Formule E : Vandoorne, D'Ambrosio, Lotterer et d'autres cadors aux trousses de Vergne

Avec l'entrée en lice des poids lourds Mercedes et Porsche, Jean-Eric Vergne, double champion en titre, fera face à une opposition plus dense que jamais lors de la saison 6 du championnat de Formule E, qui débute vendredi et samedi. Les deux premières manches ont lieu à Dariya, en Arabie Saoudite.

Avec un nombre record de 14 courses dans 12 pays, 24 voitures contre 22 précédemment et désormais 10 constructeurs (avec aussi Audi, Nissan, BMW, DS ou encore Jaguar), la Formule E ne cesse de se développer et sa sixième saison s'annonce la plus relevée.

"C'est la première année que l'on va avoir un niveau si compétitif, donc ça va être intéressant", estime Jean-Eric Vergne, âgé de 29 ans, qui court dans la catégorie depuis son lancement en 2014-2015 et a été le premier champion à conserver son bien.

"Impatient d'en découdre", le pilote DS Techeetah, championne en titre chez les écuries, assure ne pas avoir changé son approche malgré l'arrivée des mastodontes Porsche et Mercedes.

"Ce que j'aime le plus, c'est pouvoir me battre à armes égales contre tout le monde et c'est le cas de la Formule E, rappelle le Français. On a tous les mêmes voitures, les moteurs électriques changent mais tout le monde a la même puissance maximale."

Si les nouveaux venus allemands se contenteront "d'inscrire des points" lors de leurs premiers E-Prix, ils ne sont pas là pour faire de la figuration.

"De manière générale, notre but est toujours le même : gagner des courses", revendique Pascal Zurlinden, qui dirige le sport auto chez Porsche. "Notre objectif est d'arriver à une position qui nous permet de nous battre pour des victoires en course ou en championnat", renchérit Toto Wolff, le patron de Mercedes-Benz Motorsport.

Pour cela, il s'est adjoint les services d'un ancien pilote de Formule 1 passé en Formule E l'an dernier, Stoffel Vandoorne, et du Néerlandais Nyck de Vries, champion de Formule 2.

Il y a un peu moins de douze mois, le pilote belge avait terminé sa saison de Formule 1 avec McLaren fin novembre avant de faire ses grands débuts avec HWA Racelab, une équipe partenaire de Mercedes, quelques semaines plus tard, ce qui ne lui avait pas permis de se préparer idéalement.

"Cette année, avec Mercedes en Formule E, c’est très différent de ce que j’ai connu la saison dernière, a souligné Stoffel Vandoorne au micro de la RTBF. On a eu pas mal de journées d’essais privés pour se préparer. Cette saison sera aussi un grand challenge pour Mercedes, parce qu’on recommence tout de zéro. Le power train (le moteur électrique, et une grande partie de ce qui est rattaché, ndlr) est complètement nouveau. Tout le monde en attend beaucoup de notre part, ce qui est normal au vu de leurs succès dans toutes les autres catégories ! Mais il faudra nous donner un peu de temps : c’est un championnat complètement différent. Tous les ingrédients sont là pour nous permettre d’être compétitifs dans le futur, mais les débuts risquent d’être un peu difficiles."

De grandes ambitions pour Jérôme D'Ambrosio également

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Jérôme D'Ambrosio © Sam Bloxham

Jérôme D’Ambrosio (Mahindra Racing) s’apprête lui à débuter la sixième saison de Formule E de sa carrière. Le pilote belge, qui a connu la naissance de la discipline, a pu la voir grandir au fil des ans au point d’être aujourd’hui l’une des plus attractives et disputées du sport automobile.

Vainqueur de trois E-Prix au cours de sa carrière et leader du championnat à plusieurs reprises la saison dernière, il nourrit à nouveau de grandes ambitions.

"Il faut se battre devant, se battre pour pouvoir disputer la Super Pole (le point d’orgue de la séance de qualification, réservé aux six pilotes les plus rapides, ndlr) et le podium, a souligné Jérôme D’Ambrosio au micro de la RTBF. On sait que nous pouvons être rapides, qu’on peut jouer la gagne, mais il faut être là tout le temps. Peut-être pas tout le temps pour jouer la gagne, mais toujours pour figurer dans les cinq premiers. La Formule E, c’est difficile pour tout le monde. Il faut penser au titre, parce que si ce n’est pas le cas, cela ne sert à rien de démarrer la saison. C’est vrai, on est un plus petit team, mais on a aussi pas mal de capacités, et on peut faire quelque chose de bien. On a quand même mené le championnat pendant une moitié de saison la saison dernière, cela veut dire que nous sommes capables de le faire, et je pense que nous avons fait un pas en avant."

"Je n’ai plus pris autant de plaisir en course, en course pure, depuis le karting, a repris JDA. Tout simplement parce qu’on peut dépasser ! Au Mexique la saison dernière, je pars vingtième parce que j’avais fait une boulette en qualification, et je finis quatrième. Cela n’existe pas dans un autre championnat où les voitures sont si proches. C’est ça qui est fascinant avec la Formule E."

Chez Porsche, l'Allemand André Lotterer, ancien équipier de Jean-Eric Vergne, est associé au Suisse Neel Jani, avec qui il a disputé les trois dernières éditions des 24 Heures du Mans. C'est le Portugais Antonio Félix da Costa qui lui succède chez DS Techeetah, parmi les changements les plus notables sur la grille.

D'ici au double E-Prix de Londres qui conclura la saison les 25 et 26 juillet 2020, deux destinations font leur entrée au calendrier : Séoul (Corée du Sud) le 3 mai et Jakarta (Indonésie) le 6 juin.

Changement réglementaire qui pourrait avoir son importance à l'heure de faire les comptes, le nombre maximal de points qu'un pilote peut inscrire lors d'une course s'élève désormais à 30.

Les plus rapides de chacun des quatre groupes de qualifications vont en effet recevoir une unité bonus, en plus des trois offertes au poleman et de celle revenant à l'auteur du meilleur tour en course, s'il termine dans le top 10.

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