Gymnastique : Nina Derwael, focus... sur Tokyo

Mi-avril, Nina Derwael faisait l'impasse sur l'Euro de gymnastique à Bâle. En délicatesse avec une petite fasciite plantaire au pied gauche, près du gros orteil, la double championne du monde aux barres asymétriques préférait se ménager.

Une décision qu'elle n'a pas prise de gaieté de coeur. " J'attendais avec une certaine impatience cette compétition, mais c'était la meilleure décision à prendre dans l'optique des Jeux de Tokyo en juillet prochain. De toute manière, j'aurai encore l'occasion de disputer l'une ou l'autre compétition. En juin, je participerai à une manche de la Coupe du monde en Croatie et quelques jours plus tard, il y aura encore le FIT Challenge à Gand."

A moins de 100 jours des Jeux Olympiques, la lauréate du Mérite sportif 2018 est sereine. Quelques jours avant l'annonce de son forfait pour l'Euro, nous avions rencontré Nina Derwael lors d'un test au TopSport de Gand. Gand, la seconde résidence de la championne depuis plus de dix ans...

Des Jeux...douze mois plus tard !

Lorsque Nina Derwael apprend que les Jeux Olympiques de Tokyo sont reportés d'un an, elle accuse le coup. " On se disait toujours, les Jeux, ça va aller, ça va se passer. J'étais confiante. J'étais certaine qu'ils auraient lieu en 2020. Quand j'ai appris cette mauvaise nouvelle, avec les autres gymnastes nous avons pleuré. Mais très vite, nous avons parlé avec les entraîneurs. Ils nous ont encouragé en nous disant de retirer le positif de ce contre-temps."

Dans un premier temps, elle prend un peu de distance. Elle travaille moins dans la salle et pour se ressourcer, elle consacre davantage de temps à sa famille et à son copain.

Une parenthèse forcée qu'elle trouve bénéfique et qui la booste dans sa préparation. Une situation qui l'oblige aussi à être beaucoup plus conciliante...avec elle-même. " Au début, c'était très difficile pour moi parce que je suis focus sur mon programme. Quand je connais mon programme, quand j'ai la compétition en tête je ne veux plus changer. J'ai appris à être plus flexible et prendre les choses au jour le jour. Je pense que je suis devenue un peu fataliste."

Le compte à rebours est lancé...

A moins de cent jours du début de la compétition, Nina Derwael est sereine et ne ressent aucune pression, juste un peu d'impatience. "Je veux me préparer pour être au sommet à Tokyo. Je ne veux pas trop penser à être championne olympique aux barres asymétriques. Les Jeux Olympiques restent les Jeux Olympiques. Il faudra avoir le niveau et réussir le jour J. Il y aura de la concurrence, c'est certain. Mais, cela va me donner une motivation supplémentaire de voir que d'autres filles ont aussi augmenter leur niveau. Cela va m'inciter à me battre encore plus pour aller décrocher mon podium."

L'or olympique aux barres est une priorité mais elle ne veut pas snober le concours général. Au Japon, elle se montre ambitieuse. " Une médaille au concours général ? Pourquoi pas ? Aux Mondiaux de Doha en 2017, j'étais proche du podium. C'est à ce moment que j'ai pensé qu'il y a aussi quelque chose pour moi, au concours général."

 Avant le rendez-vous le plus important de sa carrière sportive, à l'abri des regards, Nina met au point la routine qui doit la mener au sommet. Un sommet qui ne serait pas le point d'orgue de sa carrière.

Déçue, comme tous les athlètes, de devoir performer devant des gradins vides à Tokyo, elle envisage de prolonger encore un peu. " J'aimerai participer au championnat du monde qui aura lieu à Anvers en 2023...et un an plus tard, entourée de ma famille, de mes amis, de tous mes supporters je pourrais terminer à Paris avec un ultime défi olympique."

Plus déterminée que jamais, Nina Derwael se projette...mais l'immédiat, c'est déjà dans trois mois !

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