De Ket van de track

Ils n’ont pas tué Kenny ! De Ketele a fait son retour en force sur une épreuve qu’il affectionne et qui l’a déjà tant comblé de joie par le passé. Le Madison. La course à l’américaine. Sur le vélodrome Sir Chris Hoy, il a fait sensation. Deux médailles obtenues au caractère. Une d’argent et une autre du plus beau métal qui soit dans le sport. Un Kenny d’or, et déjà dans l’histoire du cyclisme sur piste belge. Mais pas seulement, puisqu’un jeune écossais l’a reconnu dans les allées de l’enceinte ultra-moderne de Glasgow et lui a demandé de porter les vêtements traditionnels du pays pour une photo souvenir 18 carats.

Un Kenny au cœur tendre, disponible, poli, courtois et qui se prête aisément au jeu des photographes et des interviews. À 33 ans, on aurait pu l’imaginer sur la pente descendante, mais c’était sans compter sur son expérience de l’ovale et sa motivation à grimper sur les marches de ces podiums tellement captivants. Il le dit, l’âge n’a qu’une seule emprise sur lui : le rendre meilleur. " J’ai encore le sentiment que je deviens plus fort. Pas plus rapide ! Mais à la fin de la course, j’ai toujours quelque chose dans les jambes alors que quand j’étais jeune, ce n’était pas comme ça. Mon âge n’est pas un désavantage, il m’apporte de l’expérience et je sens mieux la course que les autres. "Oui Kenny ! Sa course fétiche. Le Madison. Cette discipline dans laquelle il a déjà été couronné une fois champion du Monde et deux fois champion d’Europe avant ce nouveau sacre. "C’est beaucoup de calcul. Je regarde tout le temps l’écran et j’observe qui va prendre des points ou qui a besoin d’un tour. J’essaye d’être dans la roue pour ne pas gaspiller d’énergie et être déjà en bonne position. Tu as besoin d’avoir les yeux partout. Ta course, ton équipier, les autres équipes devant et  derrière, tu dois regarder leur relais, quand ils vont le faire, le moment du sprint, ça prend beaucoup de place dans la tête." Un mélange de stratégie, de puissance, de vitesse, mais aussi et surtout de cohésion avec un coéquipier qui doit être tout autant paré que lui à mouliner du cuisseau.

Car Kenny est altruiste, disponible pour la nouvelle génération. Un partage d’expérience bénéfique pour les Belges qui veulent s’essayer à la piste. Son compère doré a 21 ans. Robbe Ghys. "Il y a une nouvelle génération qui est là, Robbe est un des meilleurs. Il y a également Sasha, Lindsay. Je suis un peu leur grand-père", lâche-t-il en riant avec son visage rayonnant et détendu. Une sincérité qui lui permet de ne pas se prendre au sérieux et de "rester jeune aussi".

L’université du cyclisme

Kenny le professeur. Prodiguer les bons conseils, les trucs, faire comprendre la course aux plus jeunes pour les faire progresser. Pour qu’à leur tour, ils visitent les podiums des vélodromes. Il résume la piste de la plus gratifiante des manières. " C’est l’université du cyclisme ! Tout commence sur la piste. Quand tu sais rouler ici, tu peux évoluer facilement sur la route. Toutes les capacités de base sont ici, sur la piste. " Avec un discours aussi posé et réaliste, quoi de plus normal qu’il soit passé maître en la matière.

Toujours bien entouré Kenny. Il y a 15 ans, il tournait déjà en rond avec les Wiggins, Thomas, Cavendish et Yates. Des pistards renommés qui ont emprunté une autre route. Celle de De Ketele n’est pas encore barrée. Paré d’or dans cette première édition des Championnats européens multi-sports, il a encore des rêves de grandeur. " Je pense que j’ai encore deux ans dans mes jambes. Je me sens plus fort que l’an passé, donc c’est encore possible d’avoir de bons résultats. Mais c’est clair que quand je sentirai que je ne suis plus le Kenny que j’étais, ce sera fini. "

De Audenarde, sa ville natale, à Tokyo pour ses derniers J.O., il garde un rêve de gosse dans un coin de sa tête. Le reflet d’un métal précieux qui scintille dans son regard. Être une nouvelle fois champion du Monde et terminer par un titre olympique. Ils font rêver Kenny ! 

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