Covid-19, Belgique : suppression de la quarantaine pour les sportifs professionnels !

Covid-19 : suppression de la quarantaine pour les sportifs professionnels !
4 images
Covid-19 : suppression de la quarantaine pour les sportifs professionnels ! - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Depuis l’irruption du virus dans leurs (et nos…) vies, les sportifs pros ont dû modifier leurs rituels et repenser leur mode de vie. De réunions gouvernementales en communiqués à géométrie variable, en fonction des courbes de la vilaine bête, les sports professionnels ont dû tracer leur chemin… sans forcément le trouver. Alors quelles sont les règles pour le sport pro ? Comment les stages de préparation ont-ils dû être repensés ? Quid des prescrits de quarantaine selon les pays et les sports ? Tentatives d’explication.

David Goffin et Joachim Gérard rejoignent déjà les Antipodes pour respecter leurs 15 jours de quarantaine imposés par l’Australie avant Melbourne. Les cyclistes engagés au Tour de France s’inquiètent de savoir s’ils pourront s’aligner dans les épreuves olympiques, sachant que le Japon impose aussi une quarantaine de deux semaines… qui rend les deux calendriers incompatibles. Mathieu Van der Poel est en stage en Espagne dans une autre aile de l’hôtel… et séparé du reste de son équipe pour former sa propre bulle. Mais il calcule aussi les jours pour rentrer en Belgique dans le respect des règles de quarantaine… et ne pas se retrouver empêché de courir les cyclo-cross (dont le Mondial d’Ostende !) de fin janvier.

Depuis le mois de mars, et la première vague, mon boulot a changé " explique Frederik Broché, responsable des équipes nationales à la Ligue Vélocipédique Belge. " Avant, je m’occupais de pur sport, de sélections et de plannings de stages. Aujourd’hui, je fais de la logistique, du réglementaire et de l’administratif… J’essaie de guider au mieux les coureurs belges dans ce dédale de réglementations… qui, en plus, changent tout le temps ! Le sport est une matière communautaire chez nous, vous devez tenir compte de la Flandre, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, si le coureur est professionnel ou amateur… et enfin des règlementations des autres pays ! "

Le casse-tête…

Plus que jamais, on est devenu une plate-forme de soutien aux athlètes " confirme Frédéric Kimlingen, Directeur Technique à la LBFA (Ligue Francophone d’Athlétisme). " On essaie nous-mêmes de décrypter les directives qu’on reçoit des autorités, puis on communique vers les athlètes. On les aide aussi à trouver des meetings avec des plateaux intéressants car en ces temps troublés, les organisations souffrent. C’est un travail qu’assuraient jusqu’alors leurs agents, on est venu en renfort : on cherche des compétitions pour eux, c’est quelque chose qu’on n’avait jamais dû faire jusqu’ici ! On a aussi en projet de coordonner le testing, car pour l’instant chacun se débrouille de son côté... "

Privilège des sports riches, le football est le premier à avoir pris la balle au bond… et à avoir obtenu des prérogatives particulières. Face à la bronca des clubs anglais, qui menaçaient cet été de ne plus libérer leurs joueurs si ceux-ci se voyaient imposer une quarantaine obligatoire au retour de leur équipe nationale, la FIFA et l’UEFA ont très tôt obtenu une exception pour les internationaux. Sans cela, le plateau international de matches s’effondrait…

Fini la quarantaine pour les pros !

Cette semaine est venue apporter la bonne nouvelle au plan belge pour tous les sportifs pros ! Mardi, le cabinet du Premier flamand Jan Jambon a adapté le régime des sportifs pros (et cela va suivre côté francophone). Désormais, la quarantaine ne s’applique plus en Belgique si le sportif pro qui revient de l’étranger peut attester que son déplacement était justifié par son travail (transfert à négocier, match à disputer). Qu’il s’agissait donc d’un déplacement essentiel.

 " C’est une clarification très importante " explique Philippe Rosier, qui coordonne toute la cellule médicale de l’Union Belge… et donc des équipes nationales, des A aux Diablotins. " Mais la condition habituelle reste de produire un test PCR négatif à l’entrée sur le territoire, ainsi qu’au 7e jour. Et ceci ne s’applique qu’aux sports professionnels qui assurent un protocole régulier et homologué de testing. Le testing que nous pratiquons depuis des mois est d’ailleurs très utile pour la prévention : nous avons constaté qu’en détectant une infection, nous évitons des contaminations dans 96% des cas, car une personne Covid-positive n’est pas immédiatement contagieuse. "

" Depuis l’été 2020, nous savons que les pros bénéficient de ce régime, mais cette confirmation est précieuse " embraie Stijn Van Bever, le porte-parole de la Pro-League également chargé du dossier Covid-19. " Mais cette exception ne s’applique que pour les déplacements professionnels essentiels. Des Vercauteren et Mbokani, pour ne citer qu'eux, qui reviennent d’un séjour privé doivent évidemment toujours faire leur quarantaine... C’est pour cela que nos clubs ont déconseillé à leurs joueurs de repartir en vacances au pays durant la courte trêve. Mais cette quarantaine ne s’applique plus pour un transfert de club à club, puisque le joueur quitte un environnement professionnel pour un autre ! "

Les poids du testing…

Rappelons le protocole de testing pour notre foot pro : chaque joueur est testé à J-3 avant le match, et le résultat du test est connu le lendemain. Un joueur testé positif est isolé et re-testé 7 jours plus tard. Après 14 jours, un test sanguin doit révéler la présence ou non d’anticorps dans l’organisme.

 " C’est devenu une routine " reprend Pierre-Yves Hendrickx, Directeur Général du Sporting de Charleroi. " Mais au début, il a fallu y voir clair, d’autant que les règles n’ont pas cessé de changer… et ce n’est pas fini ! (Il grimace) Avant chaque match à domicile, on doit tester à Charleroi 135 personnes, car au noyau pro, on ajoute les U21 et le personnel d’organisation du match. Pour les matches en déplacement, c’est la moitié environ. Mais avec une centaine de tests à chaque match depuis le mois de juin, faites le compte… Et quand un joueur est positif, il faut re-tester tout le monde au-delà de la règle du J-3. On doit même re-tester ceux qui ont fait le Covid… même si les experts nous disent qu’après avoir fait la maladie, on a des anticorps  pour au moins 8 semaines ! (NDLA : l’UEFA permet cette exemption pour ses propres compétitions). C’est un peu excessif… "

À 50 euros le test et 400 tests par mois environ, la facture carolorégienne approche les 200.000 euros depuis l’été 2020… A l’échelle de la Pro-League, la note monte : " Au total de nos clubs, c'est 300.000 euros chaque mois… " glisse Van Bever.

Rien ne change pour les non-pros…

Dans les autres sports en instance de reprendre, l’allègement des règles de quarantaine est un soulagement.

Cette exemption de quarantaine est une excellente nouvelle " reprend Frederik Broché, pour le vélo : " Nos cyclistes pros qui reviennent négatifs de l’étranger font pouvoir continuer à s’entraîner et à courir. Mais pour nos jeunes ou nos dames qui ne sont pas pros, rien ne change : on a déjà dû annuler des stages à Lanzarote fin janvier ! On n’est pas sortis de l’auberge… "

On a publié une liste de nos athlètes professionnels et on va leur délivrer des attestations pour éviter des ennuis à l’étranger… et à leur retour en Belgique " reprend Frédéric Kimlingen. " Maintenant, les questions restent nombreuses pour l’Euro indoor, prévu début mars à Torun. À priori, nos athlètes devront produire un test négatif pour entrer en Pologne… mais on ignore tout des conditions de quarantaine ! Et côté stages, certains groupes habitués à aller en janvier en Afrique du Sud se sont déjà déroutés vers la Guadeloupe. "

Le cas des réglementations locales spécifiques sévit aussi en football. Dans les pays asiatiques, un test négatif est obligatoire à la sortie du pays, sans quoi le joueur ne peut quitter le territoire. " C’était le cas pour nos joueurs iraniens, ainsi que pour Shamar Nicholson quand il a joué en Arabie avec la Jamaïque : ils ont dû produire un test négatif pour sortir " illustre Pierre-Yves Hendrickx.

À quand les vaccins ?

Athlétisme, cyclisme, football, tous s’accordent à le reconnaître : la priorité de vaccination va aux secteurs des soins et des maisons de repos. Mais au-delà, personne ne sait établir de calendrier…

On pose des questions, mais sans recevoir de réponse " reprend Van Bever. " Car comme pour le testing, cela implique une grosse mise en place : ce sera très lourd à organiser… surtout si on nous convoque en plein Play-Offs ou durant le mercato estival ! On attend… "

Et Pierre-Yves Hendrickx de recentrer : " Le sport professionnel n’est pas prioritaire : nous avons déjà la grande chance, nous le foot, de pouvoir poursuivre nos activités, tous les secteurs ne peuvent pas en dire autant... Mais je ne me fais pas d’illusion : nous n’aurons pas de vaccins avant l’été, et je pars du principe que nous finirons la saison avec les règles actuelles. "

Confirmation chez Philippe Rosier : " On attend notre tour. Mais je suppose que pour l’Euro, tous les joueurs seront vaccinés… "

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK