Hockey, les Red Lions en 2021 : Tant à perdre, tellement à gagner

Les Red Lions en 2021 : Tant à perdre, tellement à gagner
3 images
Les Red Lions en 2021 : Tant à perdre, tellement à gagner - © LUC CLAESSEN - BELGA

Pourtant habitués à jongler entre le championnat, l’équipe nationale, les entrainements, les Red Lions s’apprêtent sans aucun doute à vivre l’année la plus chargée de leur histoire. Avec l’Euro à Amsterdam en juin et les JO à Tokyo un mois plus tard, ce sont deux rendez-vous de niveau mondial qui attendent les numéros 1 mondiaux. Et sur le chemin qui doit les mener sur le toit européen et olympique, vient s’ajouter la Pro-League qui redémarre ce vendredi et samedi avec un double affrontement face à l’Espagne.

" C’est extraordinaire ", se réjouit le médian Antoine Kina en pensant à ce programme infernal. " Mais ce n’est pas trop. J’aime jouer des matchs et, en se rapprochant de l’été, on risque d’en avoir presque plus que de séances d’entrainement. Et ce n’est pas pour me déplaire ", sourit le Gantois.

Et pour se donner les moyens de tenir ce rythme, les Red Lions n’ont pas chômé. Avant de rejoindre Valence pour y affronter les Espagnols, les Belges ont souffert ensemble à Las Palmas durant plus de deux semaines d’un stage intense. " On a eu plusieurs entrainements quotidiens durant 20 jours. C’est la préparation la plus dure que j’ai vécue en équipe nationale. On sent que c’est une année olympique. Tout le monde est bouillant et se bat pour sa place ", explique le joueur de bientôt 25 ans.

Une intensité rare que confirme le, pourtant très expérimenté, Vincent Vanasch. " J’ai connu beaucoup de stages et je dois dire que celui-ci était très solide ", explique le gardien de 33 ans. " Mais on a eu la chance de pouvoir se préparer malgré la crise sanitaire. On a pu se concentrer 24h/24 sur notre hockey et sous… 18 degrés, ce qui est plutôt agréable ", sourit l’international dont le bronzage confirme le beau temps espagnol. " La concurrence est phénoménale. Je n’aimerais pas être à la place du coach. A l’Euro, on sera 18. Aux Jeux, on ne sera que 16. Et pour le moment, on est encore 26 joueurs qui ont chacun les qualités pour être dans le groupe ".   

Un calendrier un peu fou qui est la conséquence directe de la crise que l’on connait. Suite au report des Jeux, l’Euro – initialement prévu en aout – a été déplacé au mois de juin (Du 4 au 13 juin). Un changement de dates qui donnera une couleur particulière à l’événement. " On voit fatalement un peu cet Euro comme une préparation aux JO ", explique Antoine Kina, champion du monde et d’Europe mais qui disputera ses premiers Jeux. " Bien sûr, on se donnera à fond mais tout en ne dévoilant pas non plus trop de choses. On cachera encore certaines phases de pénalty corner ou certains pressings, afin de surprendre nos adversaires aux JO. Cela aura peut-être comme conséquence que notre Euro sera plus difficile. Mais je pense que l’on ira loin et, en cas de victoire finale, cela nous donnera un coup de boost extraordinaire ".

Cacher son jeu, ne pas tout dévoiler et donc prendre le risque de ne pas se donner toutes les armes pour remporter un deuxième championnat d’Europe consécutif. Un discours qui peut étonner.

" Il faudra évidemment cacher des choses ", confirme Vincent Vanasch. " Mais on a assez de qualités pour être néanmoins performants. Après, si on est en finale de l’Euro et que l’on ressent le besoin de jouer une carte secrète, on ne se l’interdit pas non plus. Si on a 3 cartes en main, on peut tout à fait en jouer une à l’Euro et en garder 2 pour les Jeux. Ensuite, il nous restera encore un mois avant Tokyo. On aura le temps de trouver de nouvelles parades ". De nouvelles parades, pour un gardien, rien de plus logique en effet.

Mais, volonté d’en garder sous le coude ou pas, la Belgique sera pointée comme l’énorme favorite lors de ces compétitions. Tout autre résultat que l’Or pourrait être considéré comme une contreperformance.

" Si tu es numéro un mondial, tu as fatalement plus à perdre ", reconnait - du bout des lèvres - Antoine Kina. " Mais je suis sûr qu’on a les qualités pour atteindre tous nos objectifs. Cela se jouera, comme toujours, sur des détails. Si on donne tout, on n’aura pas de regret. Mais on ne va pas se le cacher. On doit aller chercher l’Or à chaque fois ".

" Gagner les Jeux, c’est un parcours du combattant ", prévient Vincent Vanasch. " J’ai perdu l’Or, et donc gagné l’Argent aux Jeux de Rio, sur des détails. Il faut que tout se mette bien. Et gagner une médaille, c’est déjà incroyable. Parfois, on l’oublie. Je n’ai pas peur d’être le favori. Ça me donne confiance et cela nous donne aussi une force psychologique face aux adversaires. Mais est-ce que l’on peut dire que ce serait normal qu’on remporte l’Or ? À tout moment, quelque chose peut venir enrailler la mécanique. Déjà gagner une fois, c’est dur. On l’a fait à la Coupe du Monde et à l’Euro. Répéter cet exploit est de plus en plus compliqué ".

Mais en cas de victoire à l’Euro et aux JO, en à peine 2 mois, ils marqueront encore une fois l’histoire en réalisant une série (Coupe du monde, 2 Euros et les JO) totalement inédite dans le monde du hockey.

Bref, nos Red Lions ont, en effet, beaucoup à perdre (titre européen, olympique et statut de numéro 1 mondial) cet été… mais tellement à y gagner.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK