Report des JO de Tokyo : Garder la flamme

Report des JO de Tokyo : Garder la flamme…
Report des JO de Tokyo : Garder la flamme… - © Tous droits réservés

Depuis vendredi, la flamme olympique avait entamé son parcours sur le sol nippon. Elle va donc se mettre en veilleuse. Un an maximum, peut-être moins. Mais en tout cas jusque 2021. Car d’ici là, il faudra résoudre les multiples nœuds des calendriers entremêlés. Casse-tête nippon et migraines garanties.

Mais depuis quelques jours, c’était devenu incontestable : les JO ne pouvaient plus se tenir avec la menace d’un ennemi invisible nommé Covid-19. " Nous sommes en guerre " avait dit le Président français Emmanuel Macron, pour résumer le combat à mener face à la bête immonde. L’ironie est de constater que, de toute l’Histoire des Jeux Olympiques modernes, seuls jusqu’ici les canons des deux Guerres Mondiales avaient eu raison de l’événement universel. Autres temps, autres guerres…

Raison d'Etat

Dans la bataille du moment, la raison du sport universel ne pouvait peser plus longtemps, ni davantage. La décision (enfin…) prise ce mardi est forcément celle de la raison d’Etat : celle de la santé publique. Alors bien sûr, si le 24 juillet prochain, date prévue initialement pour la Cérémonie d’Ouverture, on constate que le coronavirus a déserté notre planète bleue (c’est très peu probable…), il y aura toujours des esprits chagrins pour contester le njet de ce 24 mars.

Mais gouverner, c’est prévoir… et on avait trop attendu : 4 mois jour pour jour avant le début du grand bal, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe a donc actionné le couperet. L’autorité politique a des comptes à rendre à sa population, l’échéance olympique lui donnait aussi une responsabilité mondiale. Imaginez seulement des cas positifs, non plus de dopage, mais de contagion dans la promiscuité du Village Olympique ? Pandémie gagnant aussitôt les tribunes de tous ces Championnats du Monde simultanés... Inacceptable politiquement. Injustifiable humainement. Cette décision de report était la seule raisonnable.

Courage politique ?

Juste ceci. On aurait peut-être espéré un peu plus de courage, " politique " précisément, de la part des autorités olympiques. Après s’être tourné, sans succès, vers l’Organisation Mondiale de la Santé, le Comité International Olympique a timidement attendu le Premier Ministre nippon pour lui laisser sonner le glas.

Une initiative, un geste fort de Thomas Bach, se dissimulant jusqu’ici derrière des délais chaque fois reportés, eurent été bienvenus pour rehausser la crédibilité de hauts dirigeants sportifs trop souvent tentés, derrière des paroles teintées d’évidence (" La santé des gens est prioritaire "), de garder l’œil rivé… sur leurs intérêts logistiques, financiers et commerciaux. Allô la FIFA ? Allô le Tour de France ?

Cycle éternel

Alors bien sûr, cette décision est cruelle pour tant de sportifs qui avaient fait de cette quadriennale le pic de leur carrière. Certain(e)s y voyaient l’apogée de leur carrière, cette décision en fait malheureusement le crépuscule. Privé(e)s de leurs adieux. Dur.

Mais ainsi va le sport, ainsi va le cycle de la vie : éternel recommencement, éternelle remise en question, éternel renouvellement. Après cette génération, en viendra une autre, puis encore une autre. C’est aussi la teneur de la devise olympique : parvenir à l’excellence pour en transmettre les valeurs.

Et surtout garder la flamme.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK