L'haltérophilie belge revit mais veut franchir une nouvelle barre

Un sport de brutes, destiné à se casser le dos et réservé à des sportifs ultra-musclés : voilà un peu le type de clichés véhiculés par l’haltérophilie. Une discipline qui a un peu disparu des radars belges, après une période faste dans les années 70-80, grâce notamment à Serge Reding (médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de 1968 et 4 fois médaillés d’argent au Championnat du monde). Mais l’haltérophilie, qui a vécu des années sombres suite notamment à un dopage fortement généralisé, revit depuis peu grâce à l’émergence mondiale du Cross-fit, une discipline sportive très populaire qui inclut la pratique de divers sports dont l’haltérophilie.

Grâce au cross fit, l’haltérophilie s’est donc découvert un nouveau public, jeune et aussi féminin. En effet, de plus en plus de filles s’approprient les barres d’haltérophilie. Une évolution liée notamment aux changements des mentalités de notre société. "Nous aussi on peut lever des poids aussi bien que les hommes, on est toute aussi forte qu’eux", explique Cristina Stanciu, une jeune haltérophile de 17 ans, considérée comme une pépite de la discipline en Belgique. Selon Jennifer Brasseur, une cross-fiteuse qui pratique aussi l’haltérophilie : "l’image de la femme a changé aussi. On n’attend plus nécessairement l’image de la femme toute fine comme on avait tendance à nous présenter mais une femme avec des belles formes, des bonnes fesses, etc…"

L’haltérophilie plaît de plus en plus grâce notamment au fait que le sport repose non pas, comme beaucoup pouvaient le penser, sur une force musculaire énorme mais bien sûr une technique très précise. Des mouvements qui doivent se perfectionner pour pouvoir être pratiqués au plus haut niveau. Une barre que l’haltérophilie belge doit encore passer. "Même à l’université, on n’a pas de formation de l’haltérophilie. Donc on n’a pas d’experts et si on n’a pas d’experts, on ne peut pas développer d’élites sportives. C’est un cercle vicieux qu’il faut changer. Premièrement on ramène des fonds et des structures, puis on forme nos coaches et ainsi on peut espérer développer des élites sportives dans notre pays", explique Djihed Naga, ancien haltérophile devenu coach et président du club Naga Weightlifting.

L’haltérophilie belge revit donc mais veut encore aller plus loin et pour ça, la discipline possède en tout cas de nombreux arguments… de poids !

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