Regarder du sport vous manque ? Ne vous sentez pas coupables

Le sport est à l'arrêt, le manque commence à se faire ressentir auprès des fans
Le sport est à l'arrêt, le manque commence à se faire ressentir auprès des fans - © JOAQUIN SARMIENTO - AFP

Il y a des périodes de la vie durant lesquelles on a plus que jamais besoin de notre passion. De vibrer et d’oublier les difficultés du monde. Voilà des effets bénéfiques que nous procure très souvent le sport, en vrai, à la télévision, à la radio ou partout ailleurs. Nous vivons actuellement une crise sanitaire de très grande ampleur, tellement profonde qu’elle nous prive de notre passion. Oui mais voilà, relativisons, qu’est-ce que reporter un événement sportif à côté de milliers de morts ? De l’anecdotique tout au plus. Nous sommes bien tous d’accord là-dessus. Cela n’empêche, il est tout à fait légitime de ressentir un vide, un manque. Et il n’y a aucune raison de culpabiliser de ce constat.

Une façon routinière de casser la routine

Le sport tout comme la culture, le cinéma, les sorties entre amis, le théâtre… sont des moyens de se distraire souvent considérés comme non-essentiels, parfois même futiles. A tort. Ces moments de nos vies sont souvent aussi ce qui peut lui donner un sens. De manière épisodique ou régulière voire routinière. Une très bonne manière de décompresser le week-end, un exutoire même pour certains (avec des dérives à la clé, preuve s’il en est du caractère primordial que revêt le sport quelques fois).

Les Jeux Olympiques, ça n’arrive que tous les quatre ans, comme l'Euro d’ailleurs. Les reporter est historique à plus d’un titre. Ce n’était plus survenu depuis la seconde guerre mondiale pour la plupart. Il n’est pas anormal que ça soit un bouleversement, et pas seulement pour les athlètes.

Une occupation pour ceux qui préfèrent regarder un bon match, ou une course ou un tournoi depuis leur canapé, le sport est aussi et surtout une manière de tisser des liens sociaux, de créer une appartenance identitaire. Au stade, dans une brasserie, un café, chez des amis. Ce Sport avec un grand 'S' touche parfois au plus près de l’être. Et c’est bien pour cela qu’il peut créer un tel manque, une sorte de déprime liée au vide. Malgré toutes les dérives du sport business actuellement.

Les archives, un pansement réconfortant

Mais que reste-t-il aux fans de sport pour combler ce vide en ce moment ? Des courses et des matches virtuels. Pourquoi pas. Mais aussi et surtout les bons souvenirs du passé.


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Un doux sentiment de mélancolie s’empare de nous. Revoir de belles victoires, de belles "bagarres", des désillusions parfois… des frissons chaque fois. Des petites madeleines, des grandes pralines pour les gourmands de sport. Le meilleur pansement que l’on ait pu trouver jusque-là. Notre vaccin à nous face au virus. Mais toujours pas de tribune qui tremble, de hamburger sauce andalouse à la mi-temps ni de communion de groupe. Oui mais finalement ce n’est pas bien grave à côté de tout ce qu’il se passe.

Assumer et faire la part des choses

Ha cette bonne vieille culpabilité qui guette: des personnes meurent chaque jour de ce fichu virus. Comment pourrions-nous assumer le manque d’un passe-temps, d’un loisir, d’une passion ? En faisant la part des choses tout simplement. On lit partout que les vrais héros ne sont pas les sportifs mais le corps médical. Une vérité autant qu'une évidence. Il n’y a pas de comparaison possible. Uniquement deux types de héros bien différents avec des rôles bien séparés et des salaires malheureusement beaucoup trop éloignés. Mais ces constats ne justifient toujours pas la culpabilité.

Combien de fois ne voit-on pas des vidéos de jeunes enfants hospitalisés être émerveillés aux larmes lors d’une visite surprise de leur sportif préféré ? Allez leur dire que ce n’est pas un héros. Ce n’est pas pour autant que ces jeunes "boutchoux" n’ont pas une admiration sans faille pour le personnel hospitalier autour d’eux. Doit-on vraiment choisir entre deux catégories de héros bien distinctes ? Je pense qu’il y a bien assez de place pour tous nos héros sur terre, d’autant plus en ces temps difficiles.

Ne croyez-vous pas aussi que parmi tous/tes ces courageux/ses infirmières, médecins, caissiers, pompiers, policières, éducateurs, personnel d’entretien, livreurs… qui permettent actuellement (et tout le reste du temps) à la terre de tourner… il n’y a pas des habitués des stades, des fanatiques de sport à qui tout cela manque ? Ne sont-ce pas aussi toutes ces personnes au quotidien compliqué, ces héros ordinaires qui ont besoin plus encore que d’autres d’une échappatoire sportive le week-end venu ? Tant pour pratiquer un sport que pour soutenir des sportifs ou une équipe… Et ce constat est évidemment applicable au cinéma, au théâtre, à la littérature, à la culture !

Alors pourquoi ne pas chasser ce sentiment de culpabilité de notre quotidien déjà suffisamment perturbé. Oui pour respecter à la lettre ce confinement, aussi longtemps qu’il le faudra et aussi difficile que cela soit. Soyons exemplaires pour mettre, de notre côté, toutes les chances de revoir nos héros de la lumière, et pour que ceux de l’ombre puissent enfin obtenir le répit qu’ils méritent tant.

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