"Made in USA"... Sylvain Yondjouen : "Je me retrouve à jouer pour 30000 personnes"!

"Made in USA". Fabriqué aux Etats-Unis. Les Etats-Unis de la démesure. Les Etats-Unis du contraste. Les Etats-Unis du paradoxe, parfois, aussi. Mais surtout les Etats-Unis du... sport! Dans cette série, parlons donc de sports "Made in USA". NFL, NBA, MLB, NCAA, MLS, etc... Saison 1. Episode 7.

Alors que quelques gouverneurs de "grands" Etats américains se sont clairement positionnés pour la reprise des différents sports professionnels, à huis clos, aux Etats-Unis, voici le parcours improbable "Made in USA" et une véritable "Fairy Tale" d'un jeune belge, joueur de football américain universitaire, Sylvain Yondjouen.

"J'ai habité en Belgique toute ma vie jusque-là. J'ai d’abord joué au "Soccer". Et puis, j’ai eu envie de changer de sport… Et un des mes amis très proches, voisin, m’a dit 'Pourquoi tu ne viens pas jouer au football américain ? Viens essayer, je suis sûr que tu vas aimer'. Je ne connaissais ce sport que par les vidéos vues sur Internet… Je suis allé à un entrainement Et, en effet, j’ai accroché. Je jouais juste pour m’amuser et j’adorais ça. Je suis venu au Foot américain sans savoir d’où cela venait, pourquoi c’était si intéressant et de ce que cela pouvait apporter à un joueur."

Je n’avais aucun " background " sur le jeu en lui-même. Je n’avais aucune idée de l’ampleur de ce sport aux Etats-Unis…

"J’ai commencé en Junior avec les " Brussels Bulls " puis, ensuite, j’ai joué en Senior avec les " Brussels Black Angels ". J’ai joué 3 ans en Belgique et un match avec l’équipe nationale. Et puis, une personne est venue me voir en m’expliquant que je devrais participer à un " Camp " de football américain en Allemagne pendant lequel, parfois, ils recrutent pour les écoles américaines ! J’aimais ce sport pour m’amuser mais je n’avais jamais pensé à en faire mon avenir. Mes parents et moi ont en a parlé, on s’est renseigné sur le sérieux de l’organisation et on s’est dit pourquoi pas essayer !"

Cela fait maintenant 1 an que je suis ici à Georgia Tech. Je suis inscrit en " Business " et Informatique. Tu peux être un très bon joueur ici, mais si tu ne réussis pas à l’Unif, tu ne joueras pas. Du coup, il fait garder le bon équilibre entre bien étudier et bien jouer." Ma position sur le terrain, c’est sur la ligne défensive, sur les côtés. Je suis 'Defensive End'." 

Mon but est de garder la zone et, si possible, de " sacker " (de plaquer) le Quarterback. Je fais 1m94 et je pese 113 kg…

"Je ne suis pas un méchant. Mais sur le terrain, c’est autre chose… En dehors, j’ai toujours le sourire. Je suis content. Je vis un rêve. Je suis aux Etats-Unis. Je joue au football américain. Et je reçois une super éducation. Mon modèle ? Un joueur comme J.J. Watt des " Houston Texans ". Ce genre de joueur, quand vous le voyez, vous vous dites le Quarterback, il va le sentir passer…

Une fois que je suis arrivé aux Etats-Unis, un fois que j’ai vu mon premier match et une fois que vous êtes dans le stade… C’est un truc inoubliable, c’est un truc de fous. Moi en Belgique, je jouais au football américain pour 30 personnes. Et là, je me retrouve a jouer pour 30000 personnes ! Cette saison a venir, on a le calendrier de matches, le 3e plus compliqué de toutes les équipes universitaires. Notre 1er match de la saison, à domicile, contre Clemson (finaliste national l’an passé). Cela va être un match compliqué. On ne va pas se mentir, ce n’est pas une équipe facile. Georgia Tech a déjà été une très bonne équipe. Il faut travailler pour revenir a ce niveau. Et remonter la pente. On a un nouveau coach pour la 2e saison. Moi, j’ai vraiment confiance. Dans les 2 ou 3 ans, je pense que l’on peut atteindre le top de notre conférence!"

J’espère pouvoir vraiment jouer en NFL. Je vais travailler pour cela. C’est un rêve, comme pour tous les enfants.

"En Belgique, tout le monde était en mode, je veux devenir pro, je veux devenir pro. Mais maintenant moi je suis ici, aux Etats-Unis, jouer en pro et en NFL est une chose devenue possible ! Je n’oublie pas mon éducation parce que l’on sait qu’une blessure peut arrêter une carrière. Mais, si c’est possible… Il faut travailler pour et faire tout ce qui m’est possible pour atteindre ce rêve. Je ne réfléchis même pas à quelle équipe ou à quelle " franchise ". Être en pro, ce sera déjà super. Ce n’est pas un rêve que pour moi. Ce serait un rêve réalisé pour tous les autres joueurs de football américain en Belgique.

Evidemment, avec cette quarantaine, pour l’instant, on ne peut pas s’entrainer. Je ne suis pas resté sur le Campus. Je vis chez un de mes coéquipiers et sa famille. Et, en principe, ils nous ont annoncé que l’on devrait rentrer sur le Campus pour le 1er juin. On verra comment cela se passe… La difficulté de notre sport, dans ces conditions, c’est évidemment le contact. Je viens d’avoir une réunion avec un de mes coachs. Et ils vont tout organiser autour d’une sorte de schéma, en petits groupes qui se succèdent. C’est très compliqué évidemment pour une équipe de 70 joueurs. On espère pouvoir jouer début du mois de juillet." 

On sera tous au même niveau. Mais la préparation aura été plus courte. Quoiqu'il arrive, cette saison sera vraiment bizarre..."