Salut l'artiste !

Salut l’artiste !
Salut l’artiste ! - © Tous droits réservés

Hier soir, rien à faire… impossible de trouver correctement le sommeil. Comment dire ? Pincements au cœur et flash back incessants. Usain est parti sur la pointe des spikes et l’athlétisme est un peu en deuil en ce 13 août. Comme cette sensation que le Jamaicain laisse derrière lui le vide… et en même temps un héritage jamais imaginé il y a 10 ans.

Une sortie ratée c’est vrai. Par la faute d’une crampe énorme qui ne lui laissera pas finir la dernière ligne droite de son immense carrière. Oh bien sûr, rien ne garantissait la victoire. Mais même battu on aurait pu apprécier le dernier tour d’honneur du plus grand champion de tous les temps. Dans ce sport décrié qu’il a contribué à rendre populaire au-delà de toute espérance. Au lieu de ça… Bolt a été foudroyé, électrocuté.

Fred Xhonneux et moi… dans notre tribune chancelante d’effroi… éberlués par cette fin si improbable, par cette sortie proche de la chaise roulante, par cette tête basse qui file "à l’anglaise". Bolt fuit la foule pour la première fois afin de regagner les entrailles d’un stade olympique incrédule.

Incrédule mais bruyant et gorgé de patriotisme suite au triomphe britannique.

Ami public numéro 1

Comment va-t-on faire désormais sans notre ami, sans sa dégaine, sans ses mimiques, sans ses sourires. Sans lui tout simplement ! Nous étions depuis 10 ans "Usain… dépendant" et il va falloir s’habituer à son absence.

Facile à dire maintenant mais ça claque comme une crampe à pleine vitesse… c’était bien la compétition de trop pour le Dieu de la piste. Rio aurait dû être son terminus. Londres et son infirmerie seront nos dernières images de lui.

Alors laisse-moi Usain me souvenir une dernière fois. De cette première rencontre dans un nid d’oiseau chinois. Lors de ces Jeux de Pékin où la longue série de tes exploits a trouvé son origine.

Laisse-moi me souvenir de ces soirées enivrantes à Berlin en 2009… tu m’as fait sortir la gorge de mon cœur avec ces deux records du monde. Ils tiennent toujours… pour une éternité qui sait ?

Laisse-moi me souvenir de ce moment sombre à Daegu en 2011. Quand tu te prends les pieds dans les starting blocks. Un faux départ à faire pleurer. Ton plus mauvais souvenir je crois.

Laisse-moi encore me souvenir de cette photo à la une de tous les médias du monde en 2013. Lorsqu’un soir d’orage cet éclair s’invite sur ta photo finish au dessus du stade moscovite. Comme un signe des Dieux.

Laisse-moi digérer enfin cette sortie de route qui doit avoir déchiré ton orgueil de champion. Battu sur 100 m par le passé du sprint, par un ancien adepte de la testostérone. Rangé au placard, dans le relais, battu par ton propre corps.

Usain… celui qui te remplacera dans les cœurs et sur la piste n’est sans doute pas encore né… alors regarde tout ce que tu as fait et laisse nous te dire merci. Merci de nous avoir permis de vivre tout ça.

 

Vincent Langendries, nostalgique

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

Recevoir