Thiam-Mayer, la jeunesse triomphante des épreuves combinées

Thiam-Mayer, la jeunesse triomphante des épreuves combinées
Thiam-Mayer, la jeunesse triomphante des épreuves combinées - © Tous droits réservés

Jessica Ennis-Hill, championne olympique à Londres, et Ashton Eaton, maître incontesté des épreuves combinées pendant la dernière olympiade, ont quitté les pistes. Les deux champions charismatiques ont laissé un vide que Nafissatou Thiam (22 ans) et Kevin Mayer (25 ans) sont appelés à combler. Ils ont déjà commencé.

Nafi avait déjà destitué la Reine Jess’ à Rio. Le Français avait poussé l’Américain dans ses derniers retranchements. Présentés depuis longtemps comme des futures stars de la discipline, notre compatriote et le décathlonien d’Argenteuil ont encore été exacts au rendez-vous de l’Euro indoor de Belgrade. Deux titres qui confirment deux immenses talents et qui s’écrivent comme une promesse, celle d’un règne à venir.

Jeunes, talentueux, capables de résister à la pression et d'élever le niveau le Jour J, Nafissatou et Kevin multiplient les points communs comme ils cristallisent les espoirs de médailles en Belgique et en France.

A Belgrade, ils ne se sont pas contentés d’aller chercher un titre européen indoor. Ils ont marqué les esprits. La Namuroise a survolé la concurrence. Sans préparation spécifique, elle a débuté son pentathlon sur des bases stratosphériques. Tellement élevées que le record du Monde de Natallia Dombryska (5013 pts) a été un temps menacé. Au final, la référence planétaire n’est pas tombée, le record de Belgique de Tia Hellebaut (4877 pts) non plus. Mais si le penta, plus que toutes autres disciplines, est un sport de chiffres, il y a derrière ce total (4800 points) la griffe d’une patronne en puissance. La "petite" Nafi, arrivée sur la pointe des pieds chez les grandes, a laissé la place à une jeune fille sûre d’elle, de ses qualités et de sa force. "Je suis plus à l'aise, plus mature qu'à Zurich (ndlr : Championnats d'Europe 2014) ou à Pékin (ndlr : Championnats du Monde 2015). Et je serai forcément encore plus mature dans deux ans". De quoi nourrir les rêves les plus fous. Des titres et des records, Nafi peut (va) en aligner. C’est certain. Où s’arrêtera-t-elle ? Même Roger Lespagnard, son entraîneur, n’ose se prononcer. Elle la joue - comme toujours - profil bas. N’y voyez pas un manque d’ambition ou de la fausse modestie, juste la marque d’une athlète bien dans ses spikes et déterminée à "garder une façon de fonctionner" qui a fait ses preuves.

Kevin Mayer a frappé encore plus fort. A l’or, il a ajouté un record d’Europe (6479 pts) synonyme de 2e performance de tous les temps.

Un temps déstabilisé par le départ à la retraite de LA référence du déca, le Français a digéré la nouvelle. Lui qui attendait avec impatience de défier à nouveau le boss a dû se résoudre à l’évidence : il ne fera jamais faire tomber son idole. Et d’un coup son statut a changé. Le favori, l’homme à battre, c’est désormais lui.

"Je ne sais pas si j’entre dans une autre dimension. Des gens comme Plaziat ou Sebrle (à qui il a respectivement pris le record de France et d’Europe) sont des exemples. Je me suis inspiré d’eux et, aujourd’hui, je suis devant eux, ça fait bizarre. Mais ce que je veux chercher, ce sont les médailles. Les scores, ils viennent avec", dit-il dans L'Equipe.

Les deux nouvelles figures de proue des épreuves combinées ont le regard fixé vers le même objectif : les mondiaux de Londres. On ne serait pas étonné de les retrouver sur la plus haute marche du podium en août.

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