La caisse à savon: Un vrai sport à sensations

La machine de Julien Menchior peut atteindre les 100 Km/h
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La machine de Julien Menchior peut atteindre les 100 Km/h - © Jacques Delise - RTBF

Il est loin le temps où les courses de caisse à savon n’étaient qu’un loisir pour enfants. Tout le monde (ou presque), même parmi les plus jeunes, s’est amusé en lisant les aventures de Quick & Flupke, bande dessinée créée au début des années ‘30 par Hergé, qui ont (notamment) popularisé ces engins bricolés.

Hergé était d’ailleurs à l’époque parfaitement dans l’air du temps, puisque, selon la plus vraisemblable des nombreuses histoires concernant l’origine de ces engins, c’est en 1933, aux Etats Unis, qu’un commerçant a eu l’idée de laisser dans les caisses (en bois), contenant ses savons, un mode d’emploi pour fabriquer soi-même sa propre machine à roulettes.

Les premières compétitions apparaissent juste après la seconde guerre mondiale

Il existe des compétitions pratiquement partout dans le monde maintenant, mais en Europe, les premières « vraies » courses sont apparues au milieu des années ’40, principalement en Allemagne, en France, et bien sûr en Belgique.

Au-delà des organisations locales, plus proches du folklore, il existe des championnats nationaux et internationaux (Championnat et Coupe d’Europe, Championnat du monde, notamment) et des fédérations très structurées (en Belgique, la FBCS).

« Les machines de compétition sont plus sophistiquées aujourd’hui, customisées avec des matériaux et des équipements utilisés dans le monde du kart ou de la monoplace » précise l’Andennais Julien Menchior, 29 ans, Champion de Belgique 2018 (mais aussi 11e de la Coupe d’Europe 2018, et classé dans la Top 20 européen).

« On joue beaucoup sur l’aérodynamique … Roues cachées sous la coque, garde au sol très basse, carrosserie en polyester, arceau de sécurité, etc. Les pneus sont homologués pour des vitesses allant jusqu’à 100 Km/h, le harnais de sécurité vient du rallye ou même de l’aviation, les suspensions sont à air, à gaz ou à ressorts, les freins à disques et les étriers de freins, le volant aussi, viennent du kart. Ca n’a plus rien à voir avec Quick & Flupke ! ».

Selon les pourcentages de pentes, les distances, les courbes, on peut aller très vite

Les sensations ne manquent pas ! Même pour un néophyte comme votre serviteur, qui a eu le plaisir d’essayer la machine de Julien Menchior, à Wartet (en haut de Marche-les-Dames, entre Namur et Andenne), sur une descente assez légère de 1.500 mètres.

« C’est bien sûr une question de poids, règlementairement un peu plus de 200 Kg pilote compris dans ma catégorie (C4 Sport), qui vous fait accélérer. Mais il faut pouvoir bien négocier les courbes, choisir les bonnes trajectoires, et essayer de ne pas trop freiner. La conduite s’apparente beaucoup à celle du kart … » ajoute Julien Menchior, qui a débuté à 5 ans à peine, dans les traces de son père, Jacques (qui roule encore, depuis 39 ans), et qui se réjouit de voir son propre fils, Justin, bientôt 5 ans, se lancer à son tour dans la compétition. « Le règlement belge stipule que l’on peut participer de 5 ans à … 99 ans. Mais j’avoue que je n’ai pas encore vu de concurrent de cet âge-là … » sourit-il.

La prochaine course pour Julien Menchior (par ailleurs déjà leader du Championnat de Belgique 2019 après deux épreuves) sera une manche de Coupe d’Europe, sur la côte de Belleveau à Malmedy, les 1er et 2 juin.  

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