Escalade : Simon Lorenzi se sent plus en forme que jamais pour les qualifications aux Jeux Olympiques

Comme le skateboard ou le surf, l’escalade rentre dans le programme olympique cet été à Tokyo. Et celui qui nous fera peut-être vibrer, c’est Simon Lorenzi.

Pour le moment ça reste en suspens, la qualification n’est pas certaine. Il reste un ticket européen pour les JO et il sera à définir lors des championnats d’Europe à Moscou fin novembre. Au vu des dernières prestations du grimpeur, tous les espoirs sont permis.

Simon a 23 ans, il fait des études en éducation physique, l'UCL le soutient en tant que sportif de haut niveau. Il fait de l’escalade depuis qu’il tient sur ses deux pieds. Et, surtout, il est triple champion de Belgique. Il a remporté le titre pour la première fois en 2015 et pour la seconde fois en décembre 2019. Il l’a remis en jeu en février 2020 mais comme être le tenant du titre seulement deux fois lui semblait un peu faible, il l’a gardé. 

Des entraînements qui s’enchaînent

Pour atteindre de si belles prestations, Simon mise toutes ses billes sur les entraînements, l'université lui donne accès à des facilités pour s'investir dans la pratique de l'escalade : "Dans mes études je fais ce qu'il faut pour réussir évidemment, mais je mets le paquet sur le sport".  Sport que le grimpeur exerce sans relâche cinq jours par semaine avec, en plus des entraînements techniques et physiques, un travail avec un professeur de cirque : "On fait des jeux d’équilibre, de la coordination et de la proprioception." (NDLR : la proprioception est la perception que chacun a, de manière consciente ou non, de la position dans l’espace des différentes parties de son corps)

Ces derniers mois, Simon ne s’est pas plus entraîné que d’habitude pour parvenir à de tels résultats lors des dernières compétitions. Il l’a fait plus intelligemment. "Avant j’étais trop axé sur le physique et j’avais des lacunes techniques. La souplesse posait un problème et j’ai beaucoup plus travaillé dessus cette année. Et j’ai beaucoup évolué, je dépense moins d’énergie car je suis plus mobile qu’avant sur le mur."

Sur le mental aussi Simon a travaillé : "Ma plus grosse déception c’est certainement le championnat du Monde 2018 à Innsbruck en Autriche. Je me suis mis beaucoup de pression, j’étais vraiment en forme mais ça s’est mal passé parce que je n’ai pas su gérer."

Depuis, il se concentre sur des petits conseils qui l’aident beaucoup à maîtriser sa peur, qui a des effets néfastes sur la façon dont il grimpe : "Maintenant mon mode de fonctionnement c’est d’accepter mes émotions. Si je sais que j’ai peur, je me demande ce que j’ai à faire objectivement pour être le plus performant possible et j’agis."

Prêt à tout

Dans l’escalade, il y a trois catégories principales : le bloc, la difficulté et la vitesse. Et c’est dans les deux premières que Simon se retrouve le plus. Le bloc ce sont des efforts très courts sur des murs de 4 ou 5 mètres et la difficulté c’est sur des grands murs de 15 mètres. "La troisième, la vitesse, c’est toujours le même parcours, peu importe où on se trouve dans le monde et le but c’est d’aller le plus vite possible jusqu’en haut du mur. Je m’y retrouve moins car pour moi ça ressort presque plus de l’athlétisme que de l’escalade."

Malgré cette troisième catégorie qu’il affectionne moins, Simon se sent prêt pour sa prochaine grosse échéance, les championnats d’Europe à Moscou fin novembre. "Je suis plus en forme que jamais dans toutes les disciplines, donc je pense que la sélection est possible. Mais, il ne faut pas oublier que l’escalade est un sport vraiment aléatoire donc on ne sait jamais."

Ticket en or

Si Simon remporte la compétition, il décroche sa place pour les Jeux Olympiques de Tokyo : "Je serai juste trop content et ce sera quand même un rêve qui se réalise. C’est la première fois de toute l’histoire des JO que l’escalade est ajoutée comme catégorie donc participer à la première édition dans laquelle mon sport est présent, je pense que c’est vraiment quelque chose de spécial."

D’ici là, le grimpeur garde, façon de parler, les pieds sur terre. Il explique que son rituel de préparation est loin d’être aussi impressionnant que celui de Nadal : "Je dirais que je prends les choses naturellement et comme elles viennent et je suis quelqu’un qui s’adapte à la situation."

Pour la suite, Simon a beaucoup d’ambition. L’avenir se dessinera en fonction des Jeux Olympiques : "Si je suis sélectionné ça va être surtout l’entraînement et quelques compétitions. Mais comme l’escalade ne s’arrête pas qu’à la compétition, j’ai aussi pas mal d’objectifs en extérieur, donc en falaise, sur du rocher. Des projets vraiment durs."

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