Fernand de Montigny a été médaillé dans le stade olympique d'Anvers qu'il avait lui-même conçu !

Fernand de Montigny
3 images
Fernand de Montigny - © Tous droits réservés

C’est une personnalité sportive belge totalement méconnue du grand public. Pourtant, en cette année-anniversaire des Jeux d’Anvers, son parcours, incroyable et atypique, mérité d’être narré.

D’origine namuroise, Fernand de Montigny est né à Anvers le 5 janvier 1885. Très vite, il est initié à l’art de l’escrime. D’abord à l’école militaire de Bruxelles puis au "Cercle de l’épée" dans la métropole anversoise où il grandit, au sein de la noblesse francophone.

Il signe rapidement de bons résultats sur le plan national avec quelques podiums lors des championnats de Belgique, tout en suivant des études d’architecture.

En 1906, le CIO organise des Jeux Olympiques "officieux". Il s’agit de fêter, à Athènes, le 10e anniversaire des premiers Jeux de l’ère moderne, créés par le Français Pierre de Coubertin au même endroit en 1896. Âgé à peine de  21 ans, notre homme y décroche une première médaille olympique, à savoir le bronze dans l’épreuve de l’épée par équipes. Résultat identique deux ans plus tard aux Jeux de Londres mais cette médaille là est bel et bien officielle ! Dans la même équipe belge, on retrouve Paul Anspach, médaillé d’or en individuel.


>> Retrouvez ici tous les articles déjà publiés sur les Jeux olympiques de 1920


En 1912, aux Jeux de Stockholm, la Belgique décroche l’or collectif à l’épée avec les frères Anspach, de Montigny et un certain Jacques Ochs. Lequel deviendra bientôt un célèbre dessinateur humoristique grâce à ses couvertures de l’hebdomadaire " Pourquoi pas ? "…

Le  premier conflit mondial ne va pas stopper net la moisson de l’escrimeur anversois, que du contraire ! Aux Jeux d’Anvers 1920, à 35 ans, il termine sixième dans l’épreuve individuelle au fleuret, sa deuxième arme de prédilection. Mais comme il est aussi un excellent hockeyeur, il participe également à la belle épopée de l’équipe nationale hockey de gazon. Qui termine sur la troisième place du podium d’un tournoi remporté par le Royaume-Uni. Une équipe belge dans laquelle figure également le Baron Raoul Daufresne de la Chevalerie, coach de l’équipe belge de football, championne olympique ! Malgré de nombreuses participations olympiques, il faudra attendre 2016 et la deuxième place des Jeux de Rio, quasiment un siècle, pour revoir la Belgique médaillée en hockey…

Exploit incroyable : de Montigny devient donc un des premiers athlètes à remporter deux médailles olympiques dans deux disciplines différentes ! Au total, six escrimeurs, dont notre compatriote Victor Boin (présent également dans l’équipe belge à Anvers), réaliseront la même performance.

Mais ce n’est pas tout. Car Fernand de Montigny, en partenariat avec son collaborateur, l’architecte Louis Somers, a dessiné les plans du futur stade du olympique du Kiel, dans la banlieue anversoise. Le voilà donc médaillé dans une enceinte sportive dont il est le concepteur ! Du jamais vu !

Fernand de Montigny décrochera encore deux médailles d’argent par équipes à l’épée et au fleuret aux jeux de Paris en 1924. Soit un total remarquable de 5 médailles au cours d’une longue et riche carrière étalée sur quatre olympiades.

Sur le plan architectural, il est l’auteur, notamment, de nombreuses réalisations ou rénovations de maisons et de villas à Anvers, la ville où il fut le plus actif, artistiquement parlant. Toujours en association avec Louis Somers et souvent dans le style " beaux arts ". On lui doit aussi la restauration des deux ailes du cloître de l’ancienne abbaye du Neufmoustier, à Huy .

Décédé à Anvers le 2 janvier 1974, Fernand de Montigny a été inhumé là où se trouvent ses racines familiales. Il repose dans l’ancien cimetière de Rhisnes, près de Namur.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK