Dirk Van Tichelt, médaillé olympique à Rio, quitte définitivement les tatamis

L’ours de Brecht ne grognera pas à Tokyo. A 36 ans, Dirk Van Tichelt range définitivement son kimono après une énième blessure qui aura eu raison de ses dernières ambitions.

L’Anversois avait pourtant coché les Jeux Olympiques de Tokyo comme ultime objectif mais le report des JO en 2021 (pour cause de Covid-19) et le réveil d’une vieille hernie à la nuque le poussent à privilégier sa santé. " Le sport de haut niveau a fait beaucoup de dégâts sur mon corps mais je ne veux pas dépasser la limite vers un handicap permanent."

L’homme de Rio

Ses plus beaux succès c’est en catégorie moins de 73 kilos que Dirk Van Tichelt les a décrochés. Dans la hiérarchie du judo il est donc considéré comme un poids léger mais son palmarès en atteste l’Anversois fait bien partie des poids lourds de l’histoire du judo belge comme en atteste notre consultant Yung GascardQuand j’avais 18 ans, ce type de 15 ans est arrivé de nulle part en équipe nationale et j’ai tout de suite compris que c’était du costaud. Cela s’est vérifié par la suite, puisqu’avec Ilse Heylen, il est l’un des seuls de sa génération à être sorti du lot ".

Avec 12 titres de champions de Belgique (8 chez les seniors), le statut de numéro 1 mondial et 32 médailles internationales son tableau de chasse parle pour lui. Mais dans sa vitrine certaines médailles reluisent plus que d’autres. L’or décroché à Lisbonne lors des championnats d’Europe en 2008 parce qu’il est synonyme d’avènement au plus haut niveau mais aussi trois autres breloques qui sentent bon le sable chaud de… Rio de Janeiro. C’est, en effet, au Brésil qu’il remporte son premier tournoi du Grand Chelem en 2009 avant d’y décrocher sa deuxième médaille de bronze dans un championnat du monde en 2013 et avant surtout de compléter sa collection avec le bronze olympique lors des JO de Rio trois ans plus tard alors qu’il était âgé de 32 ans. Une consécration.

Un colosse au rire facile

Tous ces adversaires vous le diront, Van Tichelt c’était une montagne de muscles, 38 centimètres de tour de biceps, affûtés très jeune au milieu de 1300 porcs et 60 vaches dans la ferme familiale. " Il avait un physique assez exceptionnel " reconnaît Yung Gascard " c’était un bosseur et son truc ce n’était pas la finesse. Il pratiquait un judo rugueux, très solide, qui lui permettait de battre des adversaires beaucoup plus forts que lui techniquement ".

Un caractère bien trempé sur les tapis qui contraste avec une personnalité humble et joviale dans la sphère privée. " Dirk n’a jamais recherché la lumière des projecteurs " poursuit notre consultant " C’était un champion discret mais un homme entier et bon vivant. Quelqu’un de très ouvert, très accessible et très rigolo. Il aimait aussi boire un coup et même dans la fête il était fort (rires) ".

Après presque 20 ans au plus haut niveau, l’ours de Brecht dit donc adieu à la compétition mais pas encore aux tatamis. Il pourrait d’ailleurs accompagner Matthias Casse à Tokyo en tant que sparring-partner et faire valoir sa licence en éducation physique dans les années à venir " J’aimerais rester dans le judo mais je ne sais pas si la fédération néerlandophone peut se permettre un nouvel entraîneur financièrement. Un poste d’entraîneur dans un club de fitness me plairait aussi ".

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