Les menstruations, un tabou qui doit encore être brisé dans le monde du sport

Les menstruations, plus communément appelées règles, sont plutôt taboues au sein de notre société, en témoigne les petits noms peu affectueux qui lui sont attribués (les ragnagnas, faisant référence à l'humeur "massacrante"; la zone rouge, évoquant une période d'alerte maximale; etc.) Dans le monde du sport, ce tabou est encore plus écrasant, et pèse sur de nombreuses sportives, vu les conséquences de ces quelques jours sur les performances sportives, qui peuvent tomber au très mauvais moment.

Cynthia Bolingo, sprinteuse belge interviewée par notre journaliste sportive, s'est montrée ravie de se voir poser la question des règles. "C’est vraiment une très bonne question parce qu’on aborde rarement ce sujet dans le monde du sport. Pour ma part, j’ai énormément de difficultés à gérer mes menstruations parce qu’une fois qu’elles arrivent, je suis totalement déstabilisée, tant mentalement que physiquement, mais je suis vraiment aussi réduite quasi de 50 %."

Influence sur le taux d'hémoglobine

Douleurs, prise de poids, les règles peuvent être une vraie catastrophe en compétition, d’autant que la perte de globules rouges nuit aux performances. Mais des solutions existent, comme l’explique le professeur Luc Baeyens, un des rares gynécologues du sport. "La pilule classique ou un stérilet avec de la progestérone va diminuer, voire arrêter, les menstruations, et donc la perte de globules rouges, et donc indirectement augmenter l’hémoglobine, un peu comme on recherche en prenant de l’EPO par exemple. Ici, ce n’est pas augmenter, c’est plutôt éviter d’avoir une descente. Ça peut ajouter la petite différence qui fait qu’on a une médaille ou qu’on en n'a pas."

La prise d’hormones n’est pas la seule piste, la connaissance du cycle en est une autre. Beaucoup l’ignorent, mais les jours qui précèdent les règles, le risque de blessure peut être jusqu’à trois fois plus élevé. Une adaptation de l’entraînement est indispensable, à condition évidemment d’oser en parler.  Peu à peu, dans le sport professionnel, les consciences s'éveillent. Pour preuve, un gynécologue vient d'intégrer l'équipe féminine de hockey.

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