L'analyse de Thierry Luthers: Pas d'Euro, pas de Tour de France, pas de JO?

L'analyse de Thierry Luthers: Pas d'Euro, pas de Tour de France, pas de JO?
L'analyse de Thierry Luthers: Pas d'Euro, pas de Tour de France, pas de JO? - © Tous droits réservés

Comme toutes les années paires tous les quatre ans, on se réjouissait de vivre un été sportif particulièrement passionnant et excitant, en enchaînant Euro de foot, Tour de France et Jeux Olympiques. Au bout du compte, on n’aura probablement rien du tout. C’est triste mais cela ne pèse évidemment pas lourd eu égard aux proportions que prend la pandémie du coronavirus. La santé des populations doit, et devra toujours, primer sur des compétitions sportives quelque soient leurs enjeux financiers et économiques….

En réalité, tout le monde du sport attend avec une relative impatience la journée de demain. L’UEFA tiendra une vidéo conférence, forcément, avec toutes ses fédérations membres. Et annoncera plus que probablement l’annulation de toutes les compétitions européennes de clubs pour le reste de la saison. Avant d’aborder la problématique de l‘Euro. Qui devait commencer le 12 juin à Rome, dans moins de trois mois désormais. Le président de la Fédération italienne a déjà demandé l’annulation du match d’ouverture. L’Union européenne de football ira sans doute plus loin avec le report global de la compétition. Surtout avec le format inédit de la compétition soixantième anniversaire de l’événement. Cet Euro, pour rappel, devait se disputer dans douze villes différentes. Reporter, donc, mais pas annuler. Avec la possibilité de le jouer à la fin de l’année civile (comme la coupe du monde au Qatar, deux ans plus tard). Ou plus simplement, et plus raisonnablement, lors de l’été 2021, vierge de toute compétition internationale.

Et les championnats nationaux ?

Chez nos voisins, l’organisation des compétitions dépend, soit des fédérations, soit des ligues professionnelles. Mais les règlements, sauf en Espagne, ne prévoient pas ce cas de force majeure sanitaire. Chez nous, c’est la Pro League qui a la main. L’originalité de notre modèle de compétition, phase classique puis play-offs, pourrait, une fois n’est pas coutume, nous être favorable. Il reste une seule journée de compétition de phase classique à disputer. Il est sans doute utopique d’envisager que tout rentrera dans l’ordre après le 3 avril, date actuelle de fin du confinement. Il sera donc peut-être possible  de recaser ces ultimes rencontres de la 30ème journée  (ainsi que la finale de la Coupe de Belgique) dans quelques semaines quand la situation sera redevenue " normale ". Et qu’il ne sera plus question de " lockdown "… Et de fixer alors définitivement le classement sans disputer les play-offs…Il y aura, comme toujours, des clubs mécontents mais la marge de manoeuvre dans l’agenda est très étroite et le bon sens général devra l’emporter sur les intérêts particuliers…

En attendant, les joueurs s’entraînent par petits groupes…avant d’être sans doute, eux aussi, confinés et soumis à des programmes individuels pour rester en forme.

Quid des JO ?

Ce gel total des compétitions sportives demeure une situation inédite dans l’histoire. Qui change toutes les habitudes. Celles des amateurs de sports, celles de journalistes. Mais aussi, et surtout, celles des sportifs et des sportives, sérieusement perturbés dans leur préparation. Préparation pour les coureurs cyclistes (le Giro est déjà supprimé, les classiques printanières en passe de l’être) mais aussi les athlètes olympiques. Demain, également, le CIO tiendra une importante séance informative à propos des Jeux de Tokyo, censés démarrer le 24 juillet prochain. Mais plus que sérieusement compromis malgré le discours, rassurant et volontariste, des organisateurs japonais. Chacun fera valoir ses arguments mais il est le clair que le dernier mot appartiendra aux experts de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé. Laquelle dictera son choix au CIO et au comité d’organisation. Si la pandémie semble relativement bien contrôlée au Japon, n’oublions pas que les Jeux attirent des dizaines de milliers de supporters, plus de 10.000 athlètes et plus de 20.000 journalistes…

Il faudra donc bien s’habituer à vivre avec cette nouvelle donne, contraignante mais indispensable pour la santé de la planète. Prenons-soins de nous. Et regardons des archives sportives pour garder le lien affectif avec tous ces événements qui ont rythmé les calendriers émotionnels de nos vies respectives….

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK