Jonas Gerckens : retour à Lorient

Trois semaines après son arrivée à Pointe-à-Pitre, Jonas Gerckens nous a reçus à Lorient, son Port d’attache en Bretagne, pour jeter un œil dans le rétroviseur de cette Route du Rhum 2018. Depuis son retour, le marin s’est partagé entre obligations médiatiques et temps consacré à ses enfants, il n’avait pas encore vraiment pris la peine de savourer.

Alors, flash back sur cette arrivée triomphale en Guadeloupe, au terme d’une traversée homérique de l’Atlantique en solitaire. Sur le ponton, les larmes se mélangeaient aux rires, pourquoi donc?

"D’abord, j’étais très fier de moi, de n’avoir rien lâché. Très content d’en finir aussi, parce que très fatigué, éreinté, même ! C’était une course titanesque, on y a laissé beaucoup d’énergie. Après 21 jours de stress, d’efforts intenses, de journées sans sommeil, on relâche la pression, on craque un peu. Et puis il y a le résultat : cette 14e place, qui représente le nouveau record belge en Classe 40"

Le plus dur pour lui comme pour les autres, la succession de trois tempêtes durant les deux premières semaines. La casse va mettre hors course 1/3 des 123 bateaux. Le danger est bien réel, les organismes sont mis à rude épreuve.

"La mer était vraiment haute, et surtout croisée. Après chaque sommet de vague, le bateau retombait, les chocs étaient horribles. On a l’impression qu’il va se casser en deux, que le mât va tomber, que ce sera la fin. Durant plusieurs jours, je n’ai quasi pas dormi ; parce qu’il fallait rester vigilant, prêt à intervenir en urgence, à cause de l’angoisse aussi, et puis parce qu’à l’intérieur, je sautais dans ma couchette à cause des coups"

Gerckens en a bavé mais il ne regrette rien. Voici son Top 3 des meilleurs moments vécus.

"D’abord, il y a ce départ, fantastique. J’en rêvais en les regardant depuis tant d’années quand j’étais gamin. Ici, y être, dans mon bateau, c’était magique. On est partis tous à toute allure mais en passant le Cap Fréhel, j’ai pris la peine de regarder la foule sur les falaises, c’était incroyable, j’en frissonne encore.

Deuxième moment fort, ça va vous étonner, mais c’est la tempête. Les éléments déchaînés, la force des vents et des vagues, l’écume sur les crêtes, c’est très impressionnant, et c’est beau, il y a quelque chose de magique. Tout ça, malgré le côté angoissant de la situation." 

A l’arrivée, in extremis et suite à un dernier coup de force, notre homme s’empare de la 14e place, synonyme de nouveau record de Belgique en Classe 40. Pourtant, ce moment fort n’intègre pas explicitement son Top 3.

"Mon 3e moment heureux, c’est le tour de la Guadeloupe, le final de feu pour arracher la 14e place, mais surtout, l’accueil que des Belges m’ont réservé. J’adore ce qui représente la Belgique, et là il y avait des drapeaux noir-jaune-rouge partout, c’était très émouvant pour moi".

Durant la course, Jonas savait que sa page Facebook, sa boîte mail et son compte Twitter abritaient de nombreux messages d’encouragement. Mais c’est lorsqu’il en a découvert l’étendue et l’intensité qu’il a pris conscience de l’engouement qu’il avait suscité en Belgique.

"Trois semaines après, je suis toujours en train de répondre aux messages reçus, parce que je souhaite répondre à tous. Avant, je le faisais aussi, mais il n’y en avait que quelques dizaines ; ici, ce sont des centaines ! Par ailleurs, la médiatisation dont j’ai fait l’objet est impressionnante aussi".

Pour Jonas Gerckens, il y aura donc un "avant" et un "après" Route du Rhum 2018.

Le skipper belge a le vent en poupe, ses horizons ne cessent de grandir.

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