Escalade: Chloé Caulier "Ce burn out a été salutaire"

C'est un sujet tabou, le burn out chez les sportifs de haut niveau. Un passage à vide, physique, psychologique comme on peut tous en traverser à un moment donné de notre vie. Un trop plein qui amène à des situations plus ou moins graves. C'est ce qu'a récemment vécu Chloé Caulier, la meilleure grimpeuse belge, récente médaillée d'argent de bloc aux championnats d'Europe d'escalade. Une médaille providentielle après une longue traversée du désert puisqu'en 2019, elle a tout arrêté pendant plusieurs mois. Trop de pression, personnelle et extérieure. "Je suis quelqu'un de perfectionniste" nous expliquait t'elle avant son départ pour Moscou. "Et à cette pression personnelle s'est ajoutée une pression extérieure liée à la nouvelle médiatisation de l'escalade et à la possibilité pour moi de décrocher mon ticket qualificatif pour les jeux." 

La multiple championne de Belgique d'escalade était au fond du trou et a trouvé la force de rebondir en prenant une décision difficile. "Mettre le sport plusieurs mois entre parenthèses, c'était probablement la décision la plus difficile de ma vie. J'étais dans une situation compliquée, c'était une période au cours de laquelle je ratais tout, au niveau scolaire et au niveau personnel aussi. J'ai réussi à en parler avec mon entourage et à décider de prendre du recul parce que je savais que c'était pour mieux revenir après."

Pendant cette période, au cœur de l'année dernière, le jeune femme originaire de Jurbize a arrêté l'entraînement et renoncé à son projet olympique. Plus de sport, du jour au lendemain. Une pause salutaire. "Dans la vie, il faut parfois tomber pour mieux se relever, c'est vraiment ce qu'il s'est passé. J'avais besoin d'un électrochoc dans ma routine de sportive. Et donc, ce burn out, ça m'a permis de changer pas mal de choses dans ma façon de fonctionner."

Une prise de conscience qui est arrivée progressivement. "A l'entraînement, j'étais super en forme, tous les tests étaient positifs. Mais une fois que j'arrivais en compétition, j'étais aveuglée, comme si j'avais un voile devant les yeux et je ne parvenais pas à lire les voies et à grimper comme d'habitude. je faisais les pires résultats de ma carrière. C'était une vraie incompréhension d'échec en échec. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait alors j'avais tendance à encore vouloir plus m'entraîner. C'était un vrai cercle vicieux."

Aujourd'hui, Chloé va mieux, beaucoup mieux. "Aussi bien au niveau de ma vie privée que de la pratique de mon sport, j'ai retrouvé un équilibre. Et même si cette année 2020 est forcément particulière, je réalise les meilleurs résultats de ma vie."

 

 

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