Thiam : "Tout le monde pense que c'est facile, alors que ça ne l'est pas"

C’est une Nafissatou Thiam heureuse mais "fatiguée" qui a retrouvé la presse ce lundi au lendemain de son premier titre mondial. "Je serais bien restée un peu dans mon lit", glisse-t-elle au micro de David Bertrand, envoyé spécial de la RTBF à Londres.

"Je me sens assez faible physiquement ce matin. Je suis contente que cela soit terminé, que cela se soit bien passé. C’était vraiment une compétition très longue et très éprouvante physiquement et mentalement", détaille la Namuroise.

De Rio à Londres en passant par Belgrade et Götzis, les douze derniers mois ont été riches en succès  et intenses. "Tout au long de l’année, il y a eu beaucoup d’attention portée sur moi. Encore plus pour ces championnats. Ce n’était pas évident à gérer. Je pense qu’il va falloir que je m’habitue".

Cette pression liée aux attentes, l'énerve parfois. "Il y a une grosse part d’agacement. Les attentes sont tellement grandes. On a l’impression que tout le monde pense que c’est facile. Alors que ça ne l’est pas. C’est un peu compliqué de se dire avant une compétition que si tu ne gagnes pas, tout le monde va être déçu. C’est un championnat du Monde, les filles sont très fortes et tout le monde veut l’or."

Et l'or peut avoir des saveurs variées. "C’est un peu différent de Rio où je devais me pincer pour y croire. Ici j’étais la favorite et je savais que j’avais mes chances. Ces deux heptas étaient complètement différents à gérer."

Si elle doit choisir entre les deux, elle prendrait quand même la médaille olympique. "Les Jeux Olympiques, c’est une fois tous les quatre ans. C’est quelque chose de spécial. Je ne suis pas très attaché au "matériel". Je sais que l’ai fait. Les souvenirs sont plus importants que les objets ou les médailles".

D'ailleurs, au moment de citer l'événement le plus marquant de sa saison, elle évoque Götzis et son incroyable total de 7013 points. "Cela va encore plus marquer mon année que cette médaille d’or. 7000 points, c’est une barrière mythique que peu de filles ont réussi à franchir. Faire partie de ce club (avec Carolina Klüft et Jackie Joyner-Kersee), ça me donne beaucoup de confiance et cela me donne envie de travailler encore plus dur".

"C'est chouette si je peux être un exemple, mais je ne veux pas être un modèle"

Son titre, le premier de l'histoire de l'athlé belge, a évidemment créé un énorme engouement en Belgique. "J’ai reçu pas mal de réactions, beaucoup de notifications. Je n’ai pas eu le temps de tout regarder. Il y a aussi eu beaucoup de soutien pendant la compétition. Il y a eu beaucoup de choses à faire. Je n’ai même pas eu le temps d’appeler toute ma famille. Quand j’aurai un petit peu de temps, je vais pouvoir discuter avec mes proches."

Mais avant de savourer, elle doit encore répondre à quelques sollicitations médiatiques. "C’est fatigant mais ça fait partie du jeu. Cela serait triste si on ne faisait pas attention à une performance comme ça. J’espère que cela va permettre de mettre l’athlétisme un peu plus en avant en Belgique. Je crois qu’on en a besoin."

Talentueuse, jeune, jolie et intelligente, Thiam a tout pour plaire. "C’est chouette, si je peux être un exemple et si je peux donner envie à certains de faire du sport ou quelque chose de positif. Après je n’ai pas envie d’endosser un rôle de modèle. Je suis moi, je vis ma vie et je fais les choix qui me semblent justes."

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK