Les excès de la gymnastique belge : la fin justifie-t-elle les moyens ?

C’est une véritable tempête qui souffle sur la gymnastique belge depuis ce week-end. De nombreux entraîneurs sont accusés de harcèlement et d’intimidation sur nos meilleures gymnastes belges, et ce depuis de nombreuses années. Ceci alors que la gymnastique belge n’a jamais été aussi performante qu’aujourd’hui.

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Tout part d’une interview confession donnée voici 3 jours par un coach néerlandais, Gerrit Beltman, ayant dirigé les meilleures gymnastes belges début des années 2000. Il reconnaît les avoir maltraitées et humiliées, mais cela fait partie, dit-il, des exigences du sport de haut niveau. La gym est un sport monacal, impliquant des dizaines d’heures d’entraînement par semaine, des régimes alimentaires drastiques, dès le plus jeune âge. Car oui, nous avons ici affaire à des jeunes filles mineures... 

"Tu n’es qu’une grosse vache, une feignasse, tu fais la princesse, tu es une touriste" : voici ce qui passait comme des paroles de motivation. Ceci est confirmé par Aagje Van Walleghem et Gaelle Mys, qui cumulent 5 Jeux Olympiques, et qui disent avoir quitté la gym en détresse psychologique, au bord de la dépression, et avoir dû se reconstruire après. 

Ce qui est dramatique, c’est que rayon résultats, ces techniques de harcèlement marchaient : la gym belge n’a jamais été aussi performante, grâce notamment à des entraîneurs français aujourd’hui sur la sellette, ceux de Nina Derwael, notre championne du monde aux barres asymétriques et vraie chance de médaille l’an prochain aux JO de Tokyo. 

Après les Jeux de Rio en 2016, la Fédération avait adjoint aux entraîneurs un psychologue, pour gérer les dérapages. Mais la philosophie n’aurait pas changé : les résultats avant tout, la fin justifie les moyens...

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