L'analyse de Thierry Luthers : Plus de foot cette saison en Belgique ? La voie de la sagesse….

Circulez, il n'y aura plus rien à voir. Le Club de Bruges est champion.
Circulez, il n'y aura plus rien à voir. Le Club de Bruges est champion. - © Tous droits réservés

Le bon sens pratique l’a, logiquement, emporté aujourd’hui à la Pro League. On ne jouera plus au foot en Belgique cette saison.

Hormis, peut-être, la finale de la Coupe de Belgique, à huis clos, entre Bruges et l’Antwerp et impérativement avant le 30 juin. Histoire sans doute de clarifier la répartition des tickets européens .Et d’attribuer un trophée sur une seule rencontre. Rappelons que, si l’Antwerp gagne, il sera directement versé dans les poules de l’Europaleague. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle pour le club anversois, 4ème au classement après 29 journées de championnat. Sinon ce ticket reviendra à Charleroi….

C’était d’ailleurs le vœu d’une grande majorité des 24 clubs pros de stopper, dès à présent et définitivement, la saison 2019-2020. Et les derniers opposants se sont vite ralliés à la majorité puisque le vote des 10 membres du CA a été unanime. La santé des acteurs et des spectateurs du football belge passe avant les intérêts financiers et sportifs. Sans parler de tous les problèmes qu’auraient amené une prolongation de la saison : contrats des joueurs qui expirent le 30 juin, " mercato " estival décalé, bon déroulement de la saison suivante, etc….

Mais il reste une dernière étape à franchir : l’entérinement de la proposition par le vote de l’Assemblée générale de la Pro League, prévue vers le 15 avril prochain. Mais ce ne sera qu’une formalité. 80% de votes favorables est nécessaire. Le quorum est donc déjà acquis.

Le club brugeois peut donc fêter son seizième titre. Sans champagne, sans fleurs.  Et il peut même encore réaliser son premier doublé championnat/coupe depuis 1996….

Mais de nombreuses questions restent en suspens. Ce sera la tâche d’un groupe de travail d’y répondre. A commence par le nouveau format de compétition. Si Waasland-Beveren, dernier après 29 journées, demeure au sein de l’élite, OHL et le Beerschot doivent monter, cela parait cohérent. Sauf si on les oblige à jouer une très hypothétique finale-retour de division 1B à huis clos. Ce ne sera possible qu’avec l’accord du gouvernement….surtout si le bourgmestre de Louvain interdit à nouveau de disputer cette rencontre sur le territoire de sa commune.

Nous voilà donc, éventuellement, avec une division 1A à 18 clubs et une division 1B à six équipes. Où Lokeren et Roulers sont en faillite virtuelle. Cela pourrait sérieusement impacter les clubs de D1 amateurs ayant reçu leur licences. Sauf si Bruges remet sur la table son projet d’une division à 20 clubs, son vieux rêve. Avec la disparition des play-offs (38 journées de compétition) et la préfiguration de la future Be Ne League. Une idée si chère à Bart Verhaege, le président brugeois. Avec 8 clubs belges qui rejoindraient leurs homologues néerlandais. Mais nous n’en sommes pas encore là…

Tout cela sous réserve aussi des décisions de la Commission des Licences de la Fédération, mercredi prochain. Alors que les clubs sont entendus dans une sorte de " grand oral " en vidéo conférence encore aujourd’hui et demain. La procédure des licences pourrait se poursuivre devant la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport avec des décisions, au plus tard, vers le 10 mai…

 

Batailles juridiques en vue….

Reste le problème, à la fois financier et juridique, des détenteurs de droits. Tous les diffuseurs de la " Jupiler Pro League " (Telenet, Proximus, Voo) avaient déjà payé pour l’ensemble de la saison. Ils seraient donc tentés de réclamer leur dû à la Pro League, puisque la saison est amputée de 11 rencontres. Le souci est que l’argent aurait déjà été distribué vers les clubs. Mais surtout qu’une clause dans le contrat bétonnerait la position de la Proleague avec un non-remboursement en cas d’arrêt de la compétition pour force majeure. Ce qui est  évidemment le cas actuellement

Rappelons que dans les grands championnats européens, les " ayant-droits " paient par tranches successives. Les dernières tranches n’ont pas encore été payées. Et le manque à gagner des clubs avec des championnats arrêtés représente des sommes considérables. On parle, par exemple, de plus d’un milliard d’euros rien que pour la Premier League. ! Raison pour laquelle le " top five " des championnats européens a fait pression sur l’UEFA pour pouvoir disputer les compétitions jusqu’à fin juillet, le cas échéant. L’instance européenne n’a pas fermé la porte hier lors de sa réunion avec les 55 secrétaires généraux des fédérations…Faisant fin au passage de toutes recommandations des gouvernements ou de l’Organisation Mondiale de la Santé. Qui restent quand même les vrais décideurs, qu’on le veuille ou non, pour les événements des semaines à venir….

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