Jérôme D’Ambrosio, du baquet de Formule E au bureau de Venturi : "Grâce à la passion, je n’ai jamais eu l’impression de travailler"

Il y a quelques mois, Jérôme D’Ambrosio a mis un terme à sa carrière de pilote de Formule E pour embrasser celle de directeur d’équipe adjoint chez Venturi Racing aux côtés de Susie Wolff, elle aussi ancienne pilote de haut niveau.

Et son baptême du feu a été plutôt réussi puisque JDA, qui est désormais le bras droit de l’épouse de Toto Wolff, le patron de l’écurie Mercedes en Formule 1, a pu célébrer un premier podium dès sa première course avec l’équipe monégasque : le Suisse Edoardo Mortara a en effet terminé à la deuxième place de l’E-Prix de Diriyah, course d’ouverture de la saison 7 du Championnat du Monde de Formule E, vendredi dernier.

Le premier grand moment d’une nouvelle vie qui a donc commencé il y a peu pour l’ancien pilote Marussia Virgin Racing en Formule 1 (c’était en 2011), désormais âgé de 35 ans.

"Après la dernière course de l’année dernière à Berlin, j’ai évalué les options que j’avais en tant que pilote, et celles que j’avais encore en Formule E, une catégorie au sein de laquelle j’ai toujours souhaité rester et être performant, ne m’offraient pas de réelles perspectives, souligne Jérôme D’Ambrosio. J’avais plutôt l’impression d’aller vers une régression, de faire un pas en arrière plutôt qu’un pas en avant. Et je me suis toujours dit que le jour où je ne serais plus en mesure d’évoluer et de performer, je préférais tourner la page et passer à autre chose. Je suis extrêmement chanceux et très heureux d’avoir pu avoir la carrière de pilote que j’ai eue, même si on peut toujours avoir de meilleurs – ou de moins bons – résultats. Peu importe, je suis très satisfait de ces quinze, vingt dernières années. J’étais prêt pour un nouveau challenge, et j’ai décidé de raccrocher le casque et de me lancer dans un nouveau projet."

Après six saisons en Formule E, quatre chez Dragon Racing et deux chez Mahindra Racing, Jérôme D’Ambrosio a donc eu l’opportunité d’endosser un rôle très important chez Venturi Racing, une équipe monégasque de Formule E.

"Mon avantage, c’est de vivre à Monaco. Susie et Toto vivent en Angleterre, et il fallait un "capitaine" dans le bateau Venturi à Monaco. C’est pour cela que j’ai rejoint le team. C’est un boulot très opérationnel, je suis au bureau tous les jours. Ce travail touche à tous les aspects du team, ce qui est aussi très intéressant pour moi. L’aspect de la course, je le connais très bien, mais il y en a plein d’autres que je découvre. Nous sommes tous les jours en contact : Susie reste la patronne du team et moi, je suis son adjoint, ce qui veut dire qu’il n’y a pas une décision qui est prise sans passer par elle. Malgré cela, j’ai beaucoup de liberté pour pouvoir apprendre et être sur le terrain. C’est vrai que ma vie a complètement changé. Il y a moins d’efforts physiques, mais il y a d’autres efforts ! J’ai beaucoup de temps libre, mais il y en a d’autres très intenses : les essais, les courses… Et mon rôle, aujourd’hui, demande une implication différente : je suis toute la journée au bureau, tous les jours, c’est un rythme de vie très différent. Mais c’est pour moi une grande chance : pendant ma vie de pilote, j’étais passionné par ce que je faisais, et aujourd’hui, je suis toujours passionné par la course et par ce que je fais. Je n’ai jamais eu l’impression de travailler quand j’étais pilote, et je n’ai toujours pas l’impression de travailler, parce que j’aime ce que je fais. Et c’est une grande chance !"

"Pas fier, mais très heureux de ma carrière"

Jérôme D’Ambrosio, c’est vingt Grands Prix de Formule 1 (19 avec Marussia Virgin Racing en 2011, et un en remplacement de Romain Grosjean chez Lotus à Monza en 2012), une victoire en GP2 (à Monaco, en 2010) et trois succès en Formule E. Qu’est-ce qui le rend le plus fier ?

"Je ne dirais pas que je suis "fier "de ma carrière, car ce n’est pas un terme que je trouve nécessairement positif, embraie JDA. Par contre, je suis très heureux d’avoir pu faire ce que j’aimais faire pendant tant d’années, et à un niveau plutôt exceptionnel. Entre la Formule 1 et la Formule E, j’ai pu me battre dans de très belles voitures, contre les meilleurs pilotes du monde, pendant plusieurs années. C’est une chance énorme ! Grâce à mon travail et à l’aide de plein de personnes dans mon entourage (mes parents, mes partenaires, différents acteurs du sport automobile…), j’ai pu vivre de ma passion. Merci à toutes ces personnes, j’ai été très chanceux et très heureux. Et les regrets ? Je n’en ai pas et je n’en ai jamais eu, cela fait partie de mon caractère. C’est clair qu’avec le recul, j’aurais pu prendre d’autres décisions à certains moments, mais au final, je suis très heureux d’être là où je suis aujourd’hui."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK