Olivia Borlée met un terme à sa carrière : la fin d'une époque !

Cette fois, c’est fini. Après Kim Gevaert, Hanna Marien et Elodie Ouedraogo, c’est la quatrième "mousquetaire" du relais 4x100 (médaillé d’or) des JO de Pékin en 2008 qui quitte la piste. A 33 ans, Olivia Borlée a donc pris la difficile décision de laisser ses spikes au placard. Sa vie de chef d’entreprise était devenue inconciliable avec son ultime objectif sportif : une qualification pour les JO de Tokyo l’an prochain.

Une décision difficile

Depuis plus de deux ans, la Bruxelloise combinait vie sportive de haut niveau et boulot. Elle avait en effet lancé avec un certain succès sa marque de vêtements en compagnie de son ex-équipière Elodie Ouedraogo. Une marque dont le nom "4254 – Forty Two Fifty Four" évoque leur plus bel exploit avec le relais du 4x100 m.

42’54 un chrono dans l’histoire !

42 secondes 54 centièmes soit le chrono avec lequel elles avaient décroché la médaille d’argent aux Jeux de Pékin en 2008 derrière la Russie. Une médaille d’argent transformée en or… 8 ans plus tard (en 2016), en raison de la disqualification russe pour dopage.

Olivia Borlée nourrissait encore l’espoir d’une qualification pour les prochains Jeux à Tokyo l’an prochain. Mais la raison l’a donc emporté sur le cœur. "Après les Jeux de 2016 je me suis posé pas mal de questions. C’était une année incroyable. Je revenais de blessure mais je me suis qualifiée pour les Jeux de Rio. Puis je suis désignée porte-drapeau de la délégation. Puis notre médaille d’argent (de 2008) se transforme en or. Les 5 Borlée sont à Rio… c’est une année extraordinaire. Je me suis dit que c’était peut-être le moment de m’arrêter.

Mais j’avais encore cette envie de vivre des moments avec mes frères, mon papa et ma famille. Et puis est venue cette annonce du COIB de qualifier un relais mixte aux JO de Tokyo. Je me suis dit "waouh" courir avec mes frères… un relais ensemble ce serait mon rêve. Mais aujourd’hui je me rends compte que c’est compliqué pour eux car ils ont des gros objectifs en individuel et avec le relais masculin, et aussi pour moi car c’est difficile de tout faire."

Etre raisonnable

"Cela fait quelque temps que ça trotte dans ma tête. J’ai pris la décision il y a un peu plus d’un mois avant de l’annoncer à mon papa-coach et à ma famille. Cela fait trois ans que j’ai lancé ma marque de vêtements avec Elodie. Ce projet prend de l’ampleur et il est difficile de combiner deux carrières aussi intenses. J’ai préparé mon futur. Il est plus raisonnable de miser là-dessus et de mettre toutes les chances de mon côté pour réussir cette nouvelle carrière. Ce sont deux métiers qui demandent énormément de temps et de rigueur, surtout quand on vise aussi haut qu’une qualification olympique. Il fallait être raisonnable…

Et puis j’avoue que mon corps commençait à me le faire sentir

Des émotions et des souvenirs

Spécialiste du 100 et surtout du 200m, ses plus beaux moments restent attachés au relais 4x100m dont elle a intégré l’équipe alors qu’elle avait à peine 18 ans. Sous la houlette de la capitaine de route Kim Gevaert, grâce à qui elle a voulu faire de l’athlétisme, Olivia doit ses plus grandes émotions au relais. Une médaille de bronze aux championnats du monde d’Osaka (2007) et surtout une médaille d’argent devenue médaille d’or aux Jeux de Pékin un an plus tard. " C’est une médaille que chaque sportif rêve d’avoir dans sa carrière. On m’aurait dit ça quand j’ai commencé je ne l’aurais pas cru. Un moment incroyable de le vivre en équipe, avec des amies… C’est donc une page qui se tourne. Car j’ai eu du mal à vivre chaque départ des filles du 4x100. Kim, Hanna puis Elo… C’est à chaque fois une grosse partie de nous-même qu’on laisse partir. On doit fermer cette porte mais je suis heureuse de voir la nouvelle génération comme les filles du 4x4. Elles font de très beaux résultats et je suis fière d’avoir inspiré cette génération et je leur souhaite d’aller très loin".

La mode : un monde sans pitié

Sa nouvelle vie avec "4254" Olivia la vit déjà pleinement, tout en profitant de l’expérience de ses 15 années au plus haut niveau. Dans un monde tout aussi impitoyable que le sport. " C’est même plus difficile. Je me rends compte que le sport de haut niveau est une école de vie incroyable. Dans ma nouvelle vie ça m’aide à fixer des objectifs, à pousser plus loin, à me relever quand on connaît des moments difficiles. Je suis très heureuse de cette formation que j’ai eue. Le stress est presque un peu plus présent que dans le sport de haut niveau mais j’ai appris à le gérer et (dans la mode) on se fixe aussi de gros objectifs".

Reste à souhaiter à la plus élégante de nos athlètes une réussite professionnelle à la hauteur de ses ambitions.

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