Bottieau, de retour chez les Flamands, "je pars sans être fâché mais c'est mieux pour moi"

Dimanche dernier, à la Sporthal Arena d’Anvers, Joachim Bottieau s’est rappelé au bon souvenir de tous les observateurs et amateurs de judo en devenant champion de Belgique séniors pour la cinquième fois de sa carrière. Il s’est imposé dans sa nouvelle catégorie des -90 kilos à l’issue d’une belle finale remportée contre le local Kristof Timmermans.

Bottieau renaît. Non pas de ses cendres mais presque. Car après son élimination prématurée aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, alors qu’il était tête de série et qu’il espérait un podium, l’Hornutois a sombré et a totalement disparu de la circulation. Crise passagère ? Fin de carrière ?

Après une sérieuse remise en question et trois stages, seul, au Japon, en Corée et en Géorgie, Joachim a retrouvé l’envie. A 29 ans, il garde les J.O. de Tokyo 2020 dans le viseur. Et pour arriver à ses fins, il a pris deux grandes décisions : changer de catégorie (rester en -81 kilos étant devenu impossible à cause des régimes répétitifs, c’est en -90 qu’il s’épanouira désormais) et changer de… fédération ! Depuis quelques semaines, il défend les intérêts de la V.J.F., la Vlaamse Judofederatie ! Samuël Grulois a tendu son micro à un Joachim Bottieau apaisé et sûr de ses choix.

Joachim, on vous a senti très à l’aise pendant votre finale nationale contre Timmermans…

" Ça va faire presque un an que je suis monté de catégorie. Je commence enfin à faire mon poids et à bien peser mes 90 kilos ! Et puis, au niveau de mon judo, je commence à me sentir de plus en plus à l’aise face à mes nouveaux adversaires. "

On vous avait vraiment perdu de vue. Là, vous êtes définitivement de retour ?

" Oui, je suis de retour ! Mais je n’ai pas perdu mon temps ces derniers mois. J’ai continué à me préparer, à combler le trou qui me séparait des 90 kilos. Sur le plan international, je vais bientôt reprendre oui ! "

Vous avez fait le vide dans votre tête. Vous vous êtes exilé quelques temps à l’étranger. De l’extérieur, certains n’ont pas compris votre démarche. Vous étiez bien ou, au contraire, très mal ?

" J’ai eu des hauts et des bas… En 2017, quand je suis parti au Japon, c’était plus par rapport à la déception des Jeux de Rio que je voulais digérer pour passer à autre chose. Ça m’a permis d’aller chercher de la nouvelle énergie. Malheureusement, je pensais qu’à mon retour j’aurais pu passer au-dessus des soucis d’ambiance avec le staff de la fédération mais ça n’a pas été le cas. Et petit à petit, je suis retombé dedans ! J’ai été obligé de prendre un nouveau break pour effectuer ce changement et rejoindre la V.J.F. Ça fait beaucoup de turpitudes ces dernières années mais ce sont, je pense, des passages souvent obligés dans une carrière. Désormais je me sens bien et je suis prêt à redémarrer ! "

" Avec la Fédé francophone, il n’y avait plus de relation, il n’y avait plus de confiance… " (Joachim Bottieau)

Pour qu’on puisse bien comprendre, quelles sont vos relations maintenant avec la Fédération francophone ? Pour que la suite de votre carrière soit intéressante, il faut un contexte apaisé…

" C’est un peu dommage mais j’ai donc décidé de quitter le staff de la Fédération francophone. Pendant de nombreuses années, on a essayé que ça marche mais ces derniers temps, ça ne marchait plus ! Il n’y avait plus de relation, il n’y avait plus de confiance… Je pars sans être fâché. Je n’ai aucune colère envers qui que ce soit. Mais je pense que pour ma carrière, c’était clairement mieux pour moi de continuer avec nos amis flamands. "

Quel a été l’accueil au nord du pays ?

" Le Directeur technique de la V.J.F. Koen Sleeckx m’a donné le feu vert pour démarrer un nouveau projet avec mon père (NDLR : Yves Bottieau), Philip Laats et Robert Krawczyk qui vont m’apporter beaucoup et qui vont me soutenir à fond. Pendant l’importante période de qualification pour les J.O., je veux vraiment éviter les problèmes d’ambiance et les soucis relationnels. Je pense qu’avec ces trois personnes-là, nous avons un chouette projet pour redémarrer. "

En dus spreek je nu Vlaams ? (NDRL : " Et donc, maintenant, vous parlez flamand ? ")

" (Rires) Een beetje… ik leer ! (NDLR : " Un peu… j’apprends ! ")

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