Eddy De Smedt, responsable Sport de haut niveau du COIB : "Jamais eu autant de médailles dans une année"

Eddy De Smedt, responsable Sport de haut niveau du COIB
Eddy De Smedt, responsable Sport de haut niveau du COIB - © ERIC LALMAND - BELGA

Présent à Glasgow en tant que responsable Sport de haut niveau du COIB, poste qu'il occupe pendant quelques mois encore, Eddy De Smedt jette un regard positif sur ces championnats sportifs européens. Un concept à travailler, mais qui a de l'avenir. Et qui a aussi particulièrement souri aux Belges.

Eddy De Smedt, vous étiez à Glasgow en tant qu'observateur "neutre, mais pas tant que cela". L’œil du COIB, c'était vous. Un premier avis, sur ces championnats sportifs européens ?

Tout d'abord pour moi c'est un grand avantage de pouvoir assister à autant de sports dans la même ville, ça facilite la vie ! En 12 jours j'ai vu "quelques" championnats d'Europe, sinon en temps normal il faut voyager partout. Au niveau des résultats pour la Belgique, évidemment, on n'a pas à se plaindre ! Mais surtout, l'ambiance au niveau de la population était formidable. J'ai été frappé aussi par la gentillesse des gens. Les bénévoles étaient d'un niveau de gentillesse extraordinaire. Et ça je l'ai rarement vécu à ce point, aux Jeux Olympiques ou dans d'autres championnats. C'est aussi terriblement important. Et puis j'ai reçu des échos de Belgique : les gens ont pu vivre et suivre des championnats d'Europe de sports et de disciplines qu'ils n'ont pas l'occasion de voir à la télévision d'habitude. Je crois qu'à ce niveau-là, ce concept a vraiment marqué des points.

C'est une première édition prometteuse, qui semble en appeler d'autres ?

Oui, c'est une excellente idée. Qui existe d'ailleurs aussi au niveau du Comité Olympique Européen, avec les Jeux Européens. Mon tout grand espoir, même si je suis un peu naïf, c'est que ces différents organisateurs se parlent. Parce que si on voit le retour qu'ont eu pendant ces Euros les Fédérations moins souvent présentes en temps normal dans l'actualité, c'est quand même un terrible avantage. Maintenant, il y a aussi la question du calendrier. Pour la gymnastique par exemple, cela ne tombait pas si bien que cela (NDLR: avec des Championnats du monde qui approchent à grands pas, en octobre)... Donc il y a quand même des choses à revoir, et pourquoi pas essayer de joindre les efforts ? Ça serait formidable et ça éviterait d'avoir encore des compétitions en plus... Parce qu'à mon avis, il y en a déjà assez pour le moment.

Au niveau des performances belges, on sent que Tokyo est déjà en préparation, non ?

Ça doit se préparer maintenant, c'est vrai. Mais s'il y a une chose que j'essaie d'apprendre, c'est qu'il faut aussi profiter du moment présent. Il y a déjà des voix qui s'élèvent pour critiquer certains choix maintenant. Moi je dis qu'il faut prendre un peu le temps de se réjouir. Selon moi, on n'a jamais eu autant de médailles dans une année. Ça donne déjà quelques perspectives au niveau des JO, c'est vrai. Mais réjouissons-nous et puis après on fera cette évaluation en fonction de 2020. Dans la plupart des sports, le niveau était correct, même s'il faut analyser qui était là et pas là, au niveau des adversaires... Et surtout analyser ce qu’on doit faire pour passer encore un palier et s'améliorer en vue de Tokyo. Et voir aussi ce que représente l'Europe au niveau mondial. C'est une analyse à faire sport par sport, discipline par discipline et athlète par athlète. Mais la situation est vraiment meilleure qu'il y a quelques années, c'est vrai.

Une médaille qui vous a marqué plus qu'une autre ?

J'ai vu la plupart des médailles ici à Glasgow, un peu moins celles de Berlin fatalement. Je ne veux pas en mettre une en avant. Mais la plupart de ces médailles ont une histoire, et c'est important de la connaitre, cette histoire. Nafi Thiam par exemple : elle a commencé dans des circonstances difficiles et elle a fait preuve d'une fameuse résilience ! C'est la première fois qu'elle était dans une telle situation et elle a réagi comme une toute grande championne. Kevin et Jonathan Borlée ont aussi réagi de manière splendide après beaucoup de critiques ces 2 dernières années. En gymnastique aussi, il y a eu cette décision de ne pas participer à la finale par équipe le samedi, parce qu'on pense aux filles avant tout, et cela leur a souri avec 3 médailles et un top 8 le lendemain. La médaille du triathlon était grandiose aussi, dans cette nouvelle discipline olympique du relais mixte, avec une équipe restreinte et quelqu'un (Marten Van Riel) qui hésite à participer à cause d'une blessure, et qui le fait finalement pour l'équipe. Tout cela est terriblement important. Mais on pourrait passer en revue toutes les médailles. Elles disent toute quelque chose...

Et ça n'est pas terminé, il y a encore du sport cette année...

Oui les Mondiaux de judo tout bientôt (20-27 septembre à Bakou, Azerbaïdjan), ou encore les Jeux Équestres Mondiaux, qualificatifs pour les JO déjà (11-23 septembre à Tryon, USA). Et puis aussi les championnats du monde de volley-ball, de basket, de hockey... Il y a encore de grands moments à venir, des possibilités. Ça promet d'être une année fantastique au niveau de la progression, mais aussi de l'évaluation du chemin pour maintenir ce niveau et l'augmenter si possible.

Enfin, en ce qui me concerne, je le répète : il faut profiter du moment. Mais sans tomber dans l'euphorie, parce que cela peut aveugler aussi. Alors réjouissons-nous d'abord, puis travaillons pour 2020.

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