Coronavirus: les écuries, les cavaliers et les chevaux ne chôment pas

 Jérôme Guéry
Jérôme Guéry - © BRUNO FAHY - BELGA

Non, les chevaux n’attrapent pas le Coronavirus. Mais les cavaliers en subissent les conséquences : les concours sont supprimés et le commerce est à l’arrêt. Or, ces deux activités assurent l’essentiel des revenus des grosses écuries.

Grégory Wathelet, cavalier international, précise : " Nos rentrées sont supprimées, mais nos dépenses restent en grosse partie les mêmes. Puisque les chevaux doivent toujours être soignés, entraînés, nourris…, il m’est impossible de mettre mon personnel (12 grooms) en chômage. Je continue à payer tous les salaires. Le manque à gagner est énorme, il ne faudrait pas que cela dure plusieurs mois ".

1 million d’Euros, c’est à peu près le budget à trouver chaque année pour une écurie de ce type, sans y inclure les achats de chevaux.

Même inquiétude chez Jérôme Guéry, lui aussi à la tête d’une écurie internationale.

Ce qui est très frustrant, sur le plan sportif cette fois, c’est d’avoir travaillé tout l’hiver pour préparer mon cheval pour la saison en extérieur qui vient de commencer. Quel Homme de Hus est en grande forme, on vient de faire 3e à Doha pour la première manche du Global Champion’s Tour. La suite prévue c’était Mexico, Miami, le Grand Slam de ‘s Hertogenbosch… Tous des concours qui payent bien si on y réussit des performances. Et là, on est stoppés net dans notre élan. Sans résultats et sans revenus ".

Pour nos deux représentants francophones comme pour les autres membres de notre équipe nationale de saut d’obstacles (Pieter Devos, Jos Verlooy, Niels Bruynsseels, et les Philippaerts), les semaines et mois à venir devaient en outre servir à séduire le sélectionneur national et à préparer les JO de Tokyo (fin juillet début août).

Wathelet souligne : " S’ils ont bien lieu, ce sera délicat de " remettre les chevaux dedans ". Un peu comme un footballeur privé de matchs et auquel il manque du rythme quand il reprend, les chevaux auront besoin d’un certain temps pour retrouver l’état d’esprit des concours ".

Guéry ajoute " Si les Jeux sont reportés, pour moi ce sera une petite catastrophe. Cela fait 4 ans que je m’y prépare, c’est pour eux que j’ai investi dans ce cheval (Quel Homme de Hus). Il a déjà un certain âge (14 ans), qui sait dans quel état de forme il sera dans un an ou deux ? !".

Et tous deux de conclure " le plus bizarre, pour nous qui sommes habitués à courir le monde chaque semaine, c’est d’être bloqués à la maison, pour un long moment ".

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