Les hockeyeurs, infatigables représentants de la Belgique

John-John Dohmen
John-John Dohmen - © Marc Lequint

Le hockey est l’un des sports où les compétitions internationales sont parmi les plus nombreuses. Chaque année, les Lions et les Panthers sont largement mis à contribution pour défendre nos couleurs. De quoi ravir les supporters mais cela nécessite une bonne dose d’organisation et une préparation physique optimale.

John-John Dohmen et Jan Vertonghen partagent au moins un point commun. Dans leur sport respectif, les deux hommes sont désormais les plus expérimentés et comptent le plus de sélections sous les couleurs nationales. Mais si on s’arrête sur leurs statistiques, la différence est plutôt frappante. Si le défenseur de Tottenham affiche un très respectable 97 sélections au compteur, il est très loin du désormais ex meilleur joueur du monde, qui compte lui plus de 350 sélections ! Le joueur du Watducks devrait d’ailleurs très prochainement battre le record historique du pays, détenu par un certain Marc Coudron avec un total de 358 sélections.

Des chiffres que n’atteindront jamais la majorité des autres athlètes. Si la plupart des sports disposent aussi d’un agenda chargé, rares sont les disciplines où les joueurs sont autant mis à contribution pour leur équipe nationale.

"Un joueur des Red Lions jouera autant en club qu’en sélection. On est environ à 25 matches de championnat et autant avec la Belgique. Sans compter plusieurs matchs amicaux "non" officiels, où les coachs s’arrangent pour modifier la durée de la rencontre ou le nombre de remplaçants", explique le milieu de terrain du Watducks.

World League en trois tours, Champions Trophy, Coupe d’Europe tous les deux ans, Coupe du Monde, Jeux Olympique, l’agenda international est constamment rempli. "Même lorsque nous ne participions pas à tous les événements majeurs, on en profitait pour jouer des tournois moins importants et des rencontres amicales" explique encore le Red Lion.

60 jours en déplacement par an

Une succession de rendez-vous qui a l’avantage d’attirer les projecteurs sur le hockey. "C’est d’ailleurs probablement une raison du nombre impressionnant de tournois. Avoir autant de compétitions internationales est probablement le seul moyen de "vendre" le hockey. Les championnats nationaux n’attirent pas vraiment les foules", reconnait le joueur.

Si l’agenda surchargé ravit probablement les fans de hockey, les contraintes de jouer autant pour son pays sont évidemment nombreuses. "Notamment pour les déplacements. Personnellement, je suis chaque année en moyenne 60 jours à l’étranger. Combiner cela avec une vie de famille et professionnelle n’est pas toujours évident. C’est d’ailleurs souvent l’une des raisons qui explique pourquoi beaucoup de hockeyeurs mettent fin à leur carrière internationale relativement tôt" confie le capitaine du Watducks.

Intensité physique

Les conséquences sont également forcément physiques. "Il est impossible pour une équipe de pouvoir prester à 100% à chaque tournoi" avoue encore John-John Dohmen.

Un constat qui va dans le sens de celui de Mick Beunen, le préparateur physique de l’équipe nationale. "L’année dernière fut particulièrement chargée. Dans l’idéal on aimerait évidemment disposer de plus de temps pour les préparations ce qui permettrait de faire plus de renforcement personnel par exemple. On considère que six semaines pour une préparation est le minimum.  Mais on n’a pas vraiment le choix, il faut donc s’adapter".

Des délais restreints qui sont évidemment aussi de rigueur pour la récupération au lendemain des grands rendez-vous. "Pour la première fois cette année depuis très longtemps, nous leur laisserons plus que deux semaines de repos" confie le préparateur.

Un casse-tête organisationnel auquel s’ajoute une intensité de jeu plus importante à l’échelon international, compliquant une fois encore le travail du préparateur. "Le niveau d’effort est tout autre qu’en championnat. Par exemple, idéalement, un milieu de terrain ne doit pas jouer plus de neuf minutes de suite. Passé ce délai, je constate grâce aux balises GPS que le rendement des joueurs s’effondre totalement, alors qu’en championnat, ils joueront presque l’ensemble de la rencontre" détaille encore Mick Beunen.

Face à une charge de travail si importante sur toute l’année, ne serait-il pas dès lors souhaitable de se focaliser sur les plus grands rendez-vous, quitte à décevoir dans certaines compétions ? "C’est une stratégie qu’on n’a jamais voulu suivre. On a toujours tout joué à fond. Ce n’est pas le cas chez tout le monde. Il suffit de regarder les Pays-Bas qui terminent avant derniers à la World League. C’est plutôt étonnant" analyse le joueur.

Son agenda international surchargé pourrait néanmoins lui donner un nouveau titre. Celui du sportif belge ayant représenté le plus de fois son pays au cours de sa carrière.

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