L’Euro des Red Panthers : une page qui se tourne

Il est des pages qui sont douloureuses à tourner. Mais celle des Red Panthers après cet Euro sera certainement des plus joyeuses. Avec cette médaille de bronze glanée durant cet Euro, alors qu’elles n’étaient que sixième au ranking européen, notre équipe nationale a enfin réussi à refermer les chapitres douloureux de ces dernières années.

Et – on ne peut que le souhaiter – définitivement.

Certes, en 2017, les Panthers avaient même fait mieux en décrochant l’argent dans ce stade amstellodamois qui leur porte décidément chance. Mais, paradoxalement, l’analyse et les perspectives que l’on peut tirer de la cuvée 2021 sont beaucoup, beaucoup, beaucoup plus encourageantes.

Il y a quatre ans, les Red Panthers avaient – qualité non négligeable – forgé cet exploit au courage. Elles avaient également eu cette part de chance qui permet de vivre de grandes épopées. Pour la plupart, elles partagent d’ailleurs cette analyse. Une base qui s’est révélée trop fragile les années suivantes. Cette médaille d’argent – qui s’est transformée en feu de paille – a généré une pression et des attentes trop importantes avec, au bout du chemin, un crash à l’Euro 2019 et aux qualificatifs olympiques.

Mais la donne semble très différente aujourd’hui. Les Red Panthers osent ! Dribbler, jouer vers l’avant, prendre des risques et le jeu à leur compte.

Et deux changements radicaux l’expliquent.

Premièrement, l’arrivée de cette nouvelle génération. On l’a (re)dit et (ré)écrit avant ce tournoi : la moyenne d’âge des belges a considérablement baissé avec l’arrivée de jeunes joueuses ces derniers mois avec, dans leurs bagages, une vitesse et une insouciance rafraichissante.

Mais - ce qui était moins attendu – c’est leur prise de pouvoir qui a sauté aux yeux durant cet Euro néerlandais. On ne parle pas ici de leadership, de prise de parole, de coup de gueule dans les moments difficiles. Mais d’exemple sur le terrain. Fortes d’un passé immaculé de tout échec, elles ont joué sans complexe et entrainé avec elles les plus anciennes (même si certaines n’ont, au final, que quelques années de plus). Des plus anciennes qui les ont, en retour, parfaitement encadrées.

Alix Gerniers (27 ans), qui cachait difficilement les sanglots d’années de galère après la petite finale, analysait sans détour : les jeunes ont été les grandes artisanes de ce succès.

Deuxièmement, l’arrivée de Raoul Ehren. Encore adjoint en décembre dernier, il a pris la succession de son compatriote Niels Thiessen et, en six mois, a redonné le plaisir de jouer à son équipe. Le Néerlandais est un fin connaisseur du hockey féminin. Cela fait 20 ans qu’il occupe différentes fonctions dans le milieu avec succès. Les neuf titres nationaux avec son club de Den Bosch, dans le meilleur championnat du monde, parle pour lui.

Les Red Panthers semblent donc avoir trouvé le coach de la situation et ceci ne peut que générer un parallèle avec l’arrivée de Shane McLeod chez les Red Lions.

Néanmoins, Il faudra rester très patient et mesuré avec cette équipe. Pour Raoul Ehren, le chemin vers le top mondial sera beaucoup plus long et compliqué que celui qu’a dû franchir le Néo-Zélandais avec les garçons. Les Pays-Bas ou l’Argentine resteront, peut-être pour toujours, inatteignables.

Mais les belges doivent désormais avoir pour but de s’installer durablement dans le top 8 mondial. En ce sens, la prochaine coupe du monde (ticket décroché durant cet Euro) à l’été sera un bon test. Avant de se tourner vers la dernière cicatrice : Les JO qu’elles n’ont plus disputés depuis 2012 ! Une qualification pour Paris 2024 est certainement une obligation. En attendant, souhaitons aux Red Panthers de profiter au maximum de cette magnifique médaille européenne. 

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