L'Hippodrome de Wallonie lance un appel désespéré au Conseil National de Sécurité

L'hippodrome craint de devoir mettre la clé sous la porte
L'hippodrome craint de devoir mettre la clé sous la porte - © KURT DESPLENTER - BELGA

L'Hippodrome de Wallonie/Mons avait programmé plus de 63 journées de courses cette année. Mais tout s'est arrêté après 14 réunions plutôt réussies, à la mi-mars.

Pire encore, le Conseil National de Sécurité a décidé d'annuler toutes les compétitions sportives jusqu'au 31 juillet 2020.

Mardi lors d'une conférence de presse précisément organisée sur le site de Ghlin, Achille Cassart, à la tête depuis de nombreuses années de la Fédération belge des courses hippiques belges (FBCH), et de l'Hippodrome de Wallonie, a tenu à préciser deux choses à ce sujet.

La première, est que l'hippisme est une activité agricole et économique. Les entraîneurs doivent par exemple tous être professionnels, pour obtenir une licence.

Et la seconde, que les risques sanitaires ne sont pas équivalents entre toutes les disciplines sportives.

L'hippodrome de Mons s'étend sur 20 hectares, et moins de 130 personnes sont nécessaires pour organiser des courses de trot attelé à huis clos sur une durée de quatre heures. Il est donc tout à fait possible de respecter les règles de distance entre les personnes

Les courses ont d'ailleurs repris à peu près partout ailleurs en Europe, sauf en Espagne.

Ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour le turf belge, vu que le PMU français, principal partenaire de l'hippodrome de Mons, l'inverse étant également vrai, adaptera inévitablement sa stratégie aux conditions imposées par la crise.

Autrement dit si les chevaux belges restent au box et leurs drivers en chômage technique, l'hippodrome perdra sa position de partenaire prioritaire, pour se retrouver dans une situation plus que délicate.

L'interdiction jusqu'à fin juillet porterait un coup fatal à toute la filière dont font partie le personnel et les sous-traitants de l'hippodrome, le personnel de la fédération, les drivers, entraîneurs, propriétaires et éleveurs professionnels.

Un appel solennel est donc lancé au Conseil National de Sécurité - qui se réunit mercredi, ndlr - et à tous les responsables politiques concernés, afin de revoir les différents arguments qui ont mené à la prise de cette décision, d'y réfléchir à nouveau, et, surtout, de tenir compte des spécificités de chaque activité.

"Sans vouloir polémiquer, il est en effet assez difficile de comprendre que, pour des raisons sanitaires, les courses hippiques à huis clos renforcé organisées en extérieur sur 20 hectares avec moins de 130 personnes pendant quatre heures soient interdites, et qu'en même temps la plupart des commerces soient ouverts", souligne Achille Cassart.

"La seule perspective que le gouvernement propose actuellement de par l'éloignement de la reprise potentielle, est de contraindre l'hippodrome à mettre la clé sous la porte !", conclut-il, en espérant ne pas devoir en arriver là.

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