La natation reste au sec

Les sports aquatiques restent au sec
Les sports aquatiques restent au sec - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Si les entrainements des sports collectifs en plein air, sous strictes règles de sécurité, ont fêté leur retour aujourd'hui, le monde de la natation, au sens large, reste pour le moment sur le carreau. Une situation qui a fait régir la fédération belge de natation. Dans une lettre adressée aux différents ministres des sports la semaine passée, elle estime être la grande oubliée. Un sentiment partagé par André Henveaux, entraineur et directeur de la piscine de Crisnée (province de Liège). "Comme toujours, l’intérêt pour la natation est minime. C'est pourtant le deuxième sport olympique et un des premiers sports scolaires. Il faudrait analyser la situation beaucoup plus sérieusement. On parle quand même de beaucoup d'emplois et de plusieurs millions d'Euro de budget.".

L'attente en tout cas semble très pesante auprès des fans de longueurs. " Les jeunes sont malheureux. Ils voient que leurs amis footballeurs peuvent reprendre et pas eux. Ils trouvent cela injuste et je partage cet avis. On pourrait mettre en place des règles strictes: un nageur par couloir, convoquer des petits groupes, interdire les douches. On ne parle évidemment pas de jeux, pas de bagarre dans l'eau ou de jeux de ballons. On ne parle même pas de leçon de natation où le professeur se trouverait trop proche. On est pas idiot. On va pas faire n'importe quoi. Mais la pratique sportive pourrait tout à fait reprendre.".

Reste la question de la sécurité: Tous les sports de salle restent interdits et partager une même piscine peut poser question. Un argument balayé par la fédération belge et André Henveaux. "Plusieurs scientifiques ont dit qu'une piscine ne présentait pas plus, voir moins, de risques qu'un lac où les gens pourraient se baigner. Le tout grâce à la présence du chlore qui désinfecte grandement l'eau."  

Dans sa lettre, cosignée par la ligue francophone et flamande, la fédération se dit prête à redémarrer rapidement ses activités. "Il me faut 24h. C'est tout.", confirme André Henveaux qui gère la piscine de Crisnée depuis 34 ans. "La seule question tourne autour de la température de l'eau. Nous avons maintenu une certaine température puisque ce n'est pas bon, pour la stabilité du bâtiment, de trop la baisser. Il faudra récupérer 2-3 degrés mais cela va vite. Enfin, du coté de la qualité de l'eau, il n'y a aucun problème puisque nous avons continué à la filtrer. Donc, on est prêt."

Dans le même bain que les nageurs, les joueurs de water-polo sont aussi aussi à l’arrêt. "C'est une situation évidemment compliquée. Le championnat et les entrainements sont arrêtés", explique Gabriel Gallovitch, coach de l'équipe première de Mouscron. "Les joueurs ont reçu un planning individuel mais, sans piscine, fatalement, c'était très difficile. On était habitué à s'entrainer 4 fois par semaine. Mais il faut se montrer patient.". 

Et s'il espère une réouverture des piscines, Gabirel Gallovitch est conscient que son sport ne redémarrera pas rapidement. " On est un sport de contact. Il sera donc compliqué de s'entrainer au Water-Polo dans les semaines à venir. Ce serait très prématuré de l'envisager mais on pourrait au moins reprendre la nage. Ce qui est tout de même une partie très importante de notre sport. Et puis, si c'est compliqué pour tout le monde en ce moment, cela est aussi valable pour les clubs qui souffrent beaucoup. Une réouverture ferait donc du bien. " 

Il reste néanmoins une variante de la natation qui a retrouvé une certaine forme de liberté: la nage en eau libre. Une nouvelle particulièrement bien accueillie par les triathlètes du pays. "On peut désormais nager à 20 mais cela ne pose aucun problème en triathlon puisque les groupes sont, en général, beaucoup plus petits. Par essence, les distances de sécurité sont respectées. Par rapport à une piscine classique, nous sommes en plein air, nous avons de l'espace." , explique Sylvain Thiebaut, directeur technique de la fédération francophone de triathlon. Au delà de la course à pied et du vélo qu'ils ont pu poursuivre, les triathlètes peuvent donc à nouveau s'entrainer pleinement. Mais reste à savoir où. "On se pose encore pas mal de questions sur certains lieux. La pratique du sport doit se faire dans un cadre sportif. Par exemple, la plage de Renipont à Lasne peut-elle être considérée comme un cadre sportif? On attend des précisions de l'Adeps afin de ne pas transgresser les règles du déconfinement." 

Autorisé ou non, le monde de la natation dans notre pays reste donc dans le flou.

Pour rappel, les sportifs de haut niveau avaient eux déjà l'autorisation de pratiquer leur sport via leur statut.

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