Atalanta – Valence, une "bombe biologique"

Atalanta - Valence, une "bombe biologique"
Atalanta - Valence, une "bombe biologique" - © Maurizio Borsari - Maurizio Borsari/AFLO

Comme le bien dit l’hymne, "These are the champions", ce sont les champions. Mais ce soir-là, ils ont aussi été les champions de la contamination. Atalanta – Valence n’a pas seulement été un match de football, mais aussi une catastrophe sanitaire. Le 19 février, 45.792 spectateurs se massaient au stade San Siro de Milan pour voir l’Atalanta Bergame écraser Valence 4-1 en huitième de finale aller de la Ligue des Champions. Un match désormais qualifié de "match-zéro", ou de "bombe biologique" par les spécialistes italiens de la santé, persuadés que cette rencontre a été un accélérateur de propagation du coronavirus.

Walter Ricciardi (Organisation mondiale de la santé) : "Pourquoi Bergame est-elle si sévèrement touchée ? Je pense que le match a joué un rôle important. Atalanta - Valence a rassemblé beaucoup de gens. Un tiers de la population de Bergame s’est amassée dans le stade pour y faire la fête. Ce n’est pas une coïncidence que Bergame est la zone la plus touchée. Et ce n’est pas une coïncidence non plus pour les citoyens de Valence qui ont voyagé d’Italie vers l’Espagne et qui ont transmis le virus dans leur pays et partout en Europe."

A ce moment-là, fin février, la menace semble encore lointaine. Mais elle est en fait déjà bien présente. Deux jours plus tard, un Italien de 78 ans devient la première victime de la pandémie en Europe, et deux semaines après la rencontre, le nombre de contaminés explose à Bergame. Ce soir-là, l’Atalanta Bergame a gagné, mais ses supporters ont sans doute aussi perdu. Dans les semaines qui suivent, l’Italie du Nord qui est frappée de plein fouet par la pandémie.

Pour illustrer la vitesse de la transmission du virus, le club anglais de West Bromwich Albion a, lui, publié récemment une vidéo à la fois flippante et éclairante. En moyenne, une personne transmettra le coronavirus à trois autres. Si le virus était un ballon, au bout de dix passes,… 59.049 personnes seraient contaminées. Une seule conclusion, fans de foot, et les autres, restez chez vous.