Ultra trail : vers un UTMB en autonomie?

L'UTMB, c'est une course de 170 km en pleine nature sur des sentiers escarpés de montagne
L'UTMB, c'est une course de 170 km en pleine nature sur des sentiers escarpés de montagne - © JEFF PACHOUD - AFP

C'est une rumeur de plus en plus insistante qui circule dans le milieu de la course à pied longue distance. Et si l'UTMB (l'Ultra Trail du Mont Blanc, 170 km - 10.000D+), la course de montagne la plus emblématique de la planète (qui doit se dérouler au départ de Chamonix et autour du point culminant des Alpes fin août) faisait un surprenant retour aux sources? Comprenez sans ravitaillement ni assistance. Une façon de se dérouler, à l'ancienne, malgré les risques liés à l'organisation d'un événement sportif de grande ampleur (plusieurs milliers de coureurs sur les 5 courses organisées du 24 au 30 août).

Supprimer les ravitos, ça complique sérieusement la course pour ceux qui s'y frottent mais ça la facilite nettement d'un point de vue purement logistique. Une solution qui permettrait de limiter les rassemblements humains (coureurs et supporters) et de réduire par conséquent les risques de propagation du Covid-19 si celui-ci ci circule encore par delà les alpages fin de l'été, dans 3 mois donc. Plusieurs sources proches des organisateurs le confirment: "C'est un des scénarios sérieusement envisagés" nous glisse un membre influent de l'organisation de cette épreuve internationale qui accueille chaque année des coureurs de plusieurs dizaines de nationalités différentes. 

Une course en montagne, c'est énormément de contraintes

C'est que les contraintes pour mettre sur pied la grande fête mondiale du trail sont énormes d'un point de vue organisationnel. Surtout en terme d'autorisations à obtenir auprès des communes que traverse le parcours. L'UTMB, c'est une boucle sauvage de 170 kilomètres au départ de Chamonix et qui traverse 3 pays (France - Italie - Suisse), plusieurs préfectures, des dizaines de vallées et de villages par leurs crêtes, leurs sommets et leurs passages de col.

"Nous ne sommes pas pessimistes mais réalistes" nous confient plusieurs personnalités influentes des sports de montagne de la vallée du Mont Blanc. "Tous les scénarios sont envisageables, au vu des nombreuses contraintes inhérentes à l'organisation d'un événement pareil. Qui plus est dans la situation sanitaire actuelle: ouverture des frontières encore incertaine, accès en France pour les étrangers hors Union Européenne pas encore officiel rouvert, disponibilité des logements pour les coureurs et leurs accompagnateurs pas encore confirmée, partenaires et sponsors en plein doute. Sans oublier les milliers d'inscriptions venues des quatre coins du monde et qui sont clôturées depuis très longtemps après un long processus de qualification... Nous souhaitons tous que le rassemblement puisse avoir lieu parce que c'est une formidable fête du sport qui apporte la joie dont nous avons tous besoin en ce moment. Mais nous comprenons que pour les organisateurs, c'est une décision très difficile à prendre."

A un point tel qu'à moins de 24 heures de la décision définitive (attendue pour ce mercredi 20 mai en matinée), certains partenaires de la course de montagne la plus réputée au monde ne sont eux-mêmes pas encore au courant du choix de la famille Poletti, fondatrice de la grand messe des courses nature et de montagne.

Avant d'abandonner, nous analyserons tous les pistes

"Dans l’ultra endurance, nous avons dans notre ADN cette capacité à ne jamais baisser les bras" déclarait récemment Catherine Poletti dans les colonnes du Dauphiné. "C’est le cas de tous les coureurs mais c’est aussi ce que nous vivions aujourd’hui. Avant d’abandonner, nous allons étudier toutes les options pour respecter les règles."

Et parmi les options, deux autres pistes réalistes sont également sur la table: une annulation pure et simple et un report de la course de quelques semaines (fin septembre - début octobre). Réponse donc ce mercredi fin de matinée par voie de communiqué officiel des organisateurs. Toute la planète trail retient son souffle.