Des tribunes de Londres au bassin d'aviron de Tokyo, la folle trajectoire de Privel Hinkati

Des tribunes de Londres au bassin d'aviron à Tokyo, la folle trajectoire de Privel Hinkati
Des tribunes de Londres au bassin d'aviron à Tokyo, la folle trajectoire de Privel Hinkati - © Tous droits réservés

A Tokyo, Privel Hinkati sera le premier béninois à disputer les Jeux Olympiques en aviron. Infecté par le virus olympique dans les tribunes, il a tout fait pour réaliser son rêve.

Il suffit parfois d’une étincelle, d’un moment de grâce pour que la magie olympique opère et bouleverse le destin. C’est ce qui est arrivé à Privel Hinkati à Londres en 2012. Assis à côté de sa sœur, il assiste à la finale du 400m féminin. Pendant que Shanya Richards-Ross fonce vers l’or, le déclic se produit dans la tête de Privel. Il avait déjà assisté aux Jeux de Pékin, mais cette fois c’est différent. Il le sait, il le sent, il veut participer aux JO… en aviron qu’il pratique depuis l’âge de 14 ans.

Né à Caen, il possède une double nationalité : il est français et béninois. Quand sa sœur lui pose la question du pays qu’il va représenter, il tranche rapidement. Ce sera le Bénin. "Ce serait plus fort. Pour la France, ce serait sportif. Alors qu’avec le Bénin, je devrais tout commencer à zéro : pas de fédération, pas de fonds, pas de bateaux… Rien. Personne ne connaît ce sport là-bas", se rappelle-t-il sur le site du CIO.

Rio arrive trop tôt

Le choix est fait, l’aventure peut commencer. Elle est compliquée. Sans fédération, sans structure, difficile de trouver des soutiens et des moyens. Il se finance avec un crowdfunding et s’entraîne bien entendu. Malgré sa volonté, il loupe la qualification pour Rio. "C’est l’un des moments les plus difficiles de ma vie. J’ai fait tellement d’efforts, tout était consacré ça. Je ne m’attendais pas à ne pas me qualifier."

Le coup est dur à encaisser, mais Privel n’abandonne pas son rêve. Et il finit par être récompensé. Il termine 5e des championnats d’Afrique et décroche son ticket pour Tokyo. 
"Lorsque j’ai fini la course et que je me suis qualifié, je n’ai pas arrêté de ramer. J’ai continué à ramer pour deux ou trois coups de pagaies. Je voulais juste être sûr. J’ai attendu que le speaker annonce que tout le monde devait arrêter de ramer pour m’arrêter."

Des journées de 15h pour mener sa double vie

Ingénieur en informatique à la Mairie de Caen, il travaille à temps plein et case son entraînement avant, pendant et après. Il rame deux heures le matin avant d’aller bosser. La pause de midi se transforme en séance de renforcement musculaire. Une fois sa journée à la Mairie terminée, il se coltine encore 1h30 d’entraînement. De 5h à 20h, il n’a pas arrêté. Le prix de sa double vie, le prix de son rêve. Quand la fatigue prend le dessus, quand le réveil peine à le sortir du lit, il se souvient "que chaque jour est une nouvelle chance d’être meilleur".

Après trois expériences en tant que spectateurs, Hinkati va devenir un des acteurs du grand manège olympique. Parce qu'il a cru en son rêve.

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