Le débrief golf: le Tigre de retour dans la bergerie

The Masters - Final Round
The Masters - Final Round - © Andrew Redington - AFP

Chaque semaine, je reviendrai sur les temps forts du week-end golfique. Avec les images marquantes.

"C'est terminé, je suis fini": ces mots, c'est Tiger Woods qui les prononce, au diner des champions du Masters, il y a deux ans. Il les adresse à Jack Nicklaus, la légende aux 18 titres majeurs. Woods se bat alors contre les blessures, un peu contre lui-même. Ou l'inverse.

Deux ans plus tard, la planète golf s'est arrêté de tourner. Woods l'a fait. Onze ans après son dernier titre majeur, Quatorze ans après son dernier Masters. Entre-temps, des opérations au dos, au genou et une opération, plus personnelle, de réhabilitation. Woods s'est reconstruit, a rebâti un swing solide, adapté à son corps de quadra. Il y a 18 mois, il repartait de la 1199è place mondiale. Le voilà numéro 6. Et numéro Un, sans doute, dans le cœur de millions de fans de golf qui ont vécu, en apnée, le dernier tour haletant d'un Masters historique.

Woods l'aborde à la deuxième place, à deux coups du leader, Francesco Molinari. L'Italien avait découvert Augusta il y a 13 ans, en étant le caddy de son frère Eduardo, dans la même partie que...Tiger Woods! L'histoire est belle et semble devenir légende tant le Turinois, comme souvent, maîtrise ses émotions. Après tout, il a donné la leçon au Tigre lors de le dernière Ryder Cup à Paris et a tenu le choc en gagnant le dernier British Open avec Woods dans les parages. Mais Augusta, c'est encore autre chose. Et Woods comme adversaire, à l'affut, en polo rouge du dimanche, c'est un des plus beaux défis pour un sportif de haut niveau. Si pas le défi ultime. Surtout quand la foule hurle à chaque birdie du père prodigue. Sam et Charlie, les enfants Woods, n'en loupent pas une miette. Le jeu de Molinari s'effrite, mais il sauve les pars. En haut du leaderboard, cela se resserre. Schauffele chauffe, Koepka combat et Dustin Johnson revient mettre la pression. Ils sont presque 10 à encore espérer gagner en abordant la dernière ligne droite. Ce fameux "Amen Corner", l'enchainement des trous 11, 12 et 13 où tout peut arriver. Woods s'égare au 11 mais sauve le par. Au départ du 12, Molinari hésite. Ce Par 3 de 140 mètres à peine serait une formalité s'il n'y avait pas cette étendue d'eau qui invitait les balles au plongeon. Et puis ce vent vous fait douter le plus serein des golfeurs dans le choix du club. Un dernier mot du caddy pour lui rappeler de jouer la sécurité et...plouf. L'Italien fait le grand saut, dans l'eau. Woods, tapi derrière, n'en n'a pas raté un détail. Et montre quelques secondes plus tard le chemin à suivre. Le Tigre a repéré sa proie, il ne la lâchera pas. Woods a beau être plus ouvert , plus souriant, plus "partageur", plus humain tout simplement depuis son retour, il reste Woods. Il est redevenu Woods. Birdies au 13, au 15 et au 16, après avoir frôlé le hole in one (voir coup du tournoi), il aborde le 18 avec deux coups d'avance sur ses poursuivants. Molinari est plus loin, après un nouveau plongeon au 15.

L'expérience et le putter, très fiable cette semaine, font le reste. Un peu enfermé après son premier coup, il va "assurer" le bogey, suffisant pour gagner. Pour réécrire sa propre légende. Il avait gagné ses 14 premiers titres majeurs en partant leader le dernier jour. Cette fois, il a innové, en partant deuxième. Il y a 22 ans, lors de sa première victoire au Masters, il était tombé dans les bras de son père. Ici, ce sont Sam et Charlie qui l'attendent. "Je voulais que mes enfants voient leur père gagner un Majeur. J'espère qu'ils ne l'oublieront pas". Cela nous étonnerait. Sur les réseaux sociaux, d'autres légendes (Séréna Williams, Magic johnson, Lebron James,...) affichent instantanément leur bonheur de revoir le champion redevenir champion. Les débats s'enflamment pour voir si c'est le plus grand come-back sportif de l'histoire. Devant Jordan? Ali? Federer? 

Jack Nicklaus, son confident d'il y a deux ans, est désormais le premier convaincu que Woods peut venir chatouiller son record de 18 titres majeurs. Effectivement Woods est dangereux, car le Tigre a retrouvé l'appétit.

Le coup du tournoi

Oui, d'autres, à l'image de Justin Thomas ou Dechambeau, ont réussi le hole in one sur le même trou. Oui, Tiger Woods lui-même a réussi des sauvetages incroyables au milieu des arbres. Mais sortir ce "planté du drapeau" au 16, le dernier jour, alors que la meute met une pression folle derrière, il fallait le faire. Tiger l'a fait. Sous les yeux de Michael Phelps. C'est le coup qui lui assure la victoire.

Le tournant du tournoi

Et si? Et si, après ce coup incroyable entre les arbres (qui se terminera par un birdie!), le tacle avait été plus appuyé? Parfois, en sport, cela se joue à ça. Le marshall, voulant protéger Woods de la foule, glisse et heurte la cheville du héros. L'arbitre n'a pas mis de carton... 

Le dénouement du tournoi

Ce n'est pas le putt le plus difficile de sa carrière. Ni le plus long. Mais ces quelques derniers centimètres ont du paraître une éternité pour Woods et ses fans. Les 5 minutes qui suivent sont uniques. Les spectateurs  scandent "Tiger" sans s'arrêter. Tiger serre ses enfants, sa maman, ses proches dans ses bras. Puis fend la foule. Hurlant toutes les quinze secondes son bonheur d'être à nouveau l'élu.

Le coup rassurant de la semaine

Zach Johnson a déjà remporté le Masters, mais il a fait le tour des réseaux pour une autre raison cette semaine. A l'adresse, il veut réaliser un dernier coup d'essai avec son drive quand... il heurte sa balle. Celle-ci finit un mètre devant l'ex Maître. Priceless. Pour la petite histoire, il pourra rejouer sans pénalité car ce n'était qu'un coup d'essai sur le départ et que c'était donc forcément involontaire.

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