Clooney 51, Don Juan van de Donkhoeve, Quel filou 13, Hortensia van de Leeuwerk,… comment sont donnés les noms des chevaux ?

Inscrite aux Jeux Olympiques depuis 1900, l’équitation, même si parfois sous-médiatisée, fait partie des sports ancestraux du programme olympique. Particulièrement attentif aux prestations du trio Grégory Wathelet, Jérôme Guéry et Niels Bruynseels (qui a de vraies chances de médailles lors du concours de jumping par équipe cette année), le spectateur belge se pose, lui, inlassablement la même question en regardant l’équitation : Comment sont choisis les noms, tantôt plus sérieux tantôt plus farfelus, des chevaux ?

Des noms de chevaux, parfois à rallonge, qu’on va tenter de décortiquer et de clarifier, étape par étape, en compagnie de Sébastien Boulanger, chargé de communication dans le monde équestre belge. Selon lui, il faut commencer par la fin pour tout comprendre : "Le nom d’un cheval est composé de plusieurs parties. On voit parfois après certains noms un Z ou quelque chose comme ça, c’est généralement le nom du studbook, donc le pedigree du cheval. En Belgique, on a trois studbook dont un qui est Zangersheide. Ils ont pris l’habitude de marquer leurs chevaux d’un Z. Donc tous les chevaux qui sont approuvés par Zangersheide ont un Z à la fin."


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Remontons ensuite vers le milieu du nom où les choix sont toujours assez cadenassés et les libertés des cavaliers donc plutôt restreintes : "Juste avant cet affixe (NDLR : donc la lettre Z par exemple), il y a généralement un "du Donjon" ou "de l’Abbaye", ça ça rappelle le nom de l’élevage donc celui qui a fait naître le cheval. Par exemple, Gregory Wathelet se lance lui-même dans l’élevage depuis quelques années, son élevage s’appelle "De la Marchette", donc quand vous voyez un cheval dont le nom comporte "De la Marchette" dans le nom, c’est qu’il vient de chez Grégory Wathelet."

Vient ensuite le coeur du nom, là où le cavalier a (enfin) son mot à dire et peut choisir le nom de son poulain à sa guise : "C’est laissé à l’appréciation de celui à qui appartient le cheval. Donc on peut un peu avoir tout et n’importe quoi. Par exemple, avec le Covid l’année dernière, on risque d’avoir des chevaux qui s’appellent Lockdown. C’est lié à l’actualité ou parfois aux personnes elles-mêmes, ça tient aux histoires personnelles."

Pedigree, élevage, nom du cheval, sponsors = patronymes à rallonge

La question qui se pose dès lors est la suivante : Peut-on vraiment donner n’importe quel nom à son cheval ? Pas forcément, à écouter Sébastien Boulanger : "Certains pays, comme l’Allemagne, demandent à ce que le nom commence par la même lettre que le nom du père. Après on met ce qu’on veut avec la lettre en question. En Belgique, il y a aussi certains studbooks qui demandent à ce que le nom commence par une telle lettre, comme les chiens."

Mais après le pedigree, l’élevage et le nom du cheval, vient le… sponsor. "C’est le cas depuis quelques années, les sponsors ont fait leur apparition. Ce sont des sponsors qui investissent énormément d’argent et demandent à ce que leur nom apparaisse dans le nom du cheval. Par exemple, le médaillé d’argent en individuel aux Jeux, Peder Fredricson, son cheval s’appelle All In, mais normalement il devrait s’appeler "H&M All-In." Sauf que pour les Jeux, on enlève les sponsors pour éviter la pub" explique notre interlocuteur.

Alors, certains cavaliers se lancent-ils des challenges pour redoubler de créativité, quitte à parfois tomber dans une surenchère et des noms qui frisent le ridicule ? Cela ne semble pas être le cas : "On ne cherche pas à battre un record de complexité ou d’être le plus original. C’est vraiment lié au moment. Si le cheval, quand il naît, ressemble à Bambi on va l’appeler Bambi, c’est dans ce style-là. Je connais par exemple un cheval qui s’appelle Just Too Late (Juste en retard). On pourrait se dire que ce n’est pas idéal pour un cheval de course mais c’est lié à sa naissance. Il est tout simplement né une semaine après le terme."

Des noms à rallonge, parfois composés de 3 voire 4 portions différentes, qui ont tendance à être… raccourcis au fil des mois pour faciliter la prononciation : "Il faut parfois trois ou quatre lignes pour écrire le nom du cheval, de quoi faire vivre un vrai calvaire aux commentateurs et aux speakers. Donc au fur et à mesure, on réduit évidemment les noms pour ne garder que l’essentiel" conclut Sébastien Boulanger.

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