open d’Odivelas au Portugal. Ce n’est pas le tournoi le plus lucratif en termes de points, mais chaque point peut compter en bout de course. Une victoire en Grand Prix rapporte 700 points. Un succès en Grand Chelem offre 1000 points au vainqueur et le Masters permet au lauréat d'empocher un pactole de 1800 points. Il leur reste maintenant 8 tournois (Grand Chelem Düsseldorf, Grand Prix Rabat, Grand Chelem Ekaterinbourg, Grand Prix Tbilisi, Grand Prix Antalya, l'Euro à Prague, Grand Chelem Bakou, Masters à Doha) pour entretenir l’espoir du rêve olympique. Un sprint de 3 mois jusqu’à Doha où il faudra faire les comptes au soir du Masters.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK