Aisling D'hooghe, à la recherche d'un premier titre

Aisling D’hooghe, à la recherche d’un premier titre
Aisling D’hooghe, à la recherche d’un premier titre - © Laurent Faucon Photography

Depuis dix ans dans la cage de l’équipe première du Watducks, Aisling D’Hooghe est aujourd’hui, à seulement 23 ans, la joueuse la plus expérimentée de son groupe. Un statut de pilier qu’elle occupe aussi depuis des années en équipe nationale. Rencontre avec une gardienne "probablement un peu casse-cou", à la recherche de son premier titre.

Avec votre équipe du Watducks, vous êtes toujours dans la course pour participer aux playoffs. Avec des équipes comme le Braxgata et la Gantoise qui survolent le championnat, peut-on vraiment espérer le titre ?

Oui je pense. Il y a beaucoup de talents individuels chez elles mais aussi chez nous. Cette année, la différence va donc surement se faire sur la partie tactique et sur la cohésion du groupe. Nous avons l’avantage d’avoir plus ou moins la même équipe depuis plusieurs années mais avec tout le monde qui a grandi et mûri. Je pense donc qu’on a la bonne formule cette année.

L’un des points forts du Watducks est la défense. C’est pourtant un aspect qui est souvent moins mis en évidence qu’une attaque performante. N’est-ce pas frustrant en tant que gardienne ?

Non pas du tout. Qu’on n’en parle pas ne nous change pas grand-chose même si effectivement on essaye d’être imbattable dans cette zone du terrain. Mais je considère que c’est plus simple d’éviter d’encaisser que de marquer. Si mes défenseuses font exactement tout ce qui leur est demandé, à priori c’est moi qui aurait le moins de travail.  

Vous êtes désormais coachées par Lisa Letchford. Etre encadrées par une femme, cela change quelque chose ?

Ça reste effectivement à la base plus un boulot d’homme. Mais dans les faits, ça ne change pas grand-chose. En dehors du terrain on est peut-être un peu plus proches.

Faut-il être casse-cou pour jouer au goal ?

Je ne me suis jamais blessée au hockey. J’ai souvent des bleus mais ce n’est jamais rien de grave. Après, c’est sûr que tu te fais shooter dessus constamment. Je dois donc l’être un peu, surtout quand je décide d’aller m’entrainer avec les messieurs (sourire). C’est probablement un peu plus dangereux qu’avec mon équipe mais je n’y pense pas vraiment.

Pourquoi vouloir s’entrainer avec eux ?

Jouer avec des hommes m’oblige à prendre des décisions plus rapidement. L’objectif n’est pas d’arrêter plein de balles mais cela me permet, quand je reviens en dames, d’avoir l’impression que le jeu est plus lent. J’ai fait ça toute la saison dernière. J’ai eu un peu l’occasion cette année mais à l’approche des playoffs, je recommencerai.

Ils lèvent le pied ?

Non pas spécialement. Mais ils sont plutôt doués donc s’ils veulent tirer dans la lucarne droite, ils visent la lucarne droite. Je m’entrainais souvent le mercredi et vendredi qui sont essentiellement des petits matches et des pc.

Vous êtes donc capable d’arrêter les sleeps de Victor Charlet, l’un des meilleurs tireurs de Belgique

S’il me dit gentiment où il va les mettre et que je peux anticiper oui parfois mais sinon c’est compliqué.

Quand avez-vous commencé le hockey ?

A 10 ans, ce qui est un peu plus tard que la plupart des joueurs. Ce n’est pas du tout un sport pratiqué dans ma famille, je suis d’ailleurs la seule à en faire. Je jouais au tennis mais j’en avais assez d’être seule. En passant un jour sur la chaussée au-dessus du Wellington, je me suis dit, pourquoi pas le hockey.  Cela a donc commencé comme ça mais au Watducks car le Well m’a refusée. Ils ne voulaient pas d’une débutante car à l’époque il n’y avait pas autant d’équipes que maintenant.

Le Wellington ne s’en mord pas les doigts ?

(Sourire) Ils m’ont contactée trois fois pour me faire venir, la première quand j’avais 14 ans. Ils m’ont expliqué qu’ils ne se souvenaient pas de mon histoire. Je leur ai dit que je ne viendrais probablement jamais de ma vie au Wellington à cause de ça.

Ce qui signifie que vous resterez toujours au Watducks ?

Je ne sais pas. Mais disons que je suis pratiquement certaine à 100% que je ne jouerai jamais contre le Watducks.

Vous jouez en équipes nationales depuis tes 15 ans, avec une première titularisation deux ans plus tard aux Jeux de Londres. Après de tels débuts, vous gérez plutôt bien la pression ? 

Oui surement. Mais à l’époque, beaucoup d’éléments sont venus retirer cette pression. J’étais la plus jeune de la délégation belge ce qui a apporté beaucoup d’interviews et de médiatisation sur mon âge et que je n’avais rien à prouver. Mais forcément, cela reste des très gros matches dans des énormes stades.

Vous comptez déjà dix saisons en équipe première, 160 sélections avec l’équipe nationale. La motivation est-elle toujours la même ?

Oui car je n’ai pas encore le moindre de titre, même en jeune ! Mon équipe a été championne plusieurs fois mais c’était au moment où j’ai commencé en dames. Lorsque les playoffs se déroulaient, c’était aussi la fin de saison en dames avec des matches très importants. Ma motivation est donc encore là à 100%. J’espère d’ailleurs ne pas encore avoir atteint mon meilleur niveau.

Vous avez remporté le titre de meilleure gardienne à l’Euro et été nominée au FIH awards. Que représentent ces distinctions ?

Individuellement je n’ai pas spécialement d’objectifs. Ma priorité c’est de gagner au moins un titre et de mettre la Belgique sur la carte du monde du hockey. Ça aurait été une toute petite déception de ne pas être reprise dans le top cinq cette année car on a fait une grosse saison mais je ne me voyais pas du tout gagner le titre.  Peut-être qu’un jour je le remporterai mais je n’y pense pas du tout.

Après la médaille d’argent à la coupe d’Europe, quelles sont vos ambitions avec l’équipe nationale pour la coupe du monde dans quelques mois ?

Il y a peut-être un peu trop d’ambitions (rire). Malgré qu’on ait obtenu cette médaille on doit rester réaliste sur notre position au niveau mondial et sur les équipes qu’on peut battre en phase de poule. La Nouvelle-Zélande est une équipe qu’on a déjà battue, ça sera donc une rencontre plus facile à aborder. Mais on aura aussi des matchs contre des nations asiatiques ce qui n’est pas vraiment notre truc. On est consciente de nos qualités et de ce qu’on devra faire mais on reste aussi réaliste car on sait qu’on devra battre des équipes contre qui on n’a jamais gagné pour faire un résultat.

Bio express

Si la gardienne est arrivée tard dans le hockey, elle n’a pas tardé à se faire remarquer. A seulement 13 ans, soit trois saisons après avoir débuté, elle rejoint le noyau dame du Watducks. " Je suis maintenant celle qui a le plus d’ancienneté du noyau " sourit la gardienne, de 23 ans. " Mon premier match était contre le Léo. Je ne me souviens plus du score mais c’était probablement une défaite. C’était l’époque où elles étaient très fortes alors que nous faisions presque chaque année l’ascenseur " sourit la gardienne.  Des débuts précoces au plus haut niveau qui l’amèneront en équipe nationale à seulement 15 ans. " J’ai été sectionnée pour la première fois au tournoi de Münchengladbach en 2011 comme deuxième gardienne, derrière Nadine Khouzam " explique encore la jeune joueuse qui a fait toute sa jeune carrière au Watducks.

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