13h pour traverser la Manche à la nage, l'exploit d'un Namurois

"Ma femme doit m'habiller"
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"Ma femme doit m'habiller" - © Tous droits réservés

En vacances... Il vous est peut-être déjà arrivé de voir l’Angleterre depuis une plage française. Peut-être aussi que vous avez déjà dit pour rire "allez, le premier qui traverse la Manche a gagné". Et bien cet exploit, le Namurois Julien Deneyer l’a réalisé ... mais dans l'autre sens!

Mardi soir, il est parti de Douvre en Angleterre, direction la Côte d'Opale en France. Un peu plus de 13h de nage sur une distance de 53 km.
Normalement, en ligne droite la traversée est longue d'une trentaine de kilomètres, mais avec les courants marins, Julien Deneyer a nagé bien plus longtemps.

"Jusqu'au dernier moment, au dernier kilomètre, on n'est pas certain d'y arriver. Parce que je suis resté pendant 3h à la même distance de la côte, non-stop en la voyant défiler tellement les courants étaient forts."

La vitesse de Julien ne dépasse jamais les 3 ou 4 km/h. Or la force du courant est parfois supérieure à 7 km/h. Impossible d'avancer. Son moral à ce moment là est au plus bas. Mais heureusement que l'équipage et ses amis sont là. "Je voyais bien que les marins discutaient et que ça risquait de ne pas le faire. Mais en même temps ils m'ont soutenu. C'était indispensable".

Le plus dur dans cette aventure, c'est semble-t-il de lutter contre le froid. "Malgré ma combinaison, après 2 heures j'ai commencé à grelotter sans arrêt. J'ai eu de gros doute car je n'arrivais pas à me réchauffer. Et les boissons chaudes qu'on me donnait n'y changeaient rien." L'hypothermie est le pire ennemi des nageurs qui traversent la Manche. Généralement, chaque année une quarantaine de personnes tentent la traversée. Seule la moitié réussit. L'autre abandonne souvent à cause du froid.

"Finalement, j'ai tout lâché dans les derniers kilomètres. Et j'ai enfin touché le sol. C'était des gros galets. Ceux de la Côte d'Opale. Je n'oublierai jamais. J'ai dû monter dessus pour valider ma traversée. Ensuite, je me suis écroulé dans le camion. J'y ai dormi deux heures comme un bébé."

Le lendemain de son exploit, Julien était toujours marqué par son effort: "J'ai perdu 4 kilos lors de la traversée. J'ai des stigmates un peu dans le dos et dans le cou dus à l’irritation du sel et de la combinaison. J'ai aussi beaucoup de courbatures. Je sais à peine lever mes bras. C'est ma femme qui doit m'aider à m'habiller."

Malgré tout, Julien ne regrette absolument pas son exploit. Au contraire, même dans ses yeux fatigués, on peut lire une lueur de fierté: "Je l'ai fait pour moi... cela faisait des années que j'attendais ce moment. Et de réussir, c'est juste magique. Ma préparation mentale m'a bien servi. Je m'attendais à souffrir. C'est ce qui rend la chose encore plus belle!"

Pour les patients de Julien Deneyer, pas de panique. L’ophtalmologue du CHU Mont-Godinne sera fidèle au poste lundi!

 

 

 

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